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Adapa et le Vent du Sud -français

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ADAPA ET LE VENT DU SUD

(légende)

Ô chérubin, ton glaive de lumière

Sépare l’homme de Dieu !

Adapa, jeune et beau serviteur du dieu Ea,

Patron céleste des arts et des techniques

Vivant en paix profonde dans son palais d’Eridu,

Va, heureux et vigoureux,

Sur son léger bateau en bois solide,

Pécher du poisson pour son maître

Plein de bonté et de miséricorde.

 

Insouciant, souriant, chantant

Il pousse son fidèle navire

Dans les eaux attentive de la mer d’azur

Quand, soudain, Šutu, l’oiseau Vent du Sud,

Fâché, fait vaciller

La frêle embarcation du pêcheur.

 

Dans une folle colère,

Adapa maudit la sinistre créature

Et de sa rame habile lui brise une aile !

 

Âme, heureux celui qui a le cœur fidèle,

Heureux ceux qui ont été fidèles amis

Sur le long et périlleux chemin de l’amitié !

Âme, chaque jour est à lui seul une vie,

Chaque visage est un pays avec toute la richesse

De ses paysages merveilleux !

 

Le geste forcé d’Adapa bouleverse

L’antique équilibre du monde

Et suscite la céleste colère du dieu Anu,

Père de tous les dieux

Qui convoque l’audacieux pêcheur

Dans son magnifique palais céleste.

 

Ô mystique trichotomie :

Âme, corps, esprit,

Ô vigne, symbole du monde après le déluge,

Ô eau sainte de la vie,

Commencement et mère de tout ce qui existe

Ô pain béni, nourriture et joiede toute existence !

Âme, là où est Dieu,

Là est la place de l’homme !

 

Craignant pour la vie de son bon serviteur,

Le généreux dieu Ea, accueille Adapa,

Lui ordonne de se baigner

Dans les eaux claire d’une source,

Puis défait ses abondants cheveux

Et le revêt d’un vaste habit de deuil

Lui expliquant la conduite à tenir devant Anu,

Le dieu des dieux,

Afin de se faire pardonner son geste malheureux.

Il devra  refuser tout ce qu'Anu lui donnera

À boire ou à manger, mais il doit accepter

Le beau vêtement et l’excellent parfum

Que le dieu tout puissant Anu lui offrira.

 

Ô mort, retour aux éléments primordiaux

Eau, terre, air sombre et venteux, ténèbres !

Ô tristesse hivernale, conscience spatiale,
Incendie du cœur,
Joie indicible de l’âme libérée

Des chaînes rouillées de la chair !

 

Adapa doit commencer par amadouer les dieux

Des hauts palmiers et des suaves dattiers,

Ningishzida et Dumuzi

Qui se tiennent à la porte du ciel

En leur disant qu'il porte le deuil

De leur disparition de la terre

Et ainsi s'attirer leur soutien auprès d'Anu.

L’arc-en-ciel, temple lumineux du Verbe,

Le vent qui souffle en tempête,

Beauté toute-venante, toute-bonne

De la terre en habit bariolé de printemps,

Mélopée poignante des mots, chanson cassée !

 

Arrivé à la demeure céleste du dieu Anu,

Adapa, qui s’était attiré la sympathie

Des dieux de la fertilité Ningishzida et Dumuzi,

Pénètre dans la somptueuse salle du trône de dieu Anu

Et se comporte comme le lui avait conseillé

Son maître le bon dieu Ea,

Il refuse la nourriture et la boisson

Et accepte le vêtement céleste et le parfum divin.

 

Plein d’admiration pour la clairvoyance d’Adapa,

Lui révèle les secrets du ciel

Avant de le renvoyer parmi les vivants sur terre.

 

Ô béate immortalité des dieux face

À la tragique mortalité des hommes !

Magie, médecine, exorcisme

Des habitants du ciel,

Incantation qui apaise toute colère!

Ô silence de l’âme lié à la parole

Par la bonté !

Seigneur, le corps qui habite les songes

Ignore les griffes de la mort,

Pour lui tout est vie dans la vie !

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 2 mars 2020

 

Glose :

 

Mythe d'Adapa : le Mythe d’Adapa, la Légende d'Adapa ou Adapa et le Vent du Sud est un récit mésopotamien écrit en sumérien et en akkadien. Reconstitué à partir de fragments de tablettes découverts à Telle Haddad, El Amarna, Nippur et Ninive, les dates de son écriture varient entre la période paléo-babylonienne (2000-1595 av. J.-C.) et le VIIe siècle av. J.-C.  Mais il pourrait avoir des origines bien antérieures à la période paléo-babylonienne.