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IDEE (français)

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       Le fameux Phare d'Alexandrie (Egypte)

 

IDEE 

A Revont 

« Que me reste-t-il de la vie ? Que me reste-t-il ?

Que cela est étrange, il ne me reste

            que ce que j’ai donné aux autres. »

 

            Vahan Tekeyan

 

Je rêve à une idée absolue, éternelle et immuable,

Commune à toutes les  âmes éclairées,

D’un savoir qui sait que la réalité la plus profonde

Est l’amour, la joie de sortir de soi

Pour se donner à l’autre, aux autres,

Quels qu’ils soient !

 

Non, mon jeune Ami,

Je ne veux pas être l’île des absents,

Le monde séparé du monde,

La foi ténue et abstraite.

 

Comme vous, je voudrais être

L’homme et sa lutte,

Sa peine et son espérance,

Sa liberté et son combat pour la garder

Toujours neuve et intacte !

 

Nous, absolument divins

Et absolument humains

A chaque instant !

 

Nous, exclus de tout

Sauf de la vie ?

 

Ah, mon Ami,

Comme les arbres,

Nous ne pouvons pas nous séparer de nos racines !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 6 février 2010

Glose :

Vahan Tekeyan (1878-1945) : né à Constantinople, Vahan Tékeyan étudia dans les collèges arméniens de la ville. En 1896, il se rendit pour la première fois en Europe. Etant hors du pays en 1915, il échappa par chance au génocide des siens. Il participa aux négociations du Traité de Sèvres de 1920. Par la suite, Tekeyan alla s’établir en Egypte où il demeura jusqu’à sa mort.

Vahan Tékeyan est l’un des poètes les plus accomplis de la langue arménienne. Il explora l’impact psychologique et affectif du génocide arménien. Il fut profondément troublé par le destin de ses compagnons écrivains et de son peuple. Sa foi en Dieu fut profondément ébranlée, mais non brisée. Beaucoup de ses poèmes prient Dieu d’expliquer pourquoi les Arméniens furent les victimes de cette tragédie.

Proche de la sensibilité de Verlaine, il fut aussi son traducteur en arménien. Confronté à l’homophobie arménienne de l’époque, il fut roué de coups et perdit un œil. Vahan Tékeyan écrivit par la suite un poème, « Mon unique »,  qui est un chef-d’œuvre et qui est dédié au seul œil qui lui restait. Son poème le plus connu est « L’Eglise arménienne ».