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EVOCATION DES MORTS (français / espagnol))

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EVOCATION DES MORTS

 

       (νεκυία)

 

A Thamyris

« Cet automne

Je n’ai pas d’enfant sur les genoux

Pour contempler la lune. »

            Uejima Onitsura

 

Pleine lune d’automne.

Vide est le cimetière !

 

Un petit lézard vert

Gît mort

Sur l’herbe jaune.

 

Des astres vêtus d’une brume rose et mauve

Versent du haut du ciel fixe

Une lumière calme sur les tombes.

 

Seul, à genoux, j’évoque les morts !

Les pleurs d’un hibou

Accompagnent mes larmes.

 

Ma prière, apprend aux syllabes

A s’épanouir en chant,

Fais-moi devenir ami à moi-même

Et aux dieux.

 

Âmes des morts flottant dans l’éther,

Corps évanouis que les racines des rosiers

Bercent dans le parfum léger

D’une tendresse millénaire.

 

Pleine de miséricorde est la nuit 

Qui serre contre son cœur

Morts et vivants voguant

Dans le fleuve de l’air.

 

Et soudain, mille milliers de lèvres

Coulent en moi !

 

Amples vers mélodieux

Dans le délire essentiel

De la douleur !

 

Ô morts, morts aimés,

Invisibles cépages

De nos vies !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

A Paris, ce jeudi 28 septembre Anno Domini MMVI

Glose :

Νεκυία ou νέκυια : évocation des morts. Titre du XIe chant de l’Odyssée. 

Thamyris ou Thamyras (Θάμυρις) : poète thrace, un de ces musiciens mythiques auxquels on attribue divers poèmes et diverses innovations musicales. Il aurait composé une Théogonie, une Cosmogonie et une Titanomachie. Il passait pour l’inventeur du mode musical dorien. Thamyris est le fils du musicien, poète et devin Philammon, fils d’Apollon, et de la nymphe Argiopé. D’autres traditions font de lui le fils d’Aethlios et le petit-fils de l’amant de la Lune (Sémélé) Endymion, fils de Zeus. De la même façon, sa mère est parfois l’une des Muses, Erato, qui préside à la poésie lyrique, ou Melpomène, qui règne sur la tragédie. Il était d’une très grande beauté et excellait à la fois dans l’art du chant et dans celui de la lyre, qui lui aurait été enseigné par l’un des plus illustres poètes de l’Antiquité, Linos lui-même. On en faisait parfois le maître d’Homère. Homère raconte que Thamyris tenta de rivaliser en musique avec les Muses, mais qu’il fut vaincu et que les déesses, irritées, l’aveuglèrent et le privèrent de son habileté musicale. Il avait demandé, en cas de victoire, de s’unir successivement à toutes les Muses. Après sa mésaventure, Thamyris aurait jeté sa lyre, désormais inutile, dans le fleuve appelé Balyra (dans le nom duquel se retrouvent deux mots signifiant : lancer et lyre), en Péloponnèse.

Uejima Onitsura (1661-1738) : poète et moine bouddhiste (bonze). Auteur de haikai. Il avait perdu, un printemps, son unique enfant.

 

ESPAGNOL :

 EVOCACIÓN DE LOS MUERTOS


            (νεκυία)



A Thamyris

" Este otoño
no tengo el niño sobre las rodillas
para contemplar la luna. "

Uejima Onitsura


Luna llena de otoño.
¡ Vacío es el cementerio!

Un pequeño lagarto verde
yace muerto
sobre la hierba amarilla.

Astros vestidos de una bruma rosa y malva
Se inclinan desde lo alto del cielo firme,
una luz calma sobre las tumbas.

¡ Sólo, en rodillas, evoco a los muertos!

Las lágrimas de un búho
acompañan mis lágrimas.

Mi oración, aprende las sílabas
al abrirse en canto,
hazme ser amigo de mismo
y de los dioses.

Almas de los muertos que flotan en el éter,
cuerpos desvanecidos que las raíces de los rosales
mecen en el perfume ligero
de una ternura milenaria.

Plena de misericordia es la noche
que oprime contra su corazón
muertos y vivientes que navegan
en el río del aire.

Y de repente, mil millares de labios
fluyen en mí!

Amplios versos melodiosos
en el delirio esencial
del dolor!

Oh muertos, muertos amados,
invisibles cepas
de nuestras vidas!

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, jueves 28 de setiembre Anno Domini MMVI

Glosa:

Νεκυία ou νέκυια evocación de los muertos. Título del XI canto de la Odisea.

Thamyris o Thamyras (Θάμυρις): poeta tracio, uno de estos músicos míticos a quienes se atribuye poemas diversos e innovaciones diversas y musicales. Habría compuesto una Teogonía, una Cosmogonía y un Titanomachie. Inventor del modo musical dorio. Thamyris es el hijo del músico, poeta y adivinador Philammon, hijo de Apollon, y de la ninfa Argiopé. Otras tradiciones le hacen al hijo de Aethlios y el nieto del amante de la Luna (Sémélé) Endymion, el hijo de Zeus. Del mismo modo, su madre es a veces una de las Musas, Erato, que dirige la lírica, o Melpomène, Que reina sobre la tragedia. Era de una belleza muy grande y se destacaba a la vez en el arte del canto y en el de la lira, el que le habría sido enseñado por uno de los poetas más ilustres de la Antigüedad, Linos mismo. Lo hacíamos veces el dueño de Homère. Homère cuenta que Thamyris intentó rivalizar en música con las Musas, pero que fue vencido y que las diosas, irritadas, lo cegaron y lo privaron de su habilidad musical. Había pedido, en caso de victoria, unirse sucesivamente a todas las Musas. Después de su desventura, Thamyris habría echado su lira, en lo sucesivo inútil, en el río llamado Balyra (en el nombre del cual se encuentran dos palabras que significan: lanzamiento y lira), en Peloponeso.

Uejima Onitsura (1661-1738): poeta y monje budista (bonzo). Autor de haikai. Había perdido, una primavera, a su hijo único.

Mis à jour ( Mardi, 23 Février 2010 14:37 )