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FUNERAILLES GRECQUES (français)

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FUNERAILLES GRECQUES

         ΘΡΗΝΟΣ

« Encore la nuit qui vient me recherche »

            Paul Claudel,

            La Muse qui est la Grâce

I.

 

Dieux célestes ! En ce triste jour

Parmi la dense poussière des jours,

Ils sont tous venus ! Tous ils se sont inclinés

Devant ton corps resplendissant, ton corps

Qui sent encore les fleurs des forêts,

Etendu sur le lit mortuaire,

Le somptueux lit de cèdre jonché de

Fleuves de violettes sauvages !

 

Ô esprits olympiens,

Piliers de la mémoire amoureuse,

Mânes des ancêtres sans nombre,

Invisible flottement des secondes

Dans l’impitoyable clarté des îles ioniennes !

 

II.

 

Des mains attristées ont lavé en sanglotant,

En flottant comme des voiles mauves

Dans le velours soyeux de l’air marmoréen,

Comme si la haute mer attique

Respirait dans leurs veines,

Tes membres de marbre pur de Paros !

 

Elles l’ont frotté en tremblant,

Elles l’ont doucement oint d’huiles précieuses,

De baumes odorants, tendres larmes du styrax benjoin,

Offrande cordiale du magique Orient,

Dans des gracieux flacons d’or ornés de grenats,

Dans des vases fragiles à l’anse de panthère !

 

Elles l’ont enveloppé de fines bandelettes étincelantes,

Laissant seul ton visage claire

Contempler encore le ciel de la patrie,

Ton visage ciselé dans l’albâtre

A la divine blancheur de muguet,

Ton visage inaltéré, calmement endormi,

Tel une tourterelle des champs

Parmi les seigles scintillants de tes boucles !

 

III.

 

Puis, récitant des prières rituelles,

Jetant des jacinthes sur les dalles de porphyre,

Elles l’ont drapé d’un linceul de lin lilial.

 

Τοϊς θεοϊς εύχομαι πάσι καί πάσαι

Je prie tous les dieux et toutes les déesses,

Ô θεοπτία ! Ô vision divine !

Ô lignes ondulantes des vagues

Incisées d’écumeuses stries obliques !

 

Comme un battement léger du cœur

Peut boire toutes les forces de l’âme !

 

IV.

 

Ô chœur antique,

Ruisseaux de gemmes,

Averse d’apaisement

Des pleureuses :

 

Άπόλλων Φοϊβος,

Άπόλλων Λύχειος,

Άπόλλων Ξαντός,

Άπόλλων Χρυσοκόμης !

 

Ô Apollon le Brillant,

Ô Apollon le Lumineux,

Ô Apollon le Blond,

Ô Apollon à la Chevelure d’or !

Fils de Léto, déesse de la Nuit des orignis,

Et de Zeus, Père de la vraie lumière !

 

V.

 

Toi, dieu de la Beauté rédemptrice,

Toi, qui as connu

Les durs travaux de l’exil

Dans les régions aux secrets impénétrables

Sur les terres nubileuses des 

Hyperboréens bienheureux !

 

Ô contrées indéchiffrables

Qui ignores les féroces rigueurs de l’hiver

Et les ombres cryptiques des nuits !

 

D’où chaque année, dieu souriant,

Au joyeux retour de la belle saison,

Tu reviens triomphant !

 

VI.

 

Ecrasons la face du temps de nos poings,

Guêpes de la douleur, taons du sang qui bat

Dans les tempes ! Brûle, ô feu,

A cause d’un surplus de vide !

 

Je te prie, je te supplie, je te conjure,

Ô toi, le plus beaux de tous les dieux,

Âme et source de toute musique,

Immémoriale origine de la Poésie

A la bouche et l’oreille de roses blanches,

Viens, dieu, épanche ton souffle harmonieux

Dans le calice navré de mes narines,

Parle, inspire, murmure,

Dicte des paroles justes à mes larmes !

 

Musique des belles mélodies,

Musique des beaux rythmes,

Musique purificatrice !

Toi  qui as inspiré le noble Thrasippe,

Toi qui as soufflé à Aristoxène

Son immortel Traité d’harmonie

Toi qui sais guérir le cœur

Et  rendre plus magnanime

Le silence !

 

VII.

