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JOHN KIPLING - français / anglais

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JOHN KIPLING

John, mon enfant aimé,

Dors en paix à présent

Dans cette tombe anonyme

Quelque part sous la terre

Toute ensanglantée de l’Europe.

 

Toi, prévenant gardien du cimetière anglais,

Joue chaque jour,

À la demande du père effondré,

Le Last Post, la sonnerie aux morts

Des armées britanniques

Sur ce douloureux cénotaphe.

 

Et vous, rustiques fleurs élégiaques des champs,

Couvrez de votre  compassion dévouée

Le corps du jeune homme tombé

Sur le terrifiant champ de bataille.

 

Et toi, olifant affectueux de la lune,

Berce de la galante bonté de ta sonnerie

Le frêle sommeil de son impalpable âme !

 

Chants fébriles des ruisseaux glacés,

Vous qui coulez, vers la turquoise

Méditerranée, vous,

Pleins de compassion divine,

Glorifiez éternellement le nom

De l’adolescent tant aimé !

 

Vents qui avivez l’esprit de l’âtre natal,

Apportez avec le parfum des prairies de l’Europe,

Des accortes nouvelles au père atterré,

Plongé dans le navrante nostalgie

De l’enténébrée solitude !

 

Et vous résilles ocre, retenez

Dans vos fils indéchirables

Les jours qui pénètrent de leur accablante tristesse

L’âme tourmentée de l’univers.

 

Ô air de camélias blanc,

Essuie ce matin sur mes joues

Les larmes acides

De mon cœur exalté !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 6 février 2020

Glose :

Jon Kipling, fils de Rudyard Kipling, mort au combat pendant la Grande guerre, en 1915, dont le père ne se remit jamais.

Cénotaphe (n.m.) : du grec κενοτάϕιον, de kenos, « vide » et taphos, « tombeau ». Un tombeau vide.


ENGLISH :

 

 

John Kipling

 

John, my beloved child,

sleep in peace now

in your anonymous grave

somewhere beneath

the blood soaked soil of Europe.

 

Every day, considerate Custodian of the English Cemetery,

at the request of the grief-stricken father.

you sound the Last Post,

the British Army’s bugle call to the dead

on this mournful cenotaph.

 

And you, rustic elegaic wild flowers,

cover with your devoted compassion

the body of the young man fallen

on the terrifying field of battle.

 

And you, fond hunting horn of the moon,

cradle with the noble goodness of your call

the fragile sleep of his intangible soul!

 

Feverish songs of icy streams,

you who flow towards the turquoise

Mediterranean, you,

full of divine compassion,

eternally glorify the name

of this adolescent so well loved!

 

Winds which arouse the spirit of the native hearth,

bring with the fragrance of European meadows,

comely news to the crestfallen father,

plunged into the heartbreaking nostalgia

of gloomy solitude!

 

And you, ochre fishing nets, hold

in your unassailable threads

the days which penetrate with their overwhelming sadness

the tormented soul of the universe.

 

O air of white camellias,

wipe this morning from my cheeks

the sharp tears

of my exalted heart!

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

 

Mis à jour ( Samedi, 08 Février 2020 15:52 )