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FETE DE L'ASSOMPTION (français)

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          Poussin - Assomption de la Vierge

 

FÊTE DE L’ASSOMPTION     

          (Sonnet)

A Mariane Faugeras Poupard

« Honore avec pureté la Vierge, avec sincérité la Mère, avec splendeur l’Epouse, avec gloire la Glorifiée, de manière surnaturelle Celle qui est sur le monde : purs avec ce qui convient à la Pure, avec dévotion envers notre Dame, avec un service respectueux nous célébrons splendidement la Reine. »

            Saint Jean Mauropode,

            Homélie sur la Dormition de la Vierge

 

« Le tombeau et la mort furent impuissants à saisir la Mère de Dieu
Qui jamais ne se lasse d'intercéder pour nous ;
Elle est notre espérance et notre protection.
Car Elle est la Mère de la Vie,
Elle a été transférée à la vie par Celui qui a demeuré dans son sein virginal. »

 

            Hymne de l’Eglise orthodoxe dédié à la Dormition (Assompiuon chez les catholiques) de       la Vierge

 

« Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort. »

 

            Constitution dogmatique Lumen gentium du concile Vatican II (1964) sur l’Assomption de la Vierge

 

La lourde légèreté des lys dans le jardin,

L’intime simplicité, la gravité de l’heure

Et cette intime clarté qui envahit le cœur

Et fait frémir d’amour les feuilles, l’éther, mes mains.

 

Ô Fête de toutes les fêtes, ô douce Assomption

Qui ouvre le ciel comme un calice sacré

Que les Archanges de l’air emplissent d’éternité,

Touchés dans leur essence par cette accession.

 

Ô Mère de Dieu, récris la page de mon destin

Avec des mots sublimes comme l’aire du Zodiaque

Et rends le temps céleste à mes pupilles opaques

 

Et la musique des sphères à mes mystiques refrains !  

Toi, l’Epouse, la Gloire, la Grâce, la Piété,

Le Livre de la Vie, l’Abîme de la Beauté !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

A Paris, ce samedi 15 août, Anno Gratiae MMIX

 

Glose :

I. Eglise catholique :

Assomption (n.f.) : du verbe latin assumere, « prendre, enlever ». Dogme de l’Eglise catholique romaine selon lequel, au terme de sa vie terrestre, la Mère de Jésus aurait été « élevée au ciel ».

L'Assomption est aussi le nom de la fête catholique célébrant l'assomption de Marie, le 15 août. 

La croyance en l'Assomption de Marie ne repose sur aucune base scripturaire ni sur aucun texte des premiers temps de l'Église. Au IVe siècle, le Père de l’Eglise, saint Epiphane de Salamine (315-403) souligne que nul ne sait ce qu'il est advenu de Marie à la fin de sa vie. La tradition à ce sujet n'est pas attestée avant le Ve siècle. En Occident, saint Grégoire de Tours (539-594) est le premier à en faire mention, à la fin du VIe siècle. Il s'appuie apparemment sur un corpus de textes apocryphes, appelés collectivement le Transitus Mariæ, généralement rattaché au  Ve siècle et qui provient peut-être d'Égypte. Faussement attribué au Père de l’Eglise, saint  Méliton de Sarde (IIe siècle), il est explicitement condamné par le Pape d’origine berbère Gélase Ier en 495-496, avec d'autres écrits apocryphes. Selon cette tradition, Marie rencontre sur le mont des Oliviers un ange qui lui remet une palme de l’arbre de Vie et lui annonce sa mort prochaine. Marie rentre chez elle et fait part de la nouvelle à son entourage. Miraculeusement, les apôtres reviennent des différents endroits où ils sont partis prêcher, afin de l'entourer. Jésus apparaît entouré d'anges pour recevoir l'âme de sa mère, qu'il confie à l'archange Michel. Les apôtres enterrent le corps au pied du mont des Oliviers. Quelques jours plus tard, Jésus apparaît de nouveau et emporte le corps au Paradis, où l'âme et le corps de Marie sont réunis.

En Orient, le Père et Docteur de l’Eglise, saint Jean Damascène (vers 676-749) rapporte la tradition de l'Église de Jérusalem à ce sujet: selon lui, Juvénal, évêque de Jérusalem, se voit demander lors du concile de Chalcédoine le corps de Marie par le couple impérial, Marcien et Pulchérie. Juvénal répond que Marie est morte entourée de tous les apôtres, sauf Thomas, qui est en retard. À son arrivée, quelques jours plus tard, Thomas demande à voir la tombe, mais celle-ci s'avère vide ; les apôtres en déduisent alors qu'elle a été emportée au ciel.  

Une autre tradition rapporte que l'Assomption a lieu à  Ephèse, dans la maison connue aujourd'hui comme la  « Maison de Marie », accompagnée de l'apôtre Jean, à qui le Christ, sur la Croix, avait confié sa mère. La première allusion attestée ne date que de la fin du IXe siècle, dans un manuscrit syriaque qui rapporte que Marie suit Jean à Éphèse et qu'elle y meurt. Les seules autres sources sont trois auteurs syriaques des  XIIe et XIIIe siècles.

Quoi qu'il en soit les catholiques ont adopté cette croyance avec ferveur. En France, le roi Louis XIII consacre son royaume à la Vierge en 1638 et demande que cette consécration soit commémorée à chaque fête de l'Assomption. Le 15 août est toujours la fête nationale des Acadiens (les Acadiens descendent des colons européens établis au bord de la baie de Fundy au Canada dès la fondation de l'Acadie en 1604). En France, elle demeure la fête patronale de nombreux villages ; les églises ou cathédrales dédiées à Notre-Dame de l’Assomption sont nombreuses, et le  15 août est le jour le plus important de l'année à Lourdes.

La République française en a fait un jour férié.  

Le 1er novembre 1950, l'Assomption de Marie est établi sous forme de dogme par la constitution apostolique Munificentissimus Deus du pape Pie XII. La constitution dogmatique Lumen gentium du concile Vatican II (1964) énonce :

« Enfin la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort. »

II. Eglise orthodoxe :

La Dormition de la Mère de Dieu dans l'Église orthodoxe

L’Eglise orthodoxe célèbre, le 15 août, la Dormition de la Mère de Dieu, c'est-à-dire sa mort, entourée des apôtres, sa résurrection et sa glorification. C'est l'une des 12 grandes fêtes de l'Église orthodoxe et la dernière du calendrier liturgique, la première étant la Nativité de la Vierge (le 8 septembre). Il y est proclamé que Marie a été « élevée par Dieu jusqu'au Royaume céleste du Christ dans la plénitude de son existence, spirituelle autant que corporelle ». Marie, selon la tradition de l'Église orthodoxe, serait montée au Ciel dans son corps, ce qu'elle appelle l'Assomption de la même manière que l'Église catholique. Cet événement est compris comme les prémices de la résurrection des corps, qui, selon la croyance de l'Église orthodoxe, aura lieu lors du Second avènement du Christ, comme l'exprime le théologien Vladimir Lossky (1903-1958) : « Si Elle resta encore dans le monde, si Elle se soumit aux conditions de la vie humaine jusqu'à accepter la mort, c'est en vertu de sa volonté parfaite, dans laquelle elle reproduisit la kénose (humiliation) volontaire de son Fils. Mais la mort n'avait plus d'emprise sur Elle : comme son Fils, elle est ressuscitée et montée au Ciel, première hypostase humaine qui réalisa en Elle la fin dernière pour laquelle fut créé le monde. » .

La fête est précédée, dans la tradition orthodoxe, d'un carême, c'est-à-dire d'un jeûne strict de 14 jours (à l'exception du jour de la fête de la Transfiguration, le 6 août, où il est permis de manger du poisson).

Si la célébration de la Dormition est très proche de la fête catholique de l'Assomption, elle n'en diffère pas moins sur certains points. La différence s'opère précisément par le fait que l'Église catholique associe, dans sa définition de l'Assomption de la Vierge (donnée ci-dessus), le dogme de l’Immaculée conception rejeté par l'Église orthodoxe. Selon la tradition orthodoxe, Marie est réellement morte, par la nécessité de sa nature humaine mortelle, liée à la corruption de ce monde après la Chute (en cela elle est solidaire de l'humanité), et a été ressuscitée par son fils comme la Mère de Vie : elle est considérée comme participant à la vie éternelle du Paradis. L'Église orthodoxe, de ce fait, adresse à la formulation catholique du dogme de l'Assomption les mêmes critiques qu'à celui de l’Immaculée Conception :

-         d'une part, il est contraire à la foi des Pères de postuler la Très Sainte Mère de Dieu comme « préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle » : ce serait en faire une personne à part du genre humain, supprimant toute liberté pour la Vierge Mère de dire « non », faisant perdre de ce fait sa valeur salvatrice à la réponse positive qu'elle fit à l'annonce de l'ange Gabriel : « Je suis la servante du Seigneur : qu'il me soit fait selon ta Parole ! » ; 

-         mais surtout postuler la Vierge Marie comme préservée du péché originel, c'est-à-dire sauvée par avance, serait la rendre hors d'atteinte de la mort – ce que laisse dans le vague le Catéchisme de l’Eglise catholique.

Saint Jean Mauropode (né vers l’an 1000 ap. J.-C.) : Mauropode, ainsi nommé pour la couleur sombre de son pied. Il dédia son activité à la vie religieuse et aux études, en vivant à l'écart de la cour de Constantinople. Il devint évêque d'Eucaita (ville peu éloignée d'Amasia, ville dans le Pont). Homme éloigné des intrigues, loin des honneurs, incapable d'adulation, il s'adonna à sa propre perfection spirituelle et culturelle. Il est considéré saint par l'Église orthodoxe qui le fête le 5 octobre. De son activité envers la Mère de Dieu, nous possédons une Homélie sur la Dormition et de nombreux Canons.