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EN T'AIMANT, Ô MON AMOUR (français)

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                                      Derviches tourneurs

 

EN T’AIMANT, Ô MON AMOUR

« Ô toi qui m’est plus doux que ma vie »

            ‘Erâqi

 

En t’aimant, mon amour,

Je suis devenu tous les atomes

Qui dansent et jubilent,

Toutes les fleurs qui ornent

Les modestes sentiers,

Toutes les étoiles, mon amour,

Qui disent aux yeux des âmes pures

Les innombrables,

Les inépuisables facettes

Du monde qui se renouvelle

Perpétuellement !

 

Ô lumière

Dans le cœur

De la lumière !

 

Mon matin et mon soir,

Mon été et mon printemps,

Ce sont ton regard calme

Et ton visage innocent

Ô mon amour !

 

Ô cœur

A la croisée des voies célestes !

Ô lumière qui ajoute

De la lumière

A la lumière !

            Athanase Vantchev de Thracy

Fleurigny – Touques, ce dimanche 6 janvier, Anno Domini MMVIII

Glose :

Fakhr al-dîn 'Erâqi Hamadâni (1213-1289) : un des plus grands poètes et mystiques  persans né dans le village de Komjân, près de la ville de Hamadan, l'antique Ecbatane, capitale de la région de ‘Erâq. Hamadan fut le lieu de naissance de plusieurs grands génies : Badî al-Zamân Hamadâni, poète et auteur de célèbres Maqâmât (Séances) ; Bâbâ Tâher, poète et mystique ; Rashid al-dîn Tazl Allâh, historiographe. ‘Erâqi appartenait à une famille d'érudits dont plusieurs membres enseignaient la philosophie, le droit et le commentaire coranique dans les écoles de Hamadan. Contemporain de l'invasion mongole, 'Erâqi connut une vie errante et mouvementée. Il se trouva au confluent de tous les courants spirituels de l'époque: celui des qalandars (derviches libertins errants qui pratiquaient la provocation afin d'échapper à l'orgueil et à l'hypocrisie spirituelle), ceux du soufisme de confrérie (Suhrawardiyya) et du soufisme khorassanien propageant la doctrine de l'Unicité de l'Être (wahdat al-wujud). ‘Eraqi fut inlassablement fasciné par la beauté des jeunes gens qu'il considérait comme un reflet de la beauté divine. Ces vers célèbrent dans des termes enflammés la contemplation des beaux visages (shâhedbâzi). L'originalité de son œuvre, composé d'un recueil de poésies Divân (4 500 vers sans Le Livre des Amants, un autre recueil) consiste dans le fait qu'il y traita de tous les genres : ma'refat (connaissances mystiques), qasidas, ghazals, tarji'bands, tarkib'bands, qet'e, une marthhiye (élégie), une mothallath et 170 quatrains.

Un petit manuel de soufisme en prose, riche en indications sur la Voie spirituelle qu'un amoureux de Dieu doit suivre, Lama'ât (Eclairs), le fit connaître dans le monde entier. Chaque éclair est un échelon pour monter vers la connaissance et la réalisation de l'Unicité Absolue de tout ce qui existe. ‘Eraqi eut deux maîtres en philosophie : Ibn ‘Arabi et Ahmad Ghazzali, et deux maîtres en poésie : Sinâ'i et Attâr. Il inspira Hâfez (mort en 1388), Shirin Maghrebi (mort en 1408) et Jâmi (mort en 1492).

Il fut appelé « maître spirituel des maîtres », la plus haute des distinctions qu'un soufi puisse espérer.