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Le temps érodé - français

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LE TEMPS ÉRODÉ

 

Ô âme que faire du temps érodé

Par l’eau salée de nos larmes ?

 

Pendant que nous sanglotons,

Le petit passereau dans le nid

Brise délicatement la coquille de l’œuf.

 

Le jour déchire la page lourde

Du calendrier et ouvre le ciel

D’une nouvelle époque d’espérance.

 

Je sais, ange,

Les choses que nous avons tant aimées

Nous rendront au centuple notre amour.

 

Transporté, mon regard habille de roses

Tes pensées, tandis que les notes

De marbre blanc du clavecin

Changent les murs jaunes de la maison

En autel où triomphe la victoire

De notre affection de jacinthes.

 

Et nous apprécions soudain

Le pourpre silence du soir

Où l’on entend le chant d’or du pain

Qui cuit dans le vieux four

De nos glorieux ancêtres.

 

Âme qui, qui peut se cacher

Derrière le rideau transparent

De sa propre lucidité ?

 

Pour l’instant, buvons le nectar de la tendresse

Qui seul peut guérir nos yeux de leurs larmes

Et nos cœurs du glas du désespoir !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 17 avril 2020

 

Glose :

Éroder (verbe) : du latin erodere. Ronger un métal, un matériau de manière lente : La rouille érode le fer.

Glas (n.m.) : du latin classique classicum, « sonnerie ». Tintement d'une cloche, pendant l'agonie d'un fidèle, puis pour annoncer sa mort et ses funérailles.