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VINGT EPIGRAMMES ET EPITAPHES (français)

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                          Grèce antique (discobole)

 

VINGT EPIGRAMMES ET EPITAPHES

(cintinuation de Quinze épigrammaes et épitaphes)

 

XVI.

A UN BEL EPHEBE

Tu n’est rien, jeune homme, mais il suffit qu’un vers
Une strophe délicieuse exalte ta douce beauté
Et aussitôt les yeux se tournent exaltés
Vers ton visage d’enfant plus blanc que neige l’hiver.

Ai-je dû chanter ta grâce, ciseler de mots sublimes
Les délicates étreintes de nos nuits intimes ?

 

XVII.

Je pleure la frêle mésange, son tendre corps transi
Gisant au pied de l’if ! Zéphyr, sois gentil
Recouvre de pétales de roses  et de jacinthes
Son chant évanoui, sa dernière complainte !

  

XVIII.

Des ronces embrassent cette tombe  et jalousement protègent

Le corps de Diomède qui dort en paix ici,

Ô temps qui aime les ombres, ô  solennelle nuit

Versez sur son sommeil vos tendres sortilèges !

XIX.

Passant en vain tu cherches la sépulture heureuse

Non, Athanase n’est plus sous ces muguets en fleurs,

La brise l’a emporté pour que les champs en chœur

Répètent ses chants de feu aux étoiles frileuses.

XX.

Démodocos, mon frère que veux-tu de moi,

Ce que mon cœur avait il l’a donné aux chants,

Le temps a pris le reste et l’a offert aux vents

Démodocos, mon frère, le vrai trésor, c’est moi !

XXI.

Il figure seul.

J’AI HORREUR DE CETTE FOULE

 

A Claris

« Tu ne lis jamais rien et tu te prétends poète… »

            Martial

J’ai horreur de cette foule de poètes illettrés,

Ces rats triomphent partout : cafés, télé, revues,

Ces matamores madrés, ces âpres m’as-tu vu

Pour qui la poésie n’est plus que vanité.

Leur mort venue, Claris, même l’oubli refuse

De se rappeler leurs noms, leur suffisance, leur ruses !

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 8 avril 2008

XXII.

Pourquoi ces vains éloges dans l’épitaphe d’un fat
Qui toute sa vie ne fut que vaniteuse catin,
La terre s’est libérée, ô dieux olympiens,
D’un courtisan bileux, d’un odieux castrat.

XXIII.

Ô source, je salue ton eau limpide et fraîche
Toi qui donnes ton âme à la saveur des pêches.

XXIV. 

J’aime, j’adore, je hais,
Mon élégant Properce
Qui m’offre ses baisers
Contre deux cents sesterces.

Nouveaux poèmes non vérifiés :

XXV.

Ayant entendu
La suave, la sonore voix
D’Athanase de Thracy,
Théognis de sa tombe s’écria :
Muses, la France a-t-elle un poète
Egal à l’immortel Hésiode ?

XXVI.

LA SOURCE ABANDONNEE

Jadis jeunes gens, jeunes filles et enfants
Venaient danser auprès de mes eaux,
A présent, ronces sauvages et herbes folles
Envahissent mes rivages .
Seule nymphes et dieux oubliés
Et une douce compagnie de mésanges
Viennent égayer ma grande solitude.

XXVII.

« C’est poissons, par Phidias
Finement ciselés,
Verse-leur un peu d’eau :
Tu les verras nager !

            Martial

Athenion cisela cette coupe argentée
Homère scrutant les eaux de ses yeux opaques
Il semble écouter les joyeux ressacs
Des vagues printanières chantant leurs mélopées.
Ni dieux, ni nymphes autour, seul un bel enfant
Appuie sa tête heureuse contre son bras tremblant.

XXVIII.

A toi, déesse de l’amour,
Je dédie ces vers, n’ayant,
Belle Aphrodite,
Rien de plus précieux
Et de plus cher au cœur
A t’offrir.

XXIX.

Ô Roscius, tu ris, quand mes pupilles, mon âme
Sur toi, mon bel enfant, posent leurs clarté avide,
Déesse, je te supplie, fais que sa bouche candide,
Son cœur, son corps, son sang sous mes baisers s’enflamment  !

XXX.

Nuit, éteins tes torches et sous ton voile d’iris
Accueille nos cœurs brûlants, nos membres enflammés,
Ô, herbe printanière, déverse ta volupté
Dans nos étreintes tissées de roses et de narcisses !

XXXI.

LA VENGENCE DE PHILIS

« Semper dispositas arte decente comas,
Et comptos semper vultus unguentaque semper »

(« Et toujours les cheveux avec art disposés,
Et toujours maquillée et toujours parfumé »)

            Sénèque

Tu m’as donné ces fleurs, ces perce-neige, Philis,
Ils ont brûlé mes mains, rempli mon cœur de feu,
Ils cachent mille incendies dans leurs pétales frileux,
Dis, où as-tu cueilli ces luisants calices ?

-         Cypris me les offrit, c’est elle qui leur souffla
Sa flamme  pour me venger de ton orgueil froid !

 

XXXII.

Laurent, mon bon ami, tu lis si mal mes vers
Qu’à force de les flétrir, on dirait du Voltaire ! 

XXXIII.

A UN MAUVAIS POETE

« Je ne t’offre jamais, Pontilie,  mes ouvrages :
C’est, Pontilien, de peur que tu m’offres les tiens . »

            Martial

Tu dis, Véloce, tu dis,
Que mes poèmes exquis
Sont trop savants ! Eh quoi ?
Pour un poète comme toi
Fat, illettré, bourru
Même le mot « ravi »
Semble inconnu !

XXXIV.

COCTEAU

A la manière de Properce

Il fit très joliment tout ce qu’il a avait fait
Hélas, rien de grand, sinon un nom surfait !

XXXV.

A UN HOMME VIDE

« Tu me poursuis, je fuis ; tu fuis, je te poursuis.
Je suis ainsi, Dyndime :
Ton plaisir me déplaît ; j’aime ton déplaisir »

            Martial

Tu portes des manteaux où chèvres de Cachemires
Ont mis leur élégance et leurs gambades heureuses,
Cravates et chemises de soie, où mille mains malheureuses
Ont imbibé de sueur ! Tes cheveux couleur de cire

Sentent les pommades de l’Inde ; pas un poil ne passe
Le rang des autres poils ! Que dire de tes caleçons,
Les îles Eléphantine où pousse le doux coton
Caressent tes fesses de neige ! Hermès parfume ta face !

C’est Hadrien qui lisse tes ongles des pieds
Et la charmante Clarisse caresse des heures tes mains
Avec des clairs onguents que le savant Yemen
Prépare de baumes cueillis dans le désert altier.

Berlutti a fourni tes cent paires de chaussures,
Rolex s’occupe, pressé, de décorer ton bras !
Hélas, en vain tu lèves ta tête remplie de poix !
Ô ignorance fétide ! Tu n’es qu’une sale ordure !

XXXVI.

Tu manges des huîtres engraissées à Arcachon
Et moi je casse mes dents sur un morceau de pain !
Est-ce cela l’égalité que clament tous les frontons
Des édifices publics ?  Me prends-tu pour un con ?

Mis à jour ( Samedi, 20 Février 2010 12:35 )