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Le pissenlit - français

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LE PISSENLIT

 

Petite fleur d’or gorgée de soleil,

De brises, d’étoiles et d’azur.

 

Petite fleur-médecin des pauvres

Comme tes généreuses racines

Sont pleines de santé et de sourires !

 

Ô tendres capitules à fleuron ligulés,

Joie des yeux et consolation des cœurs,

Royaume le jour des papillons

Imparable empire, la nuit,

Des lumineuses tribus des lucioles,

Insolite, truculent pays

Des soucieuses fourmis !

 

Figées dans l’oubli

Dorment les autres herbes,

Tes  fidèles amies !

 

Ô humble petite fleur,

Pourquoi me fais-tu penser, ce matin

Au tragique destin

De l’abbesse Hélène des Ursins,

Abbesse de Castro !

 

Seigneur,

La tragédie est-elle propre à chaque vie ?

 

Ô pissenlits de soleil,

Ornez de votre  modeste beauté

La tombe

De l’immortelle abbesse de l’amour !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 26août 2020

Glose :

Pissenlit, ou dent-de-lion, est un nom vernaculaire ambigu en français. On appelle « pissenlit » diverses plantes à tige généralement creuse et dont l'inflorescence est un capitule plat et jaune. C'est la couleur jaune du capitule et sa forme plate qui déterminent généralement l'emploi du nom « pissenlit » pour désigner telle ou telle espèce.

Les pissenlits « véritables » sont des espèces du genre Taraxacum. Des espèces d'autres genres de la famille des Asteraceae peuvent prendre néanmoins ce nom vernaculaire. Il s'agit ainsi d'une espèce collective qui comprend de nombreuses sous-espèces ou espèces distinctes suivant les auteurs qui leur donnent des valeurs taxonomiques inégales en raison du grand polymorphisme des plantes. 250 à 300 sous-espèces (ou espèces distinctes) ont été décrites en France, 1 200 en Europe et près de 2 000 dans le monde.

 

Capitule (n.m.) : inflorescence  formée de nombreuses petites fleurs qui se touchent.

 

Ligulé, e (adj.) ; de ligule (latin : diminutif de lingua, « langue ») Petite languette d'un végétal, en particulier pétale unique des fleurs ligulées, ou demi-fleuron des plantes composées ; cette fleur ligulée elle-même.

Hélène des Ursins (Elena Orsini) : à la fin du XVIe siècle, Elena, abbesse d’un couvent cistercien de la cité de Castro, près de Rome, entretient une relation clandestine avec son évêque. De cette liaison secrète naît un enfant. Dès que la nouvelle se répand, les deux amants sont arrêtés et un procès a lieu. Trois cents ans plus tard, en 1839, cette scandaleuse affaire séduit Stendhal qui s’en inspire pour l’une de ses nouvelles les plus célèbres, L’Abbesse de Castro.

 

Les événements de ce genre n'étaient pas si rares, étant donné l'épineuse question de l'emplacement des filles que les familles devaient affronter, avec les monacations forcées qui en résultaient; les dispositions du concile de Trente, y compris la prescription du cloître imposée en décembre 1573, luttaient pour se débarrasser de l'habitude de la promiscuité, tolérée surtout à l'égard des femmes du patriciat. C'est le cas de la protagoniste de cette histoire,

Elena Orsini, née Porzia, fille du comte de Pitigliano et liée à la famille Farnèse, née vers 1542 et entrée au monastère des Visiteurs de Viterbe en 1557, devenant première prieure puis abbesse en 1565. Elena a pu compter sur de larges exceptions à la discipline cloîtrée, à l'époque encore accordée à une jeune fille de cette lignée, notamment la gestion autonome de sa propre chambre, dont elle possédait la clé, et le maintien de relations avec sa propre famille qui tendaient à régir la vie du couvent lui-même.