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CHAQUE POEME MON ANGE - français / anglais

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CHAQUE POÈME, MON ÂNGE

Chaque poème, ô mon ange,

Chaque poème est le suave, le mûr fruit

De l’arbre antique de la prophétique insomnie !

 

Pour écrire ses vers, mon ange souriant,

Il faut traverser, pieds nus,

Tant de dunes et tant de déserts arides

Et, loin, mon ange,

Très loin de toute âme secourable,

Imbiber de larmes les pages

De tant de livres pleins de lumière !

 

Supporter la douleur

Des gerçures profondes des lèvres

Qui aiment réciter à haute voix les poèmes

Des poètes devenus des doux souvenirs !

 

Connaître l’histoire,

Clé de toute perception immédiate,

Être l’archiviste des brumes,

Et le photographe des innobrables images flouées.

 

Savoir lire le sens ambrosien

Des traits hachurés des grandes peintures

Et admirer les sons délicieusement élégants

Des plus belles symphonies du monde.

 

Pour écrire ses vers, ô mon ange,

Il faut aimer passionnément tous les êtres vivants,

Des plus merveilleux aux plus humbles

Et tous les paysages que mon cœur traverse.

 

Il faut que, couché dans l’herbe odorante,

Je regarde, pâle et ému, les chœurs resplendissants

Des immortelles constellations

Pour deviner les joies et les souffrance

De chaque étoile !

 

Comme l’abeille, fille de la brise et du soleil,

Lire la poésie de chaque fleur

Et cueillir son amical nectar.

 

Comme saint François d’Assise,

Le plus tendre des amis de Dieu,

Parler avec les oiseaux et les vents

Pour connaître les profonds secrets

Des espaces qu’ils parcourent !

 

Pénétrer avec la souplesse fraternelle des poissons

Les abîmes verts des océans !

 

Laisser voler libre l’âme

Dans les ondes harmonieuses  du ciel,

Mener des conversations intimes

Avec les anges de la beauté,

Leur dire les blessures de la terre

Et révéler les secrets de tes souvenirs

Et la divine plénitude de tes jours tissés de joie !

 

Puis, dans les bras des vents délicats,

Descendre doucement, tout enchanté,

Sur les hauteurs illuminés de la terre

Comme une fine feuille de peuplier,

Retrouver la chaleur du ton foyer natal,

L’amour solaire de tes modestes parents,

La vive tendresse de tes sœurs

Et la vigoureuse amitié de tes frères.

 

Ô âme, pour écrire un poème,

Il faut mourir et renaître des milliers de fois

Écoutant les cantiques des nuits magiciennes,

Sur l’amical oreiller visité par les esprits éthérés !

 

Se taire, se taire, se terre, mon ange,

Pour pouvoir épouser en chantant

Les splendeurs immortelles

De l’univers !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 11 décembre 2019

 

Glose :

Ambrosien, ambrosienne (adj.) : du latin ambrosianus, lui-même d’Ambroise, célèbre évêque et mystique de Milan. Qui appartient à la vision prophétique du monde de saint Ambroise et au rite et chant liturgiques qui lui sont attribués.

 

ENGLISH :

 

Every Poem, My Angel

 

Every poem, O my angel,

every poem is the sweet, ripe fruit

of the ancient tree of prophetic insomnia!

 

To write these lines, my smiling angel,

I have to cross, with bare feet,

so many dunes and arid deserts

and far, my angel,

very far from every helpful soul,

saturate with tears the pages

of so many books full of light!

 

I must endure the pain

of badly chapped lips,

lips which love to recite aloud the poems

of poets now sweet memories!

 

I must know history,

the key to all immediate perception,

I must be the archivist of mists

and the photographer of innumerable blurred images.

 

I must be able to read the Ambrosian meaning

of the cross hatched lines in great paintings

and admire the delightfully elegant sounds

of the world’s most beautiful symphonies.

 

To write these lines, O my angel,

I must love passionately all living beings,

from the most wonderful to the most humble

and every landscape my heart crosses.

 

Lying in the fragrant grass,

pale and full of emotion, I must watch the resplendent choirs

of the immortal constellations

so as to sense the joy and suffering

of every star!

 

Like the bee, the daughter of sun and breeze,

I must read the poetry of every flower

and gather its friendly nectar.

 

Like St Francis of Assisi,

the most tender of the friends of God,

I must speak with the birds and the winds

in order to know the deep secrets

of the spaces where they roam!

 

I must penetrate, with the brotherly suppleness of fish,

the green abysses of the oceans!

 

I must let my soul fly free

in the harmonious waves of the sky,

I must lead private conversations

with the angels of beauty

and tell them of the earth’s wounds

and reveal the secrets of your memories

of the divine plenitude of your days woven with joy!

 

Then, in the arms of delicate winds,

I must descend gently, delightedly,

upon the brightly lit heights of the earth

like a fine poplar leaf,

I must seek out the warmth of your birthplace,

the sunlit love of your modest parents,

the lively tenderness of your sisters

and the vigorous friendship of your brothers.

 

O soul, to write a poem,

I must die and be reborn thousands of times

while listening to the canticles of magic nights

upon the friendly pillow visited by ethereal spirits!

 

I must stay silent, silent, hide, my angel,

 

so as to become one in song

with the immortal splendours

of the universe!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

 

Mis à jour ( Samedi, 14 Décembre 2019 12:03 )