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DES VERS PAR D’AUTRES AIMES (français / espagnol / anglais)

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                                    A. S. Pouchkine

 

DES VERS PAR D’AUTRES AIMES

A David Hudson

« Ne chante pas en ma présence, belle Dame,
Les tristes chants de ta Georgie natale »

 « O sing, fair lady, when with me
Sad songs of Georgia no more”

            A. S. Pouchkine

           

Il me vient ce soir, cher David,
Des vers, par d’autres aimés, puis perdus…
Emu et tremblant, saisi par l’éloquence du silence,
Je relis ces poètes au nom à jamais oubliés,
Ces humbles aèdes dont le peuple
Continue toujours à chanter les refrains immortels !

 

Immortelles sont ces âmes anonymes
Devenues soupirs discrets et larmes translucides!
Elles vivent, cher David, elles respirent
Dans la clarté passionnée de leurs strophes,
Dans l’étoffe flamboyante de l’air léger qui les portent !

 

Un rouge-gorge passe et notre vie fatiguée
Soudainement comprend l’essence de chaque chose !

 

Peuvent-ils mourir vraiment les mots arrachés à la chair,
Les vers tissés  par la lumière d’un sang passionné ?
Non, l’oubli livide ne peut rien
Contre l’éternel jaillissement
D’une mémoire amoureuse des choses et des êtres !

 

Ils vivent, mon Ami, et attendent
Qu’une autre intimité pénétrante
Se saisisse de leur présence  gracieuse !
C’est alors qu’un air tenu, qu’une chaleur imperceptible
Envahissent brusquement notre cœur
Devenu transparence attentive !

 

Et nous entendons, émerveillés,
Leur sang palpitant affleurer notre âme
Et battre contre notre cœur transfiguré
En y déversant des flots d’harmonie et de grâce !

 

Il me vient ce soir, cher David,
Des vers, par d’autres aimés,
Puis oubliés !

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

A Paris, ce dimanche 3 juillet Anno Christi MMV

Glose :

Alexandre Serguéïevitch Pouchkine (1799-1837) : poète, auteur dramatique
et romancier russe appartenant à une illustre famille aristocratique. Arrière-petit-fils
du filleul éthiopien de Pierre le Grand, Hannibal, Pouchkine était fier de son sang.
Après avoir reçu une éducation française et passé quelques années au lycée impérial
de Tsarskoïe Selo, il était déjà célèbre par ses poèmes. Il mena alors pendant trois
ans une vie brillante et dissipée à Saint-Petersbourg où il fraya avec les
révolutionnaires décabristes, et fut exilé au Caucase puis à Kichinev et à Odessa en
raison de quelques poèmes séditieux. Il y resta quatre ans menant une vie assez
libre.  Dans les poèmes qu’il écrivit à cette époque on sent l’influence de Byron : Le
Prisonnier du Caucase
(1822),  La Fontaine de Bakhtchisaraï  (1824), Les Tsiganes
(1827). Seule La Gabrieliade (1821), poème blasphématoire, marque l’influence
française. Un nouvel exil l’envoya à Mikhaïlovskoïe avec, pour seule compagnie, sa
vieille nourrice, qui lui racontait les anciennes légendes russes. C’est là qu’il finit
Eugène Onéguine (1833), qu’il écrivit sa grande tragédie Boris Godounov (1824
1825) et composa quelques « contes en vers » ironiques tels que Le Comte Nouline
(1827), et La Petite Maison à Kolomna (1833). Nicolas Ier, qui voulait dorénavant
être son protecteur et censeur, lui permit de revenir à Moscou où il reçut un accueil
triomphal. Il se lança à nouveau dans une vie brillante et mondaine et épousa la très
belle Natalia Gontcharova. Après une suite de poèmes lyriques et de ballades, il
revint à la prose écrivant Les Récits de Bielkine (1830). Puis il écrivit La Dame de
pique
(1834) et son roman historique La Fille du capitaine (1836). Au début de
l’année 1836 il fut autorisé à créer une revue littéraire, Le Contemporain. Un duel
contre un Français, le baron d’Anthès, qui faisait la cour à sa femme, mit fin à ses
jours à l’âge de 38 ans. Il est considéré comme le plus grand auteur russe.
Pouchkine voulait « dire simplement des choses simples », avec clarté, sobriété,
grâce, harmonie, élégance. Il a su exprimer les insondables richesses de l’âme russe.

 

ESPAGNOL :

LOS VERSOS AMADOS POR OTROS

 

A David Hudson

" No canta en mi presencia, bella Dama,
los cantos tristes de tu Georgia natal”.


           A.S. Pouchkine

Evoco esta tarde, querido David,
los versos amados por otros, luego perdidos …
¡ Conmovido y trémulo cautivo por la elocuencia del silencio,
releo a estos poetas jamás olvidados,
estos humildes aèdes cuyo pueblo
continúa siempre cantando los estribillos inmortales!

