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DEISIS (français)

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DEISIS

« Ma voix s’élève, je crie vers le Seigneur, ma voix s’élève vers Dieu, qu’il exauce ma
prière ! Verset : Au jour de ma détresse, j’ai cherché le Seigneur. »

            Prokimenon, ton 7, chanté le Jeudi Matin à l’orthros

 

Suspendu au-dessus de l’abîme
Du cœur,
Ton ineffable splendeur !

 

Une douzième rose dans le rubis du vent !
Des mots d’eau fraîche
Sur le brasier de la bouche !

 

Mère sublime,
Mère à la tendresse de violettes,
Mère à l’âme laminée,
Intercède, je te supplie,
Je t’implore,
Je t’adjure,
En faveur de mes prunelles !

 

Touche de Ton ample maphorion
Le lourd charbon des larmes,
Protège de ton regard
Le vase de mon visage,
Couvre-le, Mère,
Du voile transparent
D’un chant imputrescible !

 

L’heure entre les mots est blanche
Comme les perce-neige du jardin !

 

Nudus nudum Christum sequi !

 

Quel autre chemin vers la douceur ?
Quelle autre voie vers l’humilité
De l’amour,
Maintenant,
Que tout est dit ?

 

Et toi, aurore prodrome,
Voix de la nuptiale rectitude,
Jean, fleur de grenadier
Sur la robe immaculé du sable !

 

Voix qui tend à chaque lèvre
La coupe de lumière neuve !

Intercède pour les peuples errants,
Pour l’homme qui marche,
Pour les paupières fermés sur une blessure !

 

Mots de myosotis entre le basalte bleu
Des syllabes ! Espace entre les mots
Et le souffle qui les porte
Au dessus du fleuve des sanglots !

 

Que sais-je, que puis-je dire
De toute cette profondeur essentielle !

 

De cette fièvre de neige
Au cœur de l’hostie !
De cette lumière vert d’eau douce
Qui abrite la palme de la paix !

 

            Athanase Vantchev de Thracy 

A Paris, ce mercredi 1 décembre, Anno Christi MMIV

Glose :

Déisis (n.f.) : terme grec signifiant « prière », « demande ». En iconographie, la Déisis est une
composition qui représente le Christ trônant entre la Mère de Dieu (la Vierge) et saint Jean
Baptiste. Ceux-ci, tournés vers Jésus, intercèdent auprès de lui pour l’humanité. Sur
l’iconostase, la Déisis prend place au-dessus des Portes Royales. Elle est entourée par un
cortège de saints avec lesquels elle forme « la rangée de la Déisis » qui désigne une
composition iconographique particulière, généralement divisée en plusieurs panneaux : le
centre de la composition est occupé par la figure du Christ en majesté, alors que, de part et
d’autre du trône, s’avance le cortège des anges et des saints guidés par la Vierge et saint Jean
Baptiste, appelé aussi Prodrome, c’est-à-dire « précurseur » du Christ.

Prokimenon (n.m.) : versets psalmique servant de refrains.

Ton (les huit tons ou modes ecclésiastiques) : un ton  est une certaine règle qui permet de
classifier n’importe quel chant en fonction de sa note finale. Les tons sont au nombre de
huit.
Le premier est le protus authente, c’est-à-dire le premier par l’autorité. Le second est
appelé protus plagal, et il est une partie du premier. Le troisième est le deuterus authente,
c’est-à-dire le deuxième par l’autorité. Le quatrième est appelé deuterus plagal, et il est une
partie du troisième. Le cinquième est appelé tritus authente, « le troisième par l’autorité ». Le
sixième est appelé tritus plagal, il est une partie du cinquième. Le septième est appelé
tetrardus authente, « le quatrième par l’autorité ». Le huitième est appelé tetrardus plagal, et
il est une partie du septième. Plagal (mode plagal) : du grec plagios, « oblique » ; mode du
plain-chant où la quinte est à l’aigu et la quarte au grave. Le mode plagal est opposé au
mode authentique (ou authente). Authente (mode authentique) – n.m. - : mode qui s’étend
à l’aigu de la finale et a la teneur  à la quinte ou à la sixte. Les notes finales sont au nombre
de quatre, à savoir : ré (D), mi (E), fa (F), sol (G). Elles sont appelées finales parce que  les
tons (modes) nommés plus haut se terminent normalement sur elles. Les finales secondaires
(affinales)
sont au nombre de trois, à savoir : la (a), si (b), do (c). Elles sont dites finales
secondaires parce qu’elle peuvent se substituer aux quatre finales « régulières » : ceci peut
survenir lorsque certains tons ne peuvent se terminer sur leurs finales propres, soit à cause de
leur extension à l’aigu, soit à cause de leurs formules cadentielles propres (principia) : ils se
terminent alors sur les finales secondaires. Le premier et le deuxième ton se terminent sur ré,
qui est la première des finales ; les troisième et quatrième sur mi ; les cinquième et  sixième
sur fa ; les septième et huitième sur sol.

Orthros (n.m.) : mot grec qui signifie « le point du jour », « l’aurore ». Euripide emploie
l’expression di’orthrôn, littéralement « dans mes veilles matinales ». Office du Matin.
L’orthros proprement dit résulte de la fusion d’un office monastique avec l’office des églises
séculières. De nos jours, il est immédiatement précédé par le mésonycticon (littéralement
« Office du Minuit »). Ce dernier, comme son nom l’indique, était célébré jadis à minuit.

Maphorion (n.m.) : grand châle carré à bordure ornée, dont les femmes se couvraient la tête
et les épaules, et qui a dû se former à partir du peplum (vêtement de dessous sans manches,
porté par les hommes et les femmes grecs ; il est drapé autour du corps et attaché sur les
épaules ; quand il était porté ceinturé, on obtenait un drapé supplémentaire, le kolpos ; le
peplum fut remplacé par le chiton). On appelle maphorion le manteau de la Vierge. Les
moines portent le maphorion depuis les épaules, il est généralement de couleur brun sombre,
voire noir dans ce cas. Ne pas confondre avec le terme omophorion. Celui-ci est long
d’environ trois mètres et demi et large de vingt-cinq centimètres, fait en soie et brodé de
grandes croix ; il est drapé autour des épaules en forme de la lettre « Y ». C’est un attribut des
saints évêques.

Nudus nudum Christus sequi : le nu suit le Christ nu.