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HENÔSIS (français)

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                                 Les masques du théâtre grec

 

HÉNÔSIS

                          
« Tantœne animis coelestibus irae »

("Tant de ressentiment peut-il entrer dans l'âme des dieux?")

Le coryphée se tait! Inaltéré, le choeur
Dévide le fil du mythe en exaltant le temps
Et plus rien ne compte pour l'auditeur tremblant
Que les voix qui frappent le temple de son coeur!

          Athanase Vantchev de Thracy

Chez mes amis Audrey et Gilles Baschet, Boulouris, ce mercredi 1er août 2007

Glose:

Hénôsis (n.f.) : mot grec signifiant "action de réduire en un", « unité », « union ».

Coryphée (n.m.) : le coryphée est le chef de choeur dans la tragédie antique. Il se situe au milieu de la scène et est chargé de guider les choreutes (ouchoristes), de prendre parfois la parole au nom du chœur et de dialoguer avec le personnage en scène.

Le choeur (n.m.) : du grec khoros dans le théâtre grec antique, le choeur désignait un groupe d'interprètes qui, au moyen du chant ou de la déclamation, commentait l'action principale de la scène. Le choeur remonte aux temps les plus anciens du lyrisme. Les hymnes primitifs qui accompagnaient les cérémonies du culte étaient chantés par des choeurs. Le péan, l'hyporchème, le parthénée, etc., étaient chantés par des choeurs dansants. Le dithyrambe était exécuté par un choeur cyclique de choreutes costumés en satires. Lorsque, dans le dithyrambe, le prélude narratif qui précédé le choeur se fut développé au point de devenir un véritable rôle, et qu'au personnage qui le récitait Eschyle eut ajouté un second acteur, puis Sophocle un troisième, l'élément dramatique grandit aux dépens du lyrisme choral pour former la tragédie. Le rôle di choeur se réduisit encore dans les tragédies d'Euripide; pour Aristote, le choeur tragique n'est plus qu'une sorte de spectateur bienveillant. La comédie ancienne et le drame satyriques comportaient également la présence d'un choeur.

Dans la tragédie, le choeur se composait, depuis Sophocle, de 15 choreutes placés sous la direction d'un coryphée. Le choeur, évoluant dans l'orchestre, exprimait les passions qui l'animaient par des pas et des gestes dont le rythme était un accord avec le texte lyrique. L'entrée du choeur s'appelait la parodos. Les chants du choeur (stasima) alternaient avec les épisodes (epeisodia) parlés; à certains moments s'instituait entre le coryphée et un des personnages un dialogue au rythme lyrique, nommé mélodrame; la sortie di choeur s'appelait exodos. La danse du choeur tragique (emmeleia) gardait toujours une certaine gravité.

Dans les comédies anciennes, le choeur se composait de 24 choreutes; le rythme de ses évolutions et de ses danses (cordax) était burlesque et ses attitudes parfois obscènes.  Le choeur comique intervenait dans l'action, et le coryphée avait un rôle important au moment de la parabase (partie de la comédie ancienne où le poète s'adressait en son propre nom aux spectateurs). Le choeur disparut dès la création de la comédie moyenne.Dans le drame satyrique, le choeur était composé de 15 satyres, dirigés par Silène; par la gaieté exubérante  de leur danse (sikkinis), ils exprimaient une joie naïve et sans contrainte.

Dans le théâtre latin, le choeur fut loin d'avoir la même importance que chez les Grecs. Dans les comédies, il y eut rarement des choeurs. Il n'en fut pas de même des tragédies. Suivant Horace, le choeur tragique prenait une part active à l'action; en outre, durant les entractes, il faisait entendre desz chants qui se rattachaient d'une façon assez lâche au sujet.