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ENTELECHIE (français)

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                                             Apollon

 

ENTĒLĒCHIE

A Nick of Brighton

« Les formes les plus haute du Beau sont l’ordre, la symétrie, le défini… »

 

         Aristote,

        Métaphysique, XIII, 4

 

Ô choses, ne dites rien, laissez le cœur bercer sa solitude !
Le temps est doux et la vie fragile
Court, tel un fil d’argent
Dans le tissu des ombres ! 

Laissez les Anges des mots
Broder sur leur soie des phrases de lumière,

Laissez les beaux cyprès défendre la pureté des livres,
La quiétude inentamable des jardins !

Touchez de votre dense élan
La transparence
Et les contours tremblés de la pensée !

Ah, comme l’âme remplit
L’exactitude déconcertante des formes
Et les frissons des voix ensoleillées
De son intimité vivifiante !...

Laissez-moi, ô choses évanescentes
Goûter un seul instant
A cette perfection vivante qui meut le monde
Et que les hauts poètes de l’Etre
Appellent entéléchie éblouissante !

   Athanase Vantchev de Thracy

A Paris, ce samedi 30 juillet, Anno Christi MMV

Glose :

Entéléchie (n.f.) : du grec entelekheia, « énergie agissante et efficace », lui-même
de entélès, « perfection », et ékhein, « avoir ». Mot créé et fréquemment employé
par Aristote comme synonyme de kinèsis et d'énergéia, expressions par lesquelles il
désigne l'Acte opposé à la Puissance. Cependant, entre l'Acte proprement dit et
l'Entéléchie, il y a au moins une nuance importante. Le premier se dit de la pure
opération des  causes; le second, de l'union effective de la cause et de la matière,
d'où résulte un être réel et déterminé. Par suite, il se dit quelquefois aussi de cet être
lui-même. C'est dans ce dernier sens qu'il faut l'entendre dans la fameuse définition
de l'âme : l'entéléchie de tout corps naturel qui a la vie en puissance (De l'Âme, liv.
II, ch. 1). Leibniz (1646-1716) a donné le même nom à ses monades, parce
qu'elles ont, dit-il, "une certaine perfection qui les rend sources de leurs actions externes ". (Monadologie, § 18 et suiv.).