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DEUX CLARTES DE L'ÂME (français)

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                                           Li Bai

 

DEUX CLARTÉS DE L’ÂME 

« Et levant la tête je contemple la lune blonde,
Et courbant la tête je rêve à mon ancien foyer. »

            Li Bai

I.

Cette suave rumeur du monde
Dans la main de l’air calme,
Le silence tangible de l’âme,
Les tendres feuilles de thé qui déploient leur parfum
Dans l’élégante théière en porcelaine blanche !

 

II.

 

Dans la profondeur sonore du soir,
Le cri serin  d’une mésange
Et les battements mélodieux des branches du cerisier
Contre  la soyeuse transparence de la fenêtre.

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

Saint-Germain-en-Laye, ce dimanche 28 mars, Anno Graciae MMIX

Glose :

 

Li Bai, Li Bo ou encore son nom de plume - Li Taibo (701-762) : un des plus grands poètes chinois de la dynastie Tang (treizième dynastie chinoise, la plus puissante que la Chine ait connue : 618-907). Il passa la plus grande partie de sa vie à voyager à travers la Chine. Influencé par la pensée taoïste, il fut sensible aux aspects fantastiques de la nature sauvage. Son œuvre exprime sa personnalité, qui refusait les contraintes. Sa vie plus ou moins légendaire inspira pièces et récits.

Le lieu de naissance de Li Bai est incertain, mais on suppose que ce fut Suiye en Asie centrale (près de Tokmok au Kirghizistan). Sa famille avait initialement vécu dans le sud-est de ce qui est maintenant la province du Gansu, et s’était établie successivement à Suiye puis à Jiangyou, près de Chengdu dans la province du Sichuan, lorsqu’il avait cinq ans. Ses antécédents familiaux ne pouvaient lui ouvrir aucune porte dans l’aristocratie de la dynastie Tang. Bien qu’il exprimât le désir de devenir fonctionnaire, il ne se présenta jamais aux examens impériaux de rigueur. Il commença à voyager au travers de la Chine à l’âge de vingt cinq ans, appréciant le vin et menant une vie sans souci, très contraire à l’idée que l’on se faisait d’un confucéen. Sa personnalité fascinait tout autant les aristocrates que les gens du peuple. Il fut présenté à l’empereur Xuangzong vers 742.

On lui offrit un poste à l’académie Hanlin. Li Bai resta moins de deux ans au service de l’empereur comme poète avant d’être remercié pour indiscrétion. Ensuite, il erra dans l’ensemble de la Chine pour le restant de sa vie. Il rencontra l’autre grand poète Du Fu ou Tu Fu (712-770) au cours de l’automne 744, ainsi que l’année suivante. Ce furent les seules occasions qu’ils eurent de se rencontrer, mais leur amitié fut particulièrement importante (une dizaine de poèmes de Du Fu traitent de Li Bai alors qu’il n’en existe qu’un seul de Li Bai traitant de Du Fu). À la même époque qu’An Lushan entra en rébellion, il s’impliqua dans une révolte secondaire contre l’empereur. L’échec de cette révolte le condamna à l’exil une seconde fois. Il fut pardonné avant d’avoir atteint son lieu d’exil à Yelang.

Li Bai mourut au Dangtu, aujourd’hui province d’Anhui. La tradition veut qu’il se soit noyé en essayant d’embrasser l’image réfléchie de la lune dans une rivière. Certains chercheurs pensent que sa mort serait due à un empoisonnement au mercure par absorption de l’élixir de longévité taoïste alors que d’autres pensent qu’il serait tout simplement mort d'alcoolisme.

Li Bai est un nom chinois, coréen, khmer, vietnamien. Le nom de famille est Li, le prénom Bai. Le nom de famille chez les Chinois précède le prénom.