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C'ETAIT (français)

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C’ETAIT 

A Antoine de Laubespin 

« Voici qu’avec le crépuscule revient mon éternelle mélancolie »

            Poème chinois à chanter (ts’eu) des Ts’ing

 

Petit garçon, je vivais dans cette maison de silence,

J’en connaissais tous les recoins secrets

Dans un grand élan tumultueux.

 

Le reste, petit garçon, c’était la vie.

 

Tu me réclames, maison ancienne,

Tu m’envoies des messages que je lis le soir

Dans le grande solitude de la ville.

 

Le reste, petit garçon, c’était la vie.

 

Mais tu dictes, maison de l’enfance,

Maison de l’innocence blanche,

Tu dictes à mes pensées leurs rythmes et leurs mélodies.

 

Le reste, petit garçon, c’était la vie.

 

Je pleure souvent comme un petit enfant inconsolé,

J’essuie mes joues avec une petite main rose d’enfant,

Rose rose, rose blanche, rose noire,

Dis-moi quel est le sens de la vie ?

 

Le reste, petit garçon, c’était la vie.

 

Pourquoi le vent apporte-t-il jusqu’à mon cœur

L’air salé de la haute mer,

Pourquoi il existe des visages

Qui fulgurent dans ma poitrine ?

 

Le reste, petit garçon, c’était la vie.

 

Qu’est-elle devenue la vieille tzigane

Qui avait lu les lignes de ma main,

Qui m’avait prédit des richesses que je n’aurai jamais !

 

Le reste, petit garçon, c’était la vie.

 

Ses paroles rauques

Chatouillent jusqu’à présent mes sensations

Comme une brise à l’aube

Remue les glaïeuls.

.

Le reste, petit garçon, c’était la vie.

 

Abstraite et réelle, parfaite et absolue,

Ultime et définitivement divine,

Ton âme, petit garçon,

Est restée constellée d’étoiles douces,

Illuminée de nuits vastes et calmes.

 

Le reste, petit garçon, c’était la vie.

 

Âme suave qui t’a appris à aimer

En chaque choses muette,

En chaque être doué de langage

Ce qui en eux est une âme.

 

Le reste, petit garçon, c’était la vie.

 

            Athanase Vantchev de Thracy

Paris, ce jeudi 26 avril, Anno Christi MMVII

Glose :

Le sous-titre de cette chanson chinoise est « L’antique passe du Nord », nom d’une passe de la Grande Muraille au nord-est de Pékin. La dynastie mandchoue Ts’ing ou Qing (1644-1911). Ceux qui ont pris en 1635 le nom de Mandchous (Manzhou) sont issus des Jürchen, eux-mêmes descendants des tribus toungouses fondatrices, au XIIe siècle, de l’empire des Jin qui avait duré de 1115 à 1234 dans le nord et au nord-est de la Chine.

Les tribus jürchen de Mandchourie orientale furent rassemblées par un chef du nom de Nurhaci (1559-1626) qui, d’abord vassal des Ming, accrut sa puissance grâce aux revenus que lui assurait le commerce des fourrures et du ginseng et à une organisation militaire rigoureuse encadrant en « bannières », à partir de 1601, les guerriers des steppes du nord. Le 17 février 1616, Nurhaci se proclama empereur et fonda la dynastie des Jin postérieurs (Hou Jin). Il lança des attaques contre la Chine à partir de 1618, prit Shenyang et Loyang en 1621. Il installa sa capitale à Shenyang (rebaptisée Moukden) en 1625. Son successeur, Abahai (1627-1644), conquit le Chahar, région située à l’ouest du Jehol et au nord du Shanxi, imposa sa domination à la Corée et occupa, entre 1636 et 1644, toute la Mandchourie jusqu’au cours de l’Amour. C’était à cette dernière date que fut entreprise la conquête de la Chine des Ming (1368-1644).