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FÊTES DU SAINT-SACREMENT A GANDIA (français)

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              Fête du Saint-Sacrement

 

FÊTES DU SAINT-SACREMENT A GANDIA

            (Corps du Christ)

À Monsieur José Manuel Orengo Pastor
Maire de Gandie

« Puis, prenant le pain, il rendit grâce, le rompit et le leur donna, en disant :
« Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi ».
 Il fit de même pour la coupe après le repas, disant :
 « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous »

            Évangile selon saint Luc, XXII, 19

Dehors, les jardins d’or brillent sous le pur saphir du ciel !
Et tout est immédiat, et tout est joie infinie !
Aujourd’hui, c’est la fête du mystère,
La coupe sublime de l’Alliance,
Le pain extrême de l’Amour,
Le triomphe de la divine fidélité !

Ô délicate éternité, ô Corps du Christ !

Peuple fidèle de Gandie, tourne ton regard vers la clarté,
Noie tes yeux dans l’air miséricordieux du Midi,
Offre la grâce maritime de ta ville,
Le calice intime de ton cœur, tes rêveries blanches
Au Maître de la Vie immortelle !
Accueille dans ta chair le Temps cristallisé de l’aurore !

Ô délicate éternité, ô Corps du Christ !

Autour des candélabres se taisent
Les voix des Anges chanteurs,
Et les minces palmiers, parés de feuilles émeraude,
Se dressent vers le cœur flamboyant du soleil
Tels des cariatides sacrées  qui soutiennent
Debout les corps exaltés !
Fixez, ô pèlerins, buvez des yeux de votre âme
Le Corps universel de l’Hostie,
Le Fleuve du Verbe incarné
Qui a aurifié de sa grâce la matière et le temps !

Ô délicate éternité, ô Corps du Christ !

Ô mes lèvres, buissons ardents, mots qui jettent
Des ponts aériens sur les deux rives du même infini,
Portez des sacrifices de parfum,
Faites des offrandes de joie
À mon Dieu, le Poète des poètes,
Le Seigneur des seigneurs, Jésus le Christ,
Jetez des fleurs blanches
Sur les lits des noces mystiques
Qui lient à jamais le cœur du peuple
A l’éternité qui se loge
Dans les cicatrices incendiaires
Du corps des saints brûlant en Dieu,
A l’échelle sanglante et radieuse de l’Amour !

Ô délicate éternité, ô Corps du Christ !

Avancez, prêtres de Dieu, amis des hommes,
Marchez sous le dais brodé de palmes et d’azur,
Dans l’incandescence de la Foi
Qui touche le rivage du Ciel !
Et toi peuple aimant de Gandie,
Répands dans les rues solennelles de ta tendre cité,
Étale en chantant de frais tapis de pétales de roses,
Couvre de draps somptueux et de bouquets baignés d’aube
Les façades antiques de tes églises resplendissantes !

Ô délicate éternité, ô Corps du Christ !

Femmes, élevez à chaque croisée de routes
Des petits autels ornés de géranium rouges
Et des reposoirs vêtus de lin blanc pour le Saint Sacrement !
Et vous, mères aimées de nos mères,
Pères adorables de nos pères, levez vos yeux affaiblis
Que garde de sa main protectrice une lumière invisible,
Souvenez-vous de votre jeunesse radieuse
Sous les feuillages roussis de voluptés très anciennes !

Ô délicate éternité, ô Corps du Christ !

Jubilez, exaltez notre Dieu d’amour,
Vous, merveilleux musiciens de la Safor,
Et vous aussi, longues files d’enfants de chœurs,
Habillés de robes blanches et pures
Comme la première neige de l’hiver !

Ô délicate éternité, ô Corps du Christ !

Flottez dans l’air libre du Sud,
Vous, chants splendides des fidèles,
Bannières ruisselantes de beauté,
Oriflammes suspendus au balcon de chaque maison !

Ô délicate éternité, ô Corps du Christ !

Adorons, ô peuple serein de Gandie,
Ô claire rivière de visages,
Le Saint Ostensoir, ce Soleil des soleils,
Cette Lumière inépuisable de la lumière
Qui baigne en ce jour la cité bienheureuse !

Ô délicate éternité, ô Corps du Christ !

Cœurs purs, cœurs qui vivez
Dans la claire intimité
De la terre,
Cœurs qui comprenez la sérénité
Du chant né de la glèbe,
Cœurs qui entendez le chant du Ciel
En ce jour de ferveur infinie,

Embrassez, Cœurs, adorez
En cette heure de Vie incorruptible,
La Face mystique de l’Eternité !

Laissez-vous tomber, ô âmes,
Aux plus désirables altitudes
Du temps sidéral !

Ô délicate éternité, ô Corps du Christ !

            Athanase Vantchev de Thracy

A Paris, ce lundi 19 mars 2007

Glose :

Fête du Saint-Sacrement : la Fête-Dieu, la Fête du Saint-Sacrement ou Corpus Christi, est une fête religieuse catholique célébrée le jeudi qui suit la Trinité, c’est-à-dire soixante jours après Pâques. Les dates contemporaines de la Fête-Dieu sont les jeudi : 15 juin 2006, 7 juin 2007 et 22 mai 2008.

Actuellement, le nom officiel de la fête est Solennité du corps et du sang du Christ. Cette fête commémore l'institution du sacrement de l'Eucharistie. Après cette fête, le temps ordinaire reprend. La Fête-Dieu est un jour férié dans certains pays catholiques.

Le jeudi après La Trinité (ou le dimanche suivant, selon les pays et les régions), la Fête-Dieu, ou Solennité du Corps du Christ, célèbre l'Eucharistie. C'est une fête populaire marquée par l'adoration et la procession du Saint Sacrement, placé dans l'ostensoir. La Fête-Dieu constitue un vrai spectacle féerique: de véritables tapis de pétales de roses sont répandus dans les rues, la chapelle est pavoisée à l’aide de draps tendus sur les façades et de bouquets, de petits autels et des reposoirs sont dressés. La procession de midi prend un caractère fastueux avec le prêtre sous le dais, l’ostensoir doré, la longue file d'enfants de choeur et les musiciens qui mènent la procession, les bannières et les chants des fidèles, et les gens aux fenêtres qui font des signes de croix ou applaudissent. Plusieurs villes dans le monde sont connues pour la magnificence de ces processions. Parmi elles figurent la ville de Gandia.

Le premier formulaire d'une messe en l'honneur du Saint-Sacrement a été composé en 1246 pour le diocèse de Liège. Cette fête, nous la devons à l'intervention d'une simple religieuse : Soeur Julienne de Liège. Elle enflamma de son zèle pour le Saint Sacrement le pape Adrien ou Hadrien IV (1154 - 1159) qui institua la fête. Peu de temps après, lorsque la fête fut étendue à toute l'Église, on composa un nouveau formulaire, oeuvre de Saint Thomas d'Aquin. Ce ne fut néanmoins qu'en 1312 que la bulle d'Urbain IV fut confirmée au concile de Vienne et que la célébration de la Fête-Dieu devint générale.

Ostensoir (n.m.) : du latin ostensus, « ostensible ». Pièce d’orfèvrerie destinée à contenir l’hostie consacrée et à l’exposer à l’adoration des fidèles. Ostensoir en forme de soleil rayonnant. « Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir » (Baudelaire).