 

 

Oui, ils sont tous venus,

Chacun dans la sombre nuit de sa douleur :

Paysans couverts de rosée,

Artisans aux mains pleines de beauté,

Marchands aux visages de cuivre,

Hommes de peine aux bras de bronze !

 

Hipparques à l’âcre odeur de chevaux,

Taxiarques à l’œil pétillant,

Navarques encore couverts d’écume,  

Surveillants des remparts,

Protecteurs et intendants des eaux vivantes !

 

Ô cette saveur étrange du jour qui s’en va,

Le corps ondoyant, vers la mer !

Cet air habillé de capucines et d’acanthe !

Ce vent qui fait frissonner d’ivresse les arbres légers,

Et cette insondable architecture de la mort !

La science impassible du vol des oiseaux !

 

Frénésie bachique des mélodies phrygiennes,

Enervement lascif des lyres,

Agitation passionnée des flûtes,

Quête ardente des mystères,

Abysses des origines où âme, paroles,

Harmonies et rythmes

Se sont mariés dans une sublime effusion !

 

VIII.

 

Gardiens des ports égéens,

Où vient s’éteindre, dilatée, l’infatigable la vague,

Gardes des récoltes agitant des branches d’olivier,

Forestiers chenus aux corps de chêne,

Archivistes sacrés, conservateurs du trésor,

Agoranomes, agonothètes

Et magistrats de toutes sortes !

 

Que je contemple encore un instant,

Caché dans la foule endolorie, tes traits célestes !

Encore un peu, avant de m’abîmer dans la démence !

 

Fleurissez, ô doux asphodèles,

Embaumez l’espace secret du chagrin,

Le territoire dévasté des cœurs

Où les mouettes venues des îles

Imitent le deuil des dieux !

 

IX.

 

Tous ils sont venus dire adieu à la splendeur :

Hauts dignitaires et stratèges : triérarchie,

Lochagie, phylarchie !

 

Inspecteurs des finances, défenseurs du fisc,

Serviteur du culte des dieux,

Prêtres préposés aux sacrifices,

Gardiens des temples,

Trésoriers des fonds sacrés !

 

Ô voix qui ensemencez l’air de terreur !

Barques de soleil, arbres aux frondaisons réséda,

Voguant à présent vers des horizons où règnent

D’autres arbres à la poitrine impérissable,

Aux feuilles devenues des empires de songes !

Ô chants des mésanges,

Odeur verte et bleue des fleurs de thym !

 

X.

 

Et tous ceux, graves, qui mènent les sacrifices

Que la loi grecque

N’attribue pas aux prêtres,

Dignitaires qui tirent leur dignité

Du foyer même de la cité :

Archontes, rois et prytanes.

 

Ils sont venus,

Ils se sont inclinés devant le lit d’apparat,

Le lit funéraire, posé au milieu du vaste vestibule

De ta maison où, enfants,

Protégés par la main transparente de l’insouciance,

Nous déclamions l’Iliade et l’Odyssée,

Orphée et Hésiode !

 

XI.

 

Là retentissent à présent les cris lugubres

Des antiques pleureuses, âmes douloureuses de la Grèce !

 

Comme leurs lamentations griffent la peau,

Comme elles se répandent, telles une pluie salvatrice

Dans les terres assoiffées de chaque mémoire !

Ô purs, ô thaumaturges, ô insondables rituels grecs !

 

Les bras des hommes tendus

Vers le sommeil cristallin de ton âme,

Les mains des femmes portées à leurs chevelures défaites !

 

Ô temps enchâssé à jamais

Dans l’émail rayonnant de l’aurore !

Rouges-gorges toujours inquiets

A l’éloge intarissable !

Harmonies lydiennes jonchées de jacinthes,

Choses possibles,

Choses convenables,

Choses éternelles !

Choses !...

 

XII.

 

Oui, ils se sont tous lavé les doigts,

Selon l’ancestrale coutume hellénique,

Dans l’eau de l’ostrakon déposé sur le seuil de ta demeure

Le simple vase dorien rempli d’eau vierge

Parsemée de pétales de jasmin.

 

Ils ont tous suivi, le cœur lacéré,

La tête pleine de vertige,

La gorge noyée de sanglots,

Le riche chariot couvert de guirlandes !

 

Nécropoles impassibles,

Livres muets de la mort !

Dalles taciturnes,

Dalles !

