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DIVISION EUCLIDIENNE (français)

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                                  Euclide (mathématicien grec)

 

DIVISION EUCLIDIENNE

A Gauvain

« Tu as habité

le pays des enfants tristes »

     José Agostinho Baptista

 

Dividende, diviseur, quotient, reste !

Dividende, diviseur, quotient et…

Plus de reste !...

 

Ah, mon tendre Gauvain,

Ils étaient bien plus faciles les calculs arithmétiques

Que les tourments de la vie,

Que les boursouflures de la féroce vanité humaine!

 

En frottant les nombres comme des silex,

Tu étais heureux d’obtenir les étincelles de la connaissance,

Pareil en cela aux vieux lettrés hébraïques

Entrechoquant avec une ferveur infatigable

Les mots mystérieux de la Thora !  

 

A présent, mon Ami,

Tu essaies d’apprivoiser

Le temps vide d’occupation

Ou, après avoir parcouru quelques livres obscurs,

De dessiner en blason, comme les brillants érudits scolastiques,

Une somme de savoirs,

De t’inscrire dans la mémoire de la langue.

 

Dehors, le vent qui t’attend au coin de la rue,

Connaît le sens secrets des paroles qui t’habitent.

 

Il y a longtemps que le jour est venu,

Sa grâce est pour toi un secret,

Une beauté qui vient de loin,

Légère, tranquille, libre, discrète !

 

Là, dans les rues fleuries

Par les mains voluptueuses des femmes,

Tout l’été est ton corps,

Tout le matin, les prunelles de tes yeux,

Tous les ruisseaux de la France,

De ce pays qui brûle nos cœurs,

Le chant diaphane de ton amour !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 12 octobre 2008

Glose :

Euclide - Εὐκλείδης Eukleidês  (vers 325 – vers 265 av. J.-C.) : mathématicien de la Grèce antique, auteur des Eléments, qui sont considérés comme l'un des textes fondateurs des mathématique modernes.  

Gauvain : prénom, variante du prénom Kevin, du celtique gwen ou kwen, « blanc », « pur ». Le saint patron des Gauvain ou Kevin est un ermite de Cornouailles du VIe siècle qui fut mystérieusement transporté en Bretagne du Nord, où il accomplit de nombreux miracles.

José Agostinho Baptista (né 1948) : poète portugais, traducteur de nombreux écrivains américains. « Un puissant sens du tragique parcourt sa poésie, mais sans violence ni hurlements, tant l’harmonie de la versification paraît dompter la douleur et les larmes ».

Thora (n.f.) : ce mot en hébreu signifie « loi ». La Thora est le texte fondateur du judaïsme. Son essence spirituelle est la reconnaissance d'un Dieu unique. Rédigée en hébreu, elle est également appelée loi mosaïque (de Moïse), ou, comme elle se compose de cinq livres, Pentateuque (du grec ancien Pentateukhos / Πεντάτευχος « cinq livres »); en hébreu, Hamisha Houmshei Thora. Les cinq livres décrivent les débuts de l'humanité de la création du monde à la mort de Moïse. Ce sont :

  1. Genèse - Bereshit : « Au commencement » ou « En-tête », de la création du monde à la mort de Joseph en Égypte
  2. Exode - Shemot : « Noms », de l'arrivée des enfants d'Israël en Egypte à la construction du Tabernacle du Désert
  3. Lévitique - Vayyiqra : « Il appela », de la construction du Tabernacle aux premiers mois après le départ d'Égypte. Il énonce principalement des règles de pureté en matière sacerdotale, alimentaire, conjugale, sociale, etc. 
  4. Nombres - Bamidbar : « Dans le désert », couvrant la période d'errance des  Hébreux dans le désert
  5. Deutéronome - Devarim : « Paroles », rappel par Moïse des lois énoncées dans les quatre livres précédents, s'achevant avec sa bénédiction et sa mort

(Les titres hébreux des Livres sont les premiers mots du premier verset)

La Thora fut, selon la tradition, dictée à Moïse par Dieu au pied du mont Sinaï.

Les commentateurs de la Thora comparent les mots à des silex. Au fur et à mesure qu’on les frotte les uns aux autres, ils produisent des étincelles qui révèlent les multiples sens cachés du texte.

La théorie des étincelles : au moment de la création, les Vases Divins se sont brisés
car l'Univers ne pouvait supporter le flot de la Lumière Divine. Des débris de la lumière, les Etincelles de Sainteté, sont tombés dans la matière, constituant une sorte de noyau sacré et infini au sein du monde fini. Le monde est devenu un champ clos où s'affrontent la connaissance et l'oubli de Dieu. Comparé à nos rythmes, la connaissance, c'est le jour, l'oubli c'est la nuit, c'est l'ombre. Mais les ténèbres ne sont jamais totales, la nuit est emplie d'étincelles, d’éclairs. Même lorsque Dieu semble absent, il se trouve toujours en l'homme, en la matière, une étincelle susceptible de raviver la connaissance.