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Merci, mon Dieu - français

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MERCI, MON DIEU

« Ce corps qui souhaitait fleurir comme une branche »

 

Georges Séféris

 

Merci mon Dieu, pour tout ce que tu as donné

À mon âme chargée

De roses légères et de tristesse lilas,

Merci pour l’aube ornée de perles de lumière,

Pour la journée vêtue de fine tunique d’azur

Et pour le crépuscule incrusté de pivoines.

 

Merci pour ma maison

Où règne une paix heureuse de capucines,

Un silence d’ibis et d’or

Et cette vapeur suave d’encens et de myrrhe !

 

Merci pour la beauté de mon jardin

Et la douceur psalmique des champs

Où librement mûrit le pain évangélique,

Pour la lune dans sa plénitude

Et le soleil triomphal !

 

Merci, mon Dieu, pour mon cœur rempli

De chants célestes et de chagrin d’archange,

Du bleu fleurdelisé des livres

Et pour cette lumière que tendrement tamisent

Les feuilles émues des peupliers pensifs.

 

Merci pour les montagnes émeraude,

Pour les yeuses vigoureuses,

Pour toutes les rivières aux eaux cristallines

Qui courent vers l’âme étincelante

Des océans ouverts à la clarté des cieux !

Merci pour les clepsydres,

Œuvre des hommes ingénieux,

Qui mesurent l’écoulement du temps.

 

Merci pour tout ce qui respire et vit,

Herbes et fleurs, ruisseaux et arbres,

Pour les navires qui partent,

Pour les navires qui reviennent

Unissant les continents

Et les cœurs des hommes !

 

Merci, mon Dieu, merci pour cette nuit

Où seul sous les cieux aux étoiles sans nombre,

Dans l’ombre absolue de mes larmes d’enfant

Je peux parler encore avec toi, mon Dieu !

 

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 30 septembre 2019

Glose :

Georges Séféris, en grec moderne Γιώργος Σεφέρης, est le nom de plume du poète grec Yórgos Seferiádis (Γιώργος Σεφεριάδης), lauréