Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

ET TOUTE UNE VIE ECRITE SUR LES VISAGES (français)

PDF
Imprimer
Envoyer

 

                             Soren Kierkegaard

 

ET TOUTE UNE VIE ECRITE SUR LES VISAGES

A Dimitar Dimitrov

« De tous les ridicules de ce monde,

le plus grand est d’être affairé,

d’être un homme pressé d’agir »

 

            Soren Kierkegaard

 

Marcher pieds nus dans l’herbe printanière

De la Thrace !

Mon lieu est ici,

Parmi le chœurs joyeux des oiseaux :

 

Linottes à bec jaune,

Bouvreuils pivoine,

Pinsons du Nord,

Moineaux friquets, sitelles, grimpereaux, mésanges,

Grives, merles, rouges-queues !

 

J’aime ces jours qui portent

Des iris pâles dans leurs cheveux !

Ces nuits de jade où ma main

Devient soudainement la maison

Des étoiles

Et des nids.

Ce monde

Au mouvement calme et perpétuel !

 

Ma vie ? Ô mon Ami,

Je l’ai tissée de musique et de rêves,

Je l’ai ouverte à l’univers

Et offerte à l’absolu !

 

Oui, mon Ami,

Mon lieu est ici !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 20 mai 2009

Je dédie ce poème à l’ami cher à mon cœur, Dimitar Dimitrov, que j’ai connu lors de mon service militaire à Harmanli, petite ville située non loin de Haskovo, ma ville natale.  Notre sereine amitié dure plus de 50 ans.

Glose :

Søren Aabye Kierkegaard (1813-1855) : écrivain et philosophe danois. Il naquit dans une famille de 7 enfants, d’un père ayant fait fortune dans le commerce de bonnetier et appartenant à une communauté piétiste très fervente qui lui vaut, selon ses propres dires, « une éducation chrétienne stricte et austère qui fut, à vues humaines, une folie ».

En 1821, il entre à la Borgerdydsskole (en danois, « l’école de la vertu civique »), une école privée très élitiste où il se fait remarquer par son intelligence hors du commun et, en 1831, l’année de la mort de Hegel, il commence ses études de théologie à l’Université de Copenhague. De 1819 à 1834, la tragédie du destin fait que sa mère, puis ses trois sœurs aînées et deux de ses frères meurent tour à tour, soit de maladie soit accidentellement, sans jamais dépasser l’âge de 33 ans, ce qui l’amène à croire qu’il ne dépassera pas lui non plus l’âge du Christ. Plongé dans la mélancolie, qui est accentuée par la mort de son père en 1838, il est à 25 ans, avec son frère Peter, le seul survivant de la famille. Lors d’un dîner chez des amis communs, un soir du mois de mai 1837, il rencontre la jeune Régine Olsen, dont il s’éprend. En 1840, il la demande même en mariage, ce qu’elle accepte, mais il rompt brutalement avec elle un an plus tard, après lui avoir renvoyé son anneau de fiançailles. La même année, il soutient sa thèse de doctorat sur Le concept d’ironie constamment rapporté à Socrate et, le cœur brisé, s’exile à Berlin où il suit les cours de Schelling, dont il revient déçu.

Vivant de la fortune de son père et affirmant n’avoir « pas le temps de [se]  marier », il publie en 1843 son premier grand livre, Ou bien... Ou bien..., sous le pseudonyme de Victor  Eremita et,[] renonçant à être pasteur, s’engage dans une intense production philosophique, dont les titres les plus remarquables, tous signés d’un pseudonyme différent, sont Le concept d’angoisse (1844), Stades sur le chemin de la vie (1845) ou Post-scriptum définitif et non scientifique aux Miettes philosophiques (1846).

Après avoir atteint l’âge inattendu de 34 ans, il donne à son œuvre d’écrivain un tour nettement plus religieux, soucieux de défendre le christianisme véritable contre l’Église officielle, avec des ouvrages comme la longue série des Discours édifiants, La maladie à la mort, parfois traduit sous le titre Traité du désespoir, (1849) et L’École du christianisme (1850).