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Tu ne peux m'oublier - français

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TU NE PEUX M’OUBLIER

« … j'ai voulu, de toutes mes fautes, tirer un ouvrage
en guise d'avertissement à l'universalité des humains. »

Cao Xueqin

 

Tu ne peux m’oublier, mon ange,

Tu ne peux m’oublier,

Je suis devenu le sens céleste de ta vie !

 

Autour de nous, signe de la vie éternelle,

Fleurissent comme autrefois

Les mauves bougies des crocus !

 

Ah, mon ange, quel pouvoir a l’homme

Qui mendie au matin tardif

Une mince poignée de vive tendresse ?

 

Je ne puis fermer les yeux, mon ange,

Quand je me rappelle que, joyeuse,

Tu prononçais mon nom

En caressant la blanche soie de ton front.

 

Ah, il faut si peu d’amour

Pour faire résonner dans l’air de jaspe

Mon âme devenue harpe

Sous les lestes doigts d’or de la brise.

 

Ces heures d’ocre langueur du soir

Penchées délicatement sur la table

Où repose le pain quotidien

Et le gracieux bouquet de mimosa

Au parfum magique de la Riviera,

Au ciel vêtu de crêpe d’or

 

Ces heures où nous lisions,

Tremblant de plaisir, ébahis,

Dans l’ombre bienveillante du vieux tremble

Le rêve dans le pavillon rouge !

Mais à présent, mon ange, à présent,

Transi de douleur, je regarde en larmes

La mer agitée de toutes ces petites choses

Qui nous séparent !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 8 février 2020

Glose :

Le Rêve dans le pavillon rouge : « Le Rêve dans le pavillon à étage rouge », écrit par Cao Xueqin (曹雪芹- 1715-1763), est le dernier en date des quatre grands romans de la littérature classique chinoise, considéré par  Mao Zedong comme l'une des fiertés de la Chine. Il fut écrit au milieu du XVIIIe siècle durant la dynastie Qing. Il est considéré comme l'un des chefs-d’œuvre de la littérature chinoise, si ce n'est le plus prestigieux, et est généralement considéré comme l'apogée de l'art romanesque.

« Si bien qu'ayant maintenant laissé s'écouler la moitié de mon existence sans me rendre maître d'aucune technique, j'ai voulu, de toutes mes fautes, tirer un ouvrage en guise d'avertissement à l'universalité des humains. »