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Si seul est le temps ce matin - français

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SI SEUL EST LE TEMPS CE MATIN

 

Ange, si seul est le temps ce matin,

Si seul le silence qui multiplie

L’innocence agate de nos rêves !

 

Que dire du mutisme orange de l’automne,

Des grains pressés du sablier sur la commode,

Des blessures du dépit mauve des heures,

Des nuages effilochés

Qui voguent doucement

Au-dessus des vergers lourds de fruits et de paix ?

 

Oui, que dire de la peur ancestrale des sentiers

Qui terminent leur hâte essoufflée

Dans les eaux vertes de la mer ?

 

Ici, tout est comme autrefois,

Les murs en pierres blanches de la maison,

Les fenêtres de chêne,

Les cheminées qui gardent les éclats

De notre tendresse joyeuse,

Les voiles roses de l’aube,

L’odeur émouvante de la pluie

Les soirs où pas un vol, pas un bruit,

Rien qui trouble les âmes et la paix

Et cet arc-en-ciel, ce pont céleste

Qui unit nos pensées

Et rend plus pure autour de nous

L’odeur résineuse des sapins !

 

Ah cette fraîcheur de poires mûres

Dans les vallées paisibles de nos âmes,

Le crépuscule aussi léger que les poèmes

De Rosario Castellanos !

 

Derrière le portail du jardin attristé,

Les sons cristallins des clochettes d’argent

Annonce déjà l’arrivée discrète de l’hiver !

.

Je suis toujours là, mon ange,

Assis auprès de la claire douceur de ton âme !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 8 novembre 2019

Glose :

Rosario Castellanos (1925-1974) : poétesse mexicaine

Elle passa son enfance à Comitán, dans le Chiapas. Elle y fut témoin des conditions de vie et de travail des Indiens Mayas. Ses parents, des propriétaires terriens, durent s'installer à Mexico lors des réformes de Lázaro Cárdenas lorsque Rosario Castellanos avait seize ans. Après une maîtrise de philosophie à l’Université nationale du Mexique, elle partit étudier l'esthétique à l'Université de Madrid grâce à une bourse de l'Institut de Culture hispanique. Elle soutint en 1950 une thèse sur la culture féminine. Elle bénéficia aussi d’une bourse Rockfeller au Centre mexicain des écrivains, de 1954 à 1955.

Elle commença par travailler au poste d'animatrice culturelle à l'Institut des Sciences et des Arts de Tuxtla Gutiérezn. En 1958, elle reçut le Prix Chiapas pour Balún Canán, roman autobiographique narrant l'enfance d'une petite fille. Elle travailla ensuite comme directrice générale d'Information et de Presse de la Universidad Nacional Autónoma de México (1960-1966). Le Prix Xavier Villauruti lui fut attribué pour Ciudad real en 1961. De 1971 à 1974, elle fut ambassadrice du Mexique en Israël où elle mourut.