 

XIII.

 

Le cœur du printemps se tait !

S’es-il arrêté de brûler !

S’est-elle épuisée l’huile pure ?

 

Sans voix sont restés les cyprès !

Se sont éteintes les aimables lueurs

Du grand, de l’immortel ciel grec !

 

XIV.

 

Ô Temps pur, Temps essentiel !

Temps !

La vie séparée de la vie !

L’ineffable distance des jours !

La démence de moi à moi !

Les chevaux blancs des mots

Qui suivent la main impériale de l’Aurore !

 

C’est la fin dans la Fin ! Le cri dans le Cri !

Viens printemps ! Enroule-toi autour de mon corps brûlant !

Mystère du langage, mystère du monde,

Douleur qui nous permet de vivre les choses

Au-delà des choses ! Indicible, inexprimable,

Irrésistible repliement de l’homme

Sur sa impérieuse  finitude !

 

XV.

 

Mort, écris en bel ordre, l’humaine affliction,

Fais vivre dans la parole ce que tu retires

A nos étreintes. Permets à l’âme de penser

Ce qui ne peut se penser

Et dire

Ce qui doit se dire clairement !

 

Ô dieux, est-ce trop demander ?

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, 18 – 31 janvier 2006

 

Glose :

ΘΡΗΝΟΣ : thrène, mot grec qui signifie « lamentation sur un mort, chant funèbre ».

Paul Claudel  (1868-1955) : poète et auteur dramatique français. C’est à Notre-Dame de Paris, le 25 décembre 1886, qu’il dit avoir reçu la révélation de la foi catholique. Son activité littéraire s’engage avec deux drames : Tête d’or (1890) et La Ville (première version 1893 ; seconde version 1897 ; publié 1904). Reçu premier au concours des Affaires étrangères, il entre dans la carrière diplomatique et part pour les Etats-Unis (1893) où il compose L’Echange (1894). De 1895 à 1909, l’activité de diplomate, en poste en Extrême-Orient, contribue à enrichir celle du poète qui témoigne, durant ces quatorze années, d’une extraordinaire fécondité (Connaissance de l’Est, reportage poétique sur la Chine, 1907 ; Art poétique, 1907 ; Partage de midi, 1906 ; Cinq Grandes Odes, 1907). Revenu à Paris, il est successivement consul de France à Prague, Francfort, Hambourg. Il quitte l’Allemagne en 1914. Ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro, puis à Copenhague, il est nommé ambassadeur de France à Tokyo (1921), à Washington (1927) puis à Bruxelles, son dernier poste (1933-1936). Durant cette période, il achève L’Otage (1909, publié 1911, créé 1913), L’Annonce faite à Marie (1912), Le pain dur (1914, publié 1918), Le Père humilié (1916, publié 1920), Le soulier de satin (publié 1929, créé 1943). Il est élu triomphalement à l’Académie française en 1946.

Styrax (n.m.) : du grec στύραξ. Gomme ou résine dont on fait l’encens. Arbre qui produit cette gomme. Nom scientifique de l’aliboufier (styracacées) dont certaines espèces fournissent des baumes. Styrax benjoin, styrax tonkinois, dont on tire le benjoin. Styrax officinal, dont on tirait le baume storax. Baume extrait des arbres du genre liquidambar, employé en parfumerie et en pharmacie.

Léto : Λητώ en grec. Léto, la mère d’Apollon et d’Artémis (Diane chez les Romains), qu’elle engendra avec Zeus, appartient à la première génération divine. Elle est la fille du titan Coeos et de la titanide Phoebé. Elle a pour sœur Astéria et Ortygie. On racontait que, lorsque Léto était grosse des deux jumeaux divins, Héra, jalouse, avait interdit à tous les lieux de la terre de lui donner asile pour qu’elle puisse mettre ses enfants au monde. Aussi Léto errait sans pouvoir jamais s’arrêter. Enfin Délos, qui était jusqu’à là une île errante, stérile, et n’avait rien à craindre de la colère d’Héra, consentit à l’accueillir. En récompense, l’île fut fixée au fond de la mer par quatre colonnes, qui la maintinrent solidement. Elle changea aussi de nom (car elle s’appelait d’abord Ortygie, nom qu’elle portait parmi les Immortels, et parce que le dieu de la lumière avait vu le jour sur son sol, on l’appela Délos, c’est-à-dire « La Brillante ».

