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Ah ces volubilis sous la pluie - français

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AH CES VOLUBILIS SOUS LA PLUIE

Ah ces tendres volubilis

Sous les humides baisers de la pluie !

Ô calices lumineux des fleurs

Où dorment, heureuses,

Les heures des brèves journées automnales !

 

Douce géométrie des poèmes,

Frêle poids de l’existence !

 

Odeur de fraises, de safran,

De pruneaux noirs

Et de champignons des bois,

Arôme champêtre de citron,

D’orgeat et de bergamote,

Et, sur la table qu’embellit

Un bouquet de roses pourpres,

Les écrits de saint Photios le Confesseur

Patriarche de Constantinople,

Grand luminaire de l’orthodoxie,

Qui écrit des lettres à son âme

Avec une plume tonique et crue !

 

Mon cœur, il faut que je lave mes yeux

D’eau bénite pour pouvoir

Mieux admirer la beauté

Des branches de syllabes sonores

Qui tremblent sur le tronc généreux du poème

Et mieux voir la secrète lumière

Qui ouvre ses bras et accueille avec douceur

Les palpitations bleues de mes mains   !

 

Et ces souvenances inattendues, mon ange,

Jaillies du fin fond de ma mémoire,

D’une rivière d’événements qui coule en nous

Et nous révèle les trésors oubliés

Des années évanouies de joie blanche

Comme une première neige virginale.

 

Nous, mon ange, de retour

Dans notre terre d’origine

Avec ce silence orange

Qui grandit dans nos poitrines

Tel un mystique soleil ardent !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 16 décembre 2019

 

Glose :

 

Volubilis (n.m.) : plante annuelle aux magnifiques fleurs.

Orgeat (n.m.) : l'orgeat est une boisson à base de lait d'amande et d'eau de fleur d'oranger, qui se boit allongée d'eau. Autrefois, l'orgeat se préparait à partir d'une décoction d'orge et d'amandes. Parfois, on ajoutait à l'orge des graines de melon et de concombre ainsi que des amandes douces pilées.

Saint Photios le Confesseur ou le Grand naquit en 820 dans une famille de la haute noblesse byzantine. Son père, le spartharios Serge, était le frère du Patriarche Saint Taraise (cf. 25 février), et le frère de sa mère Irène avait épousé la soeur de l'impératrice Théodora. Ses parents aimaient les moines et ils souffrirent le Martyre pendant la persécution iconoclaste, laissant ainsi à leur fils en héritage un bien plus précieux que la noblesse et la fortune : l'amour de la Vraie Foi jusqu'à la mort. Doté par Dieu d'aptitudes intellectuelles exceptionnelles, le jeune Photios reçut une éducation des plus raffinées dans toutes les sciences profanes et sacrées. Il passait des nuits entières à l'étude, ne laissant échapper aucun domaine de la connaissance d'alors, et il acquit ainsi un savoir universel qui fit de lui l'homme le plus savant de son temps et la figure centrale de la renaissance intellectuelle de Byzance après la tourmente iconoclaste. Il devint ensuite un professeur renommé de philosophie aristotélicienne et de théologie à l'université impériale fondée dans le palais de Magnaura. Envoyé en mission diplomatique auprès du calife de Bagdad, il rédigea de mémoire, à l'intention de son frère, sa Myriobiblos (« Bibliothèque ») : résumé critique de quelques 280 ouvrages de toutes natures, preuve de l'étendue de ses connaissances. Cette mission ayant été couronnée de succès, il reçut à son retour la dignité de directeur de la Chancellerie impériale (Protasécretis), sans pourtant abandonner ses tâches professorales et ses chères études.