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Mère Marie Skobtsov - français

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MÈRE MARIE SKOBTSOV

« À chacun je voudrais donner mon âme
pour que mangent les affamés… »

Sainte Marie de Paris

Ô Mère,

Ce désir absolu du don de soi

Cette soif brûlante du sacrifice total !

 

Je lis votre vie

Saisi d’un tremblement céleste !

 

Matin de la Trinité, canon du matin.

Carillon blanc dans la modeste église.,

Ombres incorporelles !

 

Le vent ami caresse tes cheveux de lin russe

Et boit de ses lèvres assoiffées

Les lourds soucis de ton âme évangélique !

 

Un doux parfum d’aile transparente d’ange,

Au milieu de la claire chaleur des bougies !

 

Et ce chant de jeune enfant

Qui pénètre comme une flèche de lumière

Le cœur debout devant l’iconostase.

 

Ô Mère de toutes les douleurs,

Ô Mère généreuse comme

Les sources printanières,

Viens ce matin, lumière pure,

Descends sur moi et emplis

Mon cœur de l’eau fraîche

De cette joie que seuls les saints connaissent.

 

Et que tes lames rédemptrices

Tombent sur les mots de ma dévotion

Comme une douce pluie d’été

Qui donne vie et bonheur

Aux fleurs et aux buissons fleuris !

 

Ô Dieu, viens soudain à moi !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 12 janvier 2020

 

 

Glose :

 

Mère Marie Skobtsova ou sainte Marie de Paris, en russe Мать Мария (Скобцова), née Élisabeth Iourievna Pilenko le 8 (21) décembre 1891 à Riga, dans le gouvernement de Livonie qui faisait alors partie de l’Empire de Russie et morte le 31 mars 1945 à Ravensbrück,  est une poétesse, mémorialiste et membre de la résistance française, devenue religieuse orthodoxe. Elle a été canonisée comme martyre de la Foi par l’Église orthodoxe (Patriarcat de Constantinople) le 16 janvier 2004.

 

Rentrée dans la propriété de ses parents en Crimée, elle tombe amoureuse d’un jeune officier cosaque, l’épouse et finit par fuir avec lui la Russie et la révolution. Après un long et douloureux périple, au cours duquel elle accouche de deux enfants, la famille arrive à Paris en 1923. Une vie difficile commence, marquée par la pauvreté et les privations. Atteinte d’une méningite, la petite Anastasia meurt en 1926 après une douloureuse agonie au cours de laquelle Lisa (Élisabeth) a la révélation de Dieu : elle parlera même d’une « visitation » Un an après, les époux se séparent et Lisa retrouve l’Église orthodoxe dans laquelle elle va s’investir entièrement .

Elle entre alors dans un organisation russe (ACR) crée pour venir en aide aux nombreux immigrés. Le désir du don de soi et du sacrifice total  grandit..., la pensée qu’elle est une épée dans la main de Dieu ne la quitte plus. En 1932, après avoir divorcé, elle prend l’habit monastique dans l’église Saint-Serge et devient Mère Marie. Sans un sou, elle fonde alors, avenue de Saxe, un accueil pour femmes sans famille. La maison étant devenue trop petite, elle s’installe en 1934 rue de Lourmel. Cette vaste maison délabrée devient un haut lieu de l’orthodoxie d’avant guerre, dans lequel elle accueille sans relâche les plus pauvres, les plus affamés, les plus exclus. Mère Marie se dépense sans relâche pour nourrir son monde. Son programme est simple : « vaincre la démesure du mal par l’amour et le bien sans mesure... « […]Son engagement est total, quasi sans limites. Comme si la nature n’avait pas de lois pour elle. Forte d’une endurance qui lui servira beaucoup sous l’Occupation et en captivité, elle ignore la fatigue et le froid. Il lui arrive de rester des jours entiers sans manger ni dormir.

Mis à jour ( Dimanche, 12 Janvier 2020 16:27 )