Nébuleux, nébuleuse (adj.) : du latin nebula, « brouillard, vapeur, brume, nuage, nuage de poussière, nuage de fumée, substance fine, transparente, obscurité, ténèbres ». Ici dans le sens d’obscure.

Hyperboréens : du grec ύπερβόρεος, « qui est à l’extrême nord » d’où Υπερβόρεοι, « les Hyperboréens », les gens qui habitent dans l’extrême nord ». Peuple légendaire qui jouait un grand rôle dans les mythes apolliniens de Delphes et de Délos. Ils sont inconnus d'Homère. Il est assez vraisemblable que pour les Delphiens on désigna sous ce nom les peuples de l'extrême nord des tribus voisines, Locriens et Thessaliens; plus tard les invasions celtiques renforcèrent la légende. On faisait émigrer Apollon au pays des Hyperboréens d'où il revenait dans son sanctuaire préféré. A Délos, le mythe (peut-être importé de Delphes) prit plus de développement. 

On dépeint les Hyperboréens comme un peuple de l'âge d'or vivant dans un pays au climat perpétuellement tempéré et fertile, peuple d'une grande piété, de moeurs très pures. L'année hyperboréenne se divisait en un jour de six mois et une nuit de six mois. Ce peuple vivait dans les bois, des fruits du sol, sans manger de viande, ignorait les guerres et les querelles. Apollon résidait parmi eux du commencement du printemps au milieu de l'été et les préservait de toute maladie. Aussi les Hyperboréens vivaient-ils mille ans et fixaient-ils volontairement le terme de leur vie.

Thrasippe : le Thrasippe dont parle Aristote dans son fameux ouvrage Les Politiques (traduit parfois La Politique) est un chorège, c’est-à-dire un citoyen aisé qui payait les frais du chœur. Faisant appel à des professionnels, il ne devait pas avoir lui-même un rôle dans le spectacle. Cependant, Thrasippe aimait tant jouer de cet instrument qu’il se permit de se produire devant le public, chose qui était rare pour un notable de la cité, puisque mal considérée. La tablette votive de Tharsippe devait indiquer qu’il avait lui-même joué de la flûte alors qu’il avait payé un spectacle organisé par Ecphantide, l’un des plus anciens poètes comique athénien.

Aristoxène de Tarente (IVe siècle av. J.-C.): philosophe grec péripatéticien, et théoricien de la musique et du rythme. Il a été éduqué par son père Spinthare, un élève de Socrate, et plus tard par les pythagoriciens, Lamprus d'Erythrée et Xénophile, dont il apprit la théorie de la musique. Plus tard, il étudia auprès d’Aristote à Athènes, et on dit qu’il fut très contrarié quand Théophraste fut nommé à la tête du Lycée à la mort d’Aristote.

Ses écrits, qui auraient été au nombre de quatre cent cinquante-trois, étaient dans le style d’Aristote, et traitaient de philosophie, d’éthique et de musique. La tendance à l’empirisme de sa pensée apparaît dans sa théorie selon laquelle l’âme est reliée au corps comme l'harmonie aux éléments d'un instrument de musique.

En musique, il soutenait que les notes de la gamme devaient être jugées, non pas par un rapport mathématique, comme les pythagoriciens le prétendaient, mais par l’oreille. Le seul de ses ouvrages qui nous soit parvenu est constitué des trois livres du Traité d'harmonique, un traité de musique incomplet. Il traita également de la mesure.

Hipparque (n.m.) : du grec ίππαρχος. Littéralement celui qui maîtrise ou dirige un cheval. A Athènes, commandant de cavalerie avec dix cavaliers sous ses ordres.

Taxiarque (n.m.) : du grec ταχίαρχος. Commandant d’une division de l’armée.

Navarque (n.m.): du grec ναύαρχος. Commandant d’un vaisseau. Commandant d’une flotte. Amiral.

Triérarque (n.m.) : mot grec τριήραρχος. Commandant d’une trirème. A Athènes : citoyen riche tenu d’équiper une trirème à ses frais ou à frais communs avec d’autres. Trirème (n.f.) : du grec  triremis, navire de guerre grec, romain ou carthaginois, muni de trois rangées de rames superposées. Triérarchie : l’ensemble des triérarques.