¡ Inmortales son estas almas anónimas
hechas suspiros discretos y lágrimas translúcidas!
¡ Viven, querido David, respiran
en la claridad apasionada de sus estrofas,
en la tela resplandeciente del aire ligero que los llevan!

¡ Un petirrojo pasa y nuestra vida cansada
repentinamente comprende la esencia de cada cosa!

¿ Verdaderamente pueden morir las palabras arrancadas de la carne,
los versos de una sangre apasionada?
¡ No, el olvido lívido no puede nada
contra el eterno brote
de una memoria enamorada de las cosas y de los seres!

¡ Viven, mi Amigo, y esperan
que otra intimidad penetrante
se aferre a su presencia graciosa!
¡ Mientras un aire tenido, un calor imperceptible
invaden precipitadamente nuestro corazón
hecho transparencia atenta!

¡ Y pensamos, maravillados,
su sangre palpitante roza nuestra alma
y late nuestro corazón transfigurado
vertiendo flujos de armonía y gracia!

¡Evoco esta tarde, querido David,
los versos amados por otros,
luego olvidados!

          Athanase Vantchev de Thracy

París, domingo, 3 de julio Anno Christi MMV

Glosa:

Alexandre Serguéïevitch Pouchkine (1799-1837): poeta, autor dramático y novelista ruso que perteneció a una familia ilustre y aristocrática. Bisnieto del ahijado etíope de Pierre le Grand, Hannibal, Pouchkine estaba orgulloso de su sangre.

Después de haber recibido una educación francesa y pasado algunos años en el Liceo Imperial de Tsarskoïe Selo, era ya célebre por sus poemas. Llevó entonces durante tres años una vida brillante y disipada en San Petersburgo donde frecuentó con los revolucionarios décabristes, y fue exiliado al Cáucaso luego a Kishinev y a Odessa debido a algunos poemas sediciosos.Estuvo allí cuatro años llevando una vida bastante libre. En los poemas que escribió en aquella época sentimos la influencia de Byron: el Preso del Cáucaso (1822), Fontaine de Bakhtchisaraï (1824), Los Cíngaros (1827). Sólo Gabrieliade (1821), poema blasfematorio, marca la influencia francesa. Un nuevo exilio se lo envió a Mikhaïlovskoïe para la única compañía, su vieja nodriza, que le contaba las antiguas leyendas rusas. Es allí dónde Eugenio Onéguine (a 1833), escribió su gran tragedia Borís Godounov (1824 1825) y compuso algunos " cuentos en verso " irónicos tales como El Conde Nouline (1827), y La Pequeña Casa a Kolomna (1833). Nicolás Ier, que quería desde ahora en adelante ser su protector y censor, le permitió volver a Moscú donde recibió una acogida triunfal. Se lanzó de nuevo a una vida brillante y mundana y se casó con la bella Natalia Gontcharova. Después de una continuación de poemas líricos y de Baladas, volvió a la prosa que escribía Los Cuentos de Bielkine (1830). Luego escribió a La Dama de picas (1834) y su novela histórica La Chica del capitán (1836). Al principio del año 1836 fue autorizado a crear una revista literaria, El Contemporáneo. Un duelo contra un francés, un barón de Anthès, que hacía la corte a su mujer, puso fin a sus días a la edad de 38 años. Está considerado como el autor ruso mas grande.

Pouchkine quería " simplemente decir sobre cosas simples ", con claridad, sobriedad, gracia, armonía, elegancia. Supo expresar insondables riquezas del alma rusa.


Traduit en espagnol par Janice Montouliu

 

ENGLISH :

 

Lines Loved By Others

 

To David Hudson

 

 

 

'O sing, fair lady, when with me
Sad songs of Georgia no more.'
Pushkin

Tonight, David, there came to me
lines loved by others but now lost.
Trembling with emotion, seized by the eloquence of silence,
I read again those poets whose names are forever forgotten,
those humble ancient troubadours whose immortal songs
the people still sing!

Their anonymous souls have found immortality
in discreet sighs and shining tears!
They still live and breathe, David,
in the passionate clarity of their song,
and the air that burns with it!

A robin passes by and our weary lives
suddenly contain the essence of everything!

Could words torn from living flesh and
lines woven by the light of heated blood really die?
No, pale oblivion can do nothing
against the eternal outpourings of
those who remember beings and things with love!

They're still alive, my friend, waiting
for another penetrating mind
to make them present and accept their grace!
That's when a feeling of rightness, an imperceptible warmth
suddenly invades our attentive
and transparent hearts!

And, full of wonder, we're suddenly aware of
the pulse of their blood surfacing in our souls,
beating against our transfigured hearts
and pouring into us waves of harmony and grace!

Tonight, David, there came to me
lines loved by others
but now lost!

 

Athanase Vantchev de Thracy

translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges