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ELEVATION SUR LA BEAUTE (français)

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                                                  Le Parthénon

 

ELEVATION SUR LA BEAUTE

A Arielle Sonnery de Fromental

« Souriante, paupières sinueuses
Robe aux longs plis dans le calme tragique –»  

            Yorgos Seferis (1900-1971),

            « Notes » pour un poème

 

Tes cheveux de rivières couleur iris de mai,
La libre écriture de tes sourires d’azur
Et ta voix de blé où vogue comme une épure
Le temps dévotieux changé en tendre lai.

Ô cœur, relis le livre de cette éternité
Qui meut, incandescente, l’églogue de ses mouvements,
La grâce élégiaque des mots tissés de sang
Qui tremblent comme une aile dans l’ambre de l’été !

Que peuvent Sénèque le Sage, Chrysippe, Cléanthe, Zénon
Contre la tempe qui bat, frôlée par la beauté ?
La chair de Marc-Aurèle griffée par la clarté 

De ce visage plus pur qu’un glyphe du Parthénon ?
Ma main, caresse la trace où la splendeur a mis
La grâce des perce-neige, le ciel des ancolies !

            Athanase Vantchev de Thracy  

Glose :

Arielle : de l’hébreu arie, « lion » et el, « Dieu », le lion de Dieu.

Yorgos Seferis (Smyrne 1900 – Athènes 1971) : de son vrai nom Georghios Sepheriadis,
originaire d’Asie Mineure, diplomate de profession, il a vécu presque toujours exilé. Très
attaché au passé de son pays et souvent blessé par son présent, très ouvert au monde de son
temps, il a beaucoup pratiqué le symbolisme français, puis Eliot, Pound et Valéry. Son œuvre,
baignée d’amertume, est d’une sobriété, d’une densité rares. C’est sans doute après la guerre
qu’il a donné ses plus beaux recueils, notamment les Trois poèmes secrets. Prix Nobel de
littérature 1963.

Zénon de Citium ou de Cition (vers 335- vers 264 av. J.-C.) : philosophe grec fondateur du
stoïcisme. Cléanthe (331-232 av. J.-C.) : le plus fidèle disciple de Zénon ; Chrysippe (vers
281-vers 205
 av. J.-C.) : il étudia la philosophie stoïcienne, prenant la succession de
Cléanthe à la tête du Portique ; Chrysippe donna à la pensée stoïcienne sa structure et sa
rigueur. Cicéron (106-43 av. J.-C.) ; Sénèque (4 av. J.-C. – 65 ap. J.-C.) ; Plutarque (vers
46/49 – vers 125 ap. J.-C.) ; Marc Aurèle (121-180 ap. J.-C.) ; Galien (vers 131-vers 201
ap. J.-C.), Diogène Laërce (début du IIIe siècle ap. J.-C.)
pratiquèrent cette doctrine
philosophique.  

Glyphe (n.m.) : du grec gluphê, « ciselure ». Trait gravé en creux. Triglyphe (n.m.) :
ornement de la frise dorique, composé de deux glyphes et de deux demi-glyphes (sur les
bords), qui alternent avec les métopes (du grec meta,  « entre » et opê, « ouverture » ;
intervalle séparant deux triglyphes, et dans lequel se trouve généralement un panneau
sculpté).

Parthénon : temple d’Athéna Parthénia (du grec parthenios, a, ov, « vierge ») ; le monument
le plus prestigieux de l’Acropole (du grec akros, « sommet » et polis, « ville », la partie la
plus haute d’une cité) d’Athènes et de Grèce. Son édification fut décidée par Périclès (vers
495 – vers 429)
et confiée aux architectes Ictinos et Callicratès qui travaillèrent sous la
direction de Phidias. Construit de 447 à 432 av. J.-C. en marbre pentélique (de Pentélé,
montagne de l’Attique qui fournissait un marbre blanc réputé ; son versant sud domine la
plaine d’Athènes)  sur les fondements d’un temple resté inachevé et incendié par les Perses en
480 av. J.-C., le Parthénon est un temple dorique périptère (du grec peri, « autour » et ptêre,
« aile », littéralement « entouré d’ailes » ;  se dit d’un édifice entouré d’un rang de colonnes
séparées du mur).

 

ENGLISH :

AN ELEVATION ON BEAUTY

« Smiling, eyelids sinuous,
Long-pleated dress, quietly tragic… »

 

            Georges Seferis,

            Notes  for a Poem 

 The river of your hair the colour of  spring irises,
the flowing handwriting of your blue sky smiles
and your voice of wheat, where time, once
drawn, sails from piety into lyricism.

 

O heart, reread the book of this eternity,
the incandescent power behind the eclogue of her movements,
and the elegiac grace of her words woven in blood
that tremble like a bird’s wing in the amber of summer!

 

How could Seneca, Chrysippus, Cleanthes or Zeno pit reason
against beating temples, brushed by beauty?
What could Marcus Aurelius’s poor flesh do once clawed by the brilliance

of her face purer than a glyph on the Parthenon?
My hand, caress the traces where her magnificence has strewn
The grace of snowdrops and heavenly ancolias!

     Athanase Vantchev de Thracy

Translated from the French by Norton Hodges

 

 

Mis à jour ( Jeudi, 18 Février 2010 17:37 )