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HEURISTIQUE (français)

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                                               Les murs d'Uruk

 

HEURISTIQUE

A Hristo Bogdanov

« Tu patriam repetis »

 (« Toi tu retournes au pays de nos pères »)

            Charlemagne

 

Uruk était, mon Prince, notre céleste patrie,

Ininn, la mère du monde, couvrait nos corps légers

De son amour sans borne, et tout était parfait

Comme les calices des astres bercés par la nuit.

 

Ta tête sur mes genoux, tu murmurais des mots

A la souplesse des joncs le long des rivières!

Ornée de blé vivant, le Livre de la Terre

Posait sur toi  ses pages fleurant le renouveau.

 

Anou, le dieu clarté, déployait, ardent,

Les lumières des cieux sur nos visages ravis,

Nourries par leur splendeur les joyeuses prairies

 

Faisaient vibrer les fleurs dans le sourire du temps!

Transi de passion, je caressais tes cheveux

De mon regard en flamme, de mes doigts de feu!

   Athanase Vantchev de Thracy

La villa « Le Vent du Large », Boulouris – Saint-Raphaël, ce lundi 6 août, Anno Domini MMVII.

Je dédie ce poème à l'éminent érudit et ami bulgare, Hristo Bogdanov, auteur d'un des livres les plus passionnants qu'il m'ait été donné à lire: « Тъй бидоха сътворени небето и земята »  « Ainsi furent créés le ciel et la terre »

Glose:

Heuristique ou euristique (n.f.): technique empirique de résolution de problèmes qui tient compte à chaque étape des résultats précédents et en déduit la stratégie à adopter par la suite. Contrairement aux méthodes algorithmiques, les méthodes heuristiques n'assurent pas que l'on arrivera à un résultat en un nombre fini d'étapes. Les heuristiques sont fréquemment utilisées en intelligence artificielle, à l'intérieur de ce que l'on appelle des univers incertains. Ainsi, les jeux d'échecs sur ordinateur ont recours aux heuristiques.

Charlemagne prend le pouvoir: le roi de France Carloman meurt à Samoussy. Son frère Charles Ier, profite de sa disparition pour s'accaparer des terres destinées à ses fils. Il devient dès lors le seul roi des Francs grâce à la bénédiction que lui confère l'archevêque Wilcharius de Sens. Il sera couronné "empereur des Romains " par Léon III dans la basilique Saint-Pierre de Rome le 25 décembre de l'an 800 et prendra le nom de Charlemagne.

Charlemagne poète: dans la « Chronique de Turpin », il est raconté que lorsque le comte Théodoric vint annoncer au roi le trépas de Roland qu’il venait de trouver expirant dans la gorge de Roncevaux, Charlemagne, après avoir laissé échapper sa douleur en longs gémissements, fit la complainte de son cher palatin. L’auteur rapporte ce chant de deuil, et, chose singulière, ce morceau, entièrement dénué de la couleur chevaleresque, n’est empreint que de l’esprit sévère et dévot du IXe siècle.

Tu patriam repetis, nos triste sub orbe relinquis,

Te tenet aula nitens, nos lacrymosa dies.
Sex qui lustra gerens octo bonus insuper
annos,

Ereptus terrae, justus ad astra redis.

Ad paradisiacas epulas te cive reducto,

Unde gemit mundus, gaudet habere polus.

 

(Toi tu retournes au pays de nos pères ; nous, accablés, tu nous abandonnes sous la voûte céleste,

Une brillante cour te retient, nous c’est le jour fait de larmes.

Noble cœur qui as vécu six lustres et huit années de plus,

arraché à la Terre tu retournes à bon droit vers les astres :

aux banquets du paradis où tu retrouves ta juste place,

– ce qui fait gémir le monde – le ciel se réjouit de te compter)

 

His et aliis verbis, Karolus Rodlandum luxit quamdiu vixit.

(C’est par ces mots [ajoute le chroniqueur] et d’autres encore que Charlemagne pleura Roland aussi longtemps qu’il véc).

Uruk ou Ourouk:  ancienne ville de la  Mésopotamie (aujourd'hui Warka, au sud de l'Irak), identifiée à l'Erech de la Bible. Uruk joua un rôle très important sur les plans religieux et politiques pendant quatre millénaires. Elle fut notamment la ville du roi mythique Gilgamesh.

Les premières traces d'occupation remontent à la fin du Ve millénaire av. J.-C.. Elle connaît un développement important à la période à laquelle elle a donné son nom, la période d'Uruk (vers 4100-3000). Uruk est alors la plus grande ville du monde. Selon la tradition sumérienne, Uruk serait née de la fusion entre deux villages, Eanna et Kullab, sous le règne du roi Enmerkar qui fonde ainsi la première dynastie d'Uruk. La cité occupe alors une place prédominante en Sumer jusqu'à ce que le roi d'Ur Mésannépada détrône Lugalkigin. La ville perd de son importance lorsque Sargon d'Akkad la conquiert et rase ses murailles. Néanmoins elle conserva son rôle de ville sainte jusqu'à l'époque séleucide. Son déclin commença avec les Parthes et fut accéléré par le déplacement d'un bras de l'Euphrate peu avant l'invasion arabe.

Inanna ou Ninanna ou encore Ininn: déesse sumérienne. Son nom dans la langue de Sumer signifieDame du Ciel, ou Dame de An (son père ou époux). C'était la déesse Ishtar(Ashtart, Istar)  des Akkadiens. On l'appelait parfois Bêlet, « la Souveraine ». Divinité composite de la guerre et de la discorde à Sumer, de l'amour et de la volupté dans l'espace sémitique. Initialement célébrée à Uruk, son culte se répandit ensuite partout (grands temples à Ninive, Arbèles et Kalah). On l'associait couramment à la planèteVénus. Plus tard, elle sera assimilée par les Grecs à leur déesse Aphrodite (via sa version assyrienne Astarté), et par les Romains à Vénus. Un récit mythologique décrit sa descente aux Enfers où elle est retenue prisonnière. Pour s'en évader, elle conclut un marché qui laisse son amant Dumuzi / Tammuz captif à sa place. On a vu dans ce mythe une évocation du cycle de la planète Vénus, qui d'étoile du soir devient étoile du matin après sa disparition. Le même type d'interprétation a été donné par A. Aveni au mythe aztèque de Quetzalcoatl.

Anu ou Anou ou encore An: An (en sumérien), Anu (en akkadien), était considéré dans la mythologie mésopotamienne comme le dieu du ciel, de la végétation ainsi que de la pluie ; il était le père de tous les dieux. Il habitait un royaume dans les cieux ; on disait de lui qu'il avait le pouvoir de juger tous les criminels. Il était notamment le père d'Enlil et d'Enki.

Bien qu'initialement considéré comme le seigneur des dieux, il fut progressivement supplanté par Enlil puis Marduk, jusqu'à être relégué à un simple rôle de métaphore pour désigner les cieux. On attribue souvent cette chute au déclin de la ville d'Uruk, le lieu de son culte principal. Très rarement représenté dans l'art, ses attributs restent obscurs ; la tiare pourrait le représenter de manière symbolique.