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SEPT CLAIRVOYANCES DU CŒUR (français)

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SEPT CLAIRVOYANCES DU CŒUR

 

I.

 

La libellule embrasse la tige des boutons d’or,

La fleur incline sa face vers la terre

Où le soir amoureux

Dépose sa vaste tunique de soie violette !

 

Le livre câpre réséda de l’eau

Entre des mains transparentes,

Et cette odeur jeune,

Cette odeur joyeuse d’anis sous le parvis !

 

Rien d’autre, rien d’autre,

Absolument rien d’autre !

 

II.

 

Le poème, l’infinité des mots,

L’ombre des frênes sur le chant allègre du ruisseau

Où danse, insouciante du monde,

La compagnie  joyeuse des petites perches argentées.

 

Tu as, comme Pétrarque, la ferveur délicate

Des fontaines !

 

Je suis au bord de vous aimer !

 

III.

 

Ose, ose, chante avec le vent

Vierge se joue

Dans les branches des chèvrefeuilles !

 

Que de chagrins muets dans chaque chose,

Que de papillons pavoisent de grains d’or

Les robes luxueuses des calices !

 

Le jour finissant recommence l’éternité !

Et moi, mêlant ma voix à la lumière !

 

 

IV.

 

Soudain tout devient si intense,

Les figures droites, les figures inclinées,

Les lignes verticales et les cercles pleins

De la pensée se confondent

Dans le délire du langage !

 

Pourquoi pleures-tu ?

Que sais-tu de la saveur des pleurs

Et de source cachée où ils naissent ?

 

La joie qui est tout

Est la joie de tous les êtres

Depuis le commencement des jours

Jusqu’à cet instant pur et intime

Comme la chair du diamant !

 

Oui, je me tiens au milieu

De la forteresse divine de mon cœur,

Dans la salle d’honneur de mon âme !

 

V.

 

Les hautes passes des mots

Sous les brumes violettes du matin

Puisent leur joie

Dans les sources mêmes de mon chant.

 

Joie de savoir que tout est tout

Que rien n’est oublié

Dans la grande unicité des éléments !

 

Ô géométrie de la vie usuelle,

Algèbre de la quotidienneté ordinaire

Calme et inquiétude

Dans le médaillon du matin

Suspendu à mon cou.

 

VI.

 

Un seul murmure de feuille

Restaure soudainement

La mémoire des êtres aimés !

Un seul murmure d’âme !

 

Et c’est la résurgence

Inattendue de l’essence de la vie,

De la langue qui exprime

Cette grâce inespérée d’un art

Qui se fait de plus en plus léger !

 

VII.

 

Et c’est la nuit,

La divine nuit de toujours !

Ô tendre joie d’entendre le bruissement

Chaleureux des insectes,

Joie de vivre

Sous la douce clarté des étoiles

Voguant vers l’infini !

 

 

            Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, ce jeudi 17 mai, Fête de l’Ascension, Anno Domini MMVII.