Lochagie (n.f.) : du grec λοχαγία, commandement d’une compagnie. Lochagos (n.m.) : du grec λοχαγός. Commandant d’une troupe armée. Commandant d’une compagnie de cent hommes. Commandant d’un lochos (λόχος), troupe postée en embuscade.

Phylarque (n.m.) : du grec φύλαρχος.  Président d’une tribu. A Rome, tribun, c’est-à-dire chef d’une tribu, intendant, administrateur.

Archonte (n.m.) : du grec άρχοντες. Dans la plupart des cités grecques, les archontes sont les titulaires des charges les plus élevées, qui avaient d'importantes fonctions judiciaires et politiques. Lorsque Athènes cessa d'être gouvernée par des rois (après la mort de Codros au XIe siècle av. J.-C.), on passa progressivement d'un archontat perpétuel qui ne différait guère de la monarchie (jusqu'en 753) à un gouvernement de trois archontes élus dans l'aristocratie, d'abord pour dix ans (archontat décennal, jusqu'en 683), puis pour un an seulement ; après 487, les magistratures annuelles furent tirées au sort (stochocratie, système dans lequel les archontes étaient élus par le hasard, c’est-à-dire par le tirage au sort).

Les trois archontes étaient :

  • L'archonte éponyme : qui donnait son nom à l'année et, jusqu'en 487, resta toujours le chef nominal de la cité. Il avait en charge l'administration civile et la juridiction publique. Il était le tuteur des veuves et des orphelins et surveillait les litiges familiaux.
  • L'archonte-roi : qui reprit les fonctions religieuses des anciens rois. Il était responsable des cérémonies religieuses anciennes et il présidait le conseil de l'Aréopage. Il avait en charge les affaires d'homicides et les crimes d'impiété. Il lançait les interdits religieux et devait être obligatoirement marié.
  • Le polémarque : sa fonction originale était de commander l'armée mais qui perdit ce pouvoir au profit des stratèges après 487, lorsque l'archontat fut tiré au sort. Il reprit certaines fonctions religieuses (comme les cérémonies à la gloire des soldats) et judiciaires concernant les personnes qui n'étaient pas des citoyens athéniens (il surveillait notamment tous les litiges relatifs aux métèques).

Au VIIe siècle, six thesmothètes – θεσμοθέται (législateurs) furent ajoutés comme archontes supplémentaires ; leurs fonctions étaient surtout de type judiciaire, et ils présidaient comme magistrats dans toutes sortes de procès mais surtout des procès d'ordre matériel.

Les anciens archontes devenaient membres à vie de l'Aréopage.

Archonte du Patriarcat de Constantinople :

De nos jours, « Archonte » est un titre honorifique donné par le Patriarcat de Constantinople.

Prytane (n. m.) : du grec πρύτανις. Un des premiers magistrats de certaines cités grecques. A Athènes, l’un des cinquante sénateurs appartenant aux dix tribus et qui avaient successivement le droit de présence au sénat.

Orphée : aède mythique de Thrace, fils du roi de cette Thrace mystique où moi-même je vis le jour un soir de grande tempête de neige, le 3 janvier 1940, OEagre et de la Muse Calliope. Orphée est le plus grand poète légendaire de la Grèce. Comblé de dons multiples par Apollon, il reçut en cadeau du dieu une lyre à sept cordes, à laquelle il ajouta, dit-on, deux autres cordes, en souvenir des neufs Muses, les soeurs de sa mère. Il tirait de cet instrument des accents si émouvants et si mélodieux que les fleuves s'arrêtaient, les roches le suivaient, les arbres cessaient de bruire. Il avait aussi la faculté d'apprivoiser les bêtes féroces.

Les Argonautes se servirent de ses talents dans leur expédition. Par la douceur et la beauté de sa voix, il sut calmer les flots agités, surpasser la séduction des Sirènes et endormir le dragon de Colchide. Il voyagea en Egypte et s'initia aux mystères d'Osiris, dont il devait s'inspirer en fondant les mystères orphiques d'Eleusis. Au retour de l'expédition des Argonautes, il s'établit en Thrace, où il épousa la nymphe Eurydice. Un jour, la jeune femme, voulant échapper aux avances du berger Aristée, s'enfuit et, piquée par un serpent, mourut aussitôt.

Fou de douleur, Orphée obtint de Zeus la permission d'aller la retrouver aux Enfers et de la ramener sur Terre. Avec sa lyre, il calma le féroce Cerbère, apaisa un moment les Furies et arracha sa femme à la mort, mais à condition de ne pas la regarder avant d'avoir atteint le monde des vivants. Au moment où il parvenait aux portes de l'Enfer, il tourna la tête pour voir si Eurydice le suivait. Alors elle s'évanouit à ses yeux et pour toujours. Revenu en Thrace, Orphée voulut demeurer fidèle à son épouse disparue, et dédaigna l'amour des femmes de son pays qui, dépitées, mirent le poète en pièces. Sa tête jetée dans l'Hèbre (Maritza en Bulgarie de nos jours) fut recueillie à Lesbos.

Sa lyre fut placée par Zeus parmi les constellations à la demande d'Apollon et des Muses qui, de leur côté, accordèrent une sépulture à ses membres épars aux pieds de l'Olympe.

Hésiode (VIIIe - VIIe siècle av. J.-C.) : poète grec. Hésiode serait né à Ascra, un petit bourg de Béotie. Son père venait de Cumes en Éolie, contrée d’Asie Mineure située entre l’Ionie et la Troade. Il y possédait une petite entreprise de cabotage, qui le ruina. Il traversa donc la mer et se fixa à Ascra où il acheta un lopin de terre, au pied du mont Hélicon. Il y épousa Pycimède, dont il eut deux fils : Hésiode et Persès.

Ascra était un endroit pauvre. Hésiode le décrit comme un « bourg maudit, méchant l’hiver, dur l’été, jamais agréable ». Au moment du partage de l’héritage de son père, il eut un grave différend avec son frère Persès, ce qui entraîna un procès. Les « rois » d’Ascra donnèrent raison à Persès. Celui-ci fit mal prospérer son bien et même périclita, ce qui le conduisit à quémander son frère, qui le repoussa.

Pour amener son frère à la sagesse, à une saine vie et à une bonne gestion de ses biens, Hésiode composa à son intention le poème Les Travaux et les Jours, ouvrage dont la partie didactique est axée autour de deux vérités morales : le travail est la grande loi de l’humanité ; celui qui travaille peut vivre décemment.

Parallèlement à ses activités agraires, Hésiode était un aède, c’est-à-dire un barde composant ses poèmes pour un auditoire. À Chalcis en Eubée, il participa au concours de poésie organisé par les fils du roi Amphidamas pour célébrer les funérailles de leur père. Il remporta la victoire grâce à un poème célébrant l’agriculture et la paix, et reçut un trépied en récompense. Il le dédia alors aux Muses de l'Hélicon.

Il mourut à Ascra. Quand le village fut détruit par les Thespiens, ses habitants se réfugièrent à Orchomène. Aristote témoigne dans sa Constitution d'Orchomène que, suite à un oracle, les citoyens pieux recueillirent les cendres du poète et les placèrent au centre de leur agora, aux côtés du tombeau de Minyas, héros éponyme de la cité.

Thaumaturge (n.m.) : du grec θύαμα, « objet d’étonnement ou d’admiration », « objet merveilleux ou monstrueux », « tour de force », « chose merveilleuse », « chose miraculeuse », « miracle », et du verbe εργαζομαι, « opérer ». Celui qui opère un miracle.

Ostrakon (n.m.) : du grec όστρακον, littéralement « coquille » ou « écaille de tortue ». Vase en terre cuite.

Agoranome (n.m.) : du grec αγορανόμος. Chez les Athéniens, magistrat établi pour maintenir le bon ordre et la police dans les marchés, mettre le prix aux denrées, juger des contestations qui s'élevaient entre le vendeur et l'acheteur, et examiner les poids et mesures. L'agoranome était à peu près chez les Grecs ce qu'était un édile curule chez les Romains. Aristote distingue deux sortes de magistrats: les agoranomes, qui avoient inspection sur les marchés et les astynomes qui l'avaient sur les bâtiments, ou sur la construction des cités.

Agonothète (n.m.) : du grec αγωνοθέτες. Chez les Grecs, magistrat qui faisait la fonction de président et de juge des combats, ou jeux publics, qu'on appelait agons. C'était lui qui en ordonnait les préparatifs, et qui adjugeait le prix aux vainqueurs.