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CHOSES FRËLES (français / espagnol / portugais)

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CHOSES FRÊLES

 A Pierre-Marie

 "L'esprit doucement s'endort, il n'y a que le coeur qui se souvienne."

          Louis-René des Forêts

Juin tardif, entre, mois
Du pur éclat de la lumière,
Dans la maison.

Viens, rieur, une rose
De Damas dans la main
Pour honorer de ta générosité avivée
Le vase resté si longtemps
Sans la grâce d’une fleur.

Tu n’as pas à me parler, juin des abeilles,
La lumière comme jaillie de tes mains
Me suffit pour penser
Que l’aube est toujours
De mon côté !

Que dans l’impermanence infatigable des secondes
Se cache, invisiblement présente,
La discrète éternité
Que l’on devine
Par un parfum délicat
Presque imperceptible !

             Athanase Vantchev de Thracy

Rueil-Malmaison, ce lundi 9 juin, L’An de Grâce MMVIII

Glose :

Louis-René des Forêts (1918-2000) : auteur discret d’une œuvre peu abondante, mais chargée d’une rare beauté.

Après une scolarité secondaire à Bourges, il suit des études de droit et de sciences politiques et commence à faire paraître des chroniques musicales et littéraires. C'est à la fin des années trente qu'il fait la connaissance de Jean de Frotté, qui le met en relation avec Patrice de la Tour du Pin. Mobilisé en 1939, de retour chez lui (dans le Berry) en 1940, il s'engagera dans la Résistance. Ses débuts littéraires datent de l'Occupation : entre 1941 et 1943, il écrit Les Mendiants, publié par Gallimard, qui sera suivi en 1946 du Bavard, presque ignoré du public.

Après une année de travail avec le jeune éditeur Robert Laffont, il se retire en province. Il publie dans quelques revues : L'Arbalète, Les Lettres nouvelles, La Nouvelle Revue française. En 1953, il revient à Paris et participe chez Gallimard (dont il sera membre du comité de lecture de 1966 à 1983) à la conception de « L'Encyclopédie de la Pléiade », avec R. Queneau. Il se lie alors d'amitié avec Michel Gallimard, Robert Antelme, Georges Bataille et Maurice Blanchot.

Il fonde en 1954 le Comité contre la guerre d'Algérie, avec Dionys Mascolo, Edgar Morin et Robert Antelme.

En 1960, il publie La chambre des enfants, prix des Critiques.

En 1967, il fonde la revue L'Éphémère, avec Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Paul Celan, Jacques Dupin, Michel Leiris et Gaétan Picon ; il fait également paraître au Mercure de France Les Mégères de la mer. Chez le même éditeur paraîtra en 1997 son dernier ouvrage, Ostinato, autobiographie fragmentée dont la rédaction avait été entreprise dès 1975 et dont la NRF, L'Ire des vents, Art Press, La Quinzaine littéraire et Le Cahier du refuge avaient donné successivement, entre 1984 et 1994, des extraits et ébauches. Plusieurs prix lui seront remis dans les années 1980 : prix Maeterlinck à Bruxelles (1988), grand prix national des lettres pour l'ensemble de son œuvre (1991).

 

ESPAGNOL :


COSAS ENDEBLES

A Pierre-Maríe

" El espíritu se duerme dulcemente, sólo un corazón lo recuerda. "

Louis-René des Forêts

Junio tardío, mes
del resplandor puro de luz
en la casa.

Ven, reidor, una rosa
de Damasco en la mano
para honrar tu gran generosidad ,
el vaso permaneció demasiado tiempo
sin la belleza de una flor.

¡ No tienes que hablarme, junio de las abejas,
la luz brota de tus manos,
me basta pensar
que el alba está siempre
de mi lado!

¡ Qué en la impermanencia infatigable de los segundos
se esconde, invisiblemente presente.
La eternidad discreta
se vislumbra
en un perfume delicado
casi imperceptible!

Athanase Vantchev de Thracy

Rueil-Malmaison, lunes, 9 de junio, El Año de Frâce MMVIII



Glosa:

Louis - René de Fórets (1918-2000):
autor discreto de una obra poco profusa, pero cargada de una belleza rara.

Después de una escolaridad secundaria en Bourges, cursa estudios de derecho y ciencias políticas y comienza a aparecer en crónicas musicales y literarias. Es en finales de los años treinta que conoce a Jean de Frotté, y lo contacta con Patrice de la Tour du Pin. Movilizado en 1939, de regreso a su casa (en Berry) en 1940, se comprometerá en la Resistencia. Sus principios literarios datan de la Ocupación: entre 1941 y 1943, escribe a Los Mendigos, publicado por Gallimard, que será seguido en 1946 de Bavard, casi ignorado por el público.

Después de un año de trabajo con el joven editor Robert Laffont, se retira de la provincia. Publica en algunas revistas: la Ballesta, Las Letras nuevas, La Nueva Revista francesa. En 1953, vuelve a París y participa en casa de Gallimard (el que será miembro del comité de lectura del 1966 al 1983) en la concepción de " La Enciclopedia de la Pléyade ", con R. Queneau. Allí hace amistad con Miguel Gallimard, Robert Antelme, Georges Bataille y Maurice Blanchot.

Funda en 1954 el Comité contra la guerra de Argelia, junto a Dionys Mascolo, Edgar Morin y Robert Antelme.

En 1960, publica La habitación de los niños, el premio de las Críticas.
En 1967, funda la revista El Efímero, con Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Paul Celan, Jacques Dupin, Michel Leiris y Gaétan Picon; también deja ver el Mercurio de Francia Las Furias del mar. En casa del mismo editor aparecerá en 1997 su última obra, Ostinato, autobiografía fragmentada cuya redacción había sido emprendida desde 1975 y entre las que el NRF, El Ire de los vientos, Arte Press, La Quincena literaria y El Cuaderno del refugio habían dado sucesivamente, entre 1984 y 1994, extractos y bosquejos. Varios premios le serían otorgados en los años 1980: premio Maeterlinck en Bruselas (1988), gran premio nacional de las letras por el conjunto de su obra (1991).
 

traduit en espagnol par Janice Montouliu

 

PORTUGAIS:

COISAS FRÁGEIS

 

 A Pierre-Marie

 

O espírito adormece docemente, há apenas o coração que se recorda”

          Louis René des Forêts

  

Entra, junho tardío, mês

de luz pura

em minha casa.

 

Vem, risonho, uma rosa

De Damasco na mão

Para honrar tua generosidade viva

O vaso esperando tanto tempo

Sem a graça de uma flor.

 

Tu não tens nada para dizer-me, junho das abelhas,

A luz como saltando de tuas mãos

basta-me para pensar

Que a aurora está sempre

Do meu lado!

 

Que a instabilidade incansável dos segundos

esconde-se, invisivelmente presente,

Na discreta eternidade

que se adivinha

Por um perfume delicado

Quase imperceptível!

 

Rueil-Malmaison, esta segunda-feira 9 de junho, do Ano da Graça de MMVIII

Traduit en portugais par Guilem Rodrigues da Silva

Mis à jour ( Jeudi, 01 Juillet 2010 11:38 )