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Dans l'empire des rêves - français

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DANS L’EMPIRE DES RÊVES

À Mario de Miranda Quintana

Je ferme les yeux et erre,

À travers la moisson des temps.

 

Les chevaux des vents

M’emportent avec les myriades de hautes nuits

Vers la coupole resplendissante

Des fleurs épanouies des étoiles.

 

Ô cercles palpitants des rêves de lumière !

 

Mon âme suit le vol vertigineux des jours

Sur les ailes alertes des oiseaux

Alors que, douloureux,

Mon corps transi gît

Dans l’herbe sauvage des champs humides.

 

Comme un malade

Pour qui la première neige,

Vue à travers la vitre enfumée

Est une joie indescriptible.

 

Et voici ma ville natale

Dans les bras hâlés

De la somnolente éternité

Qui, comme une jeune enfant

Dort sur un lit d’acacia en fleur,

Recouverte d’un drap de perce-neige

Et de narcisses !

 

Entre les murs des basiliques pensives

Brillent, infatigables,

Les veilleuses qu’entretiennent

Des âmes pieuses !

Elles bercent de leur clarté

Les fresques impériales

Où voguent de songe en songe,

Destabilisant mes certitudes,

Des saints sans nombre.

 

Ö mon ange d’aurore

L’homme qui pieusement s’approche du but

Ne marche pas, il danse

S’assimilant aux immanents génies des astres !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 11 janvier 2020

 

Glose :

 

Mario de Miranda Quintana (1906-1994) était un poète, écrivain, traducteur et journaliste brésilien.

Considéré comme le « poète des choses simples », son style est marqué par l'ironie, la profondeur et la perfection technique. Après avoir grandi dans sa ville natale d'Alegrete, il déménage à Porto Alegre où il étudie au Collège militaire et publie ses premières productions littéraires. Il travaille pour la maison d'édition Editora Globo ainsi que pour la pharmacie paternelle. En 1940, il publie son premier recueil de poésie A Rua dos Cataventos, amorçant ainsi sa carrière de poète et écrivain. Parallèlement, il travaille presque toute sa vie comme journaliste et traducteur, traduisant en portugais plus de cent-trente œuvres de littérature internationale, comme À la recherche du temps perdu de Marcel Proust ou Mrs Dalloway de Virginia Woolf.

De 1953 à 1977, Quintana travaille comme chroniqueur pour les pages culturelles du journal hebdomadaire Correio do Povo. À l'occasion de son soixantième anniversaire, il publie le recueil Antologia Poética comprenant soixante poèmes. Pour cette raison, il est célébré à l'Académie brésilienne de lettres par Augusto Meyer et Manuel Bandera qui récitent son poème Quintanares en son honneur. La même année, il reçoit le prix Fernando Chinaglia de l'Union brésilienne des écrivains récompensant le meilleur livre de l'année. En 1976, à l'occasion de ses soixante-dix ans, il reçoit une médaille de l'État du Rio Grande do Sul. En 1980, il reçoit le prix Machado de Assis, de l'Académie brésilienne de lettres, pour l'ensemble de son œuvre.