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EXISTENCES (français / anglais)

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                                    Eros et Psyché

EXISTENCES

 

“Messa lor a cantada de Sante Esperit,

E si lor preziquet cum Jhesu Crist nasquit…”

 

(“Dans l’église resonnent la messe du Saint Esprit

Et le sermon de Notre Dieu Jésus le Christ.”

 

            Guillaume de Tudèle

 

La haute nuit

Et ce silence téméraire

Qui coupe la gorge de ta voix

D’un fil de soie damascienne.

 

Ainsi on assassinait les princes

De la couronne ottomane.

 

Oui, âme de mon âme,

Nous sommes, à cette heure surnaturelle,

Deux grains de froment

Dans le même épis mûr.

 

Dehors, la faucille du vent

Moissonne les étoiles.

 

Comme un grand incendie peut éclater

D’une seule larme!

Comme tout ce que tu touches

S’enflamme aussitôt!

 

Oui, âme, tu dis vrai:

Chaque pas vers la bonté

Nous rapproche de nous-mêmes,

Chaque sourire gracieux nous fait avancer

Vers la lumière de ceux qui,

Eplorés,

Marchent sur les sentiers déserts de la terre,

Nous unit avec le coeur modeste

Des êtres sans arme ni défense.

 

Ah, comme j’aime le chuchotement

Des feuilles des peupliers

Dessus le lac suave

De tes prunelles débordant

De miséricorde!

 

            Athanasae Vantchev de Thracy

 

Haskovo, ce dimanche 7 octobre, Anno Domini MMVII

Glose:

Guillaume de Tudèle (fin du XIIe – début du XIIIe siècle): moine navarrais. Témoin des événements, il écrivit la première partie de la célèbre Chanson de la Croisade Albigeoise, histoire de la terrible fin des cathares. La deuxième partie de ce récit en vers est l’oeuvre d’un poète anonyme.

 

 

ENGLISH (TRADUCTION ANGLAISE DE PETER HILL) :

 

Existences

 

“Messa lor a cantada de Sante Esperit,

E si lor preziquet cum Jhesu Crist nasquit…”

 

            Guillaume de Tudèle

 

The lofty night

And this reckless silence

Which cuts the throat of your voice

With a thread of damascene silk.

 

Thus they would assassinate

The royal princes of the Ottomans.

 

Yes, soul of my soul,

At this unworldly hour we are

Two grains of wheat

In the same ripe ear of corn.

 

Outside, the wind’s sickle

Harvests the stars.

 

How a great blaze can spring

From a single tear!

How all that you touch

At once bursts into flames!

 

Soul, you speak true:

Each step towards the good

Brings us nearer to ourselves;

Each graceful smile brings us forwards

Towards the light of those who,

Filled with tears,

Walk upon the desert paths of the earth;

Unites us with the lowly hearts

Of those who have no arms and no defense.

 

Ah, how I love the whispering

Of the poplar leaves

Above the smooth lake

Of your pupils overflowing

With mercy!

 

Athanase Vantchev de Thracy

Translation: Peter Hill (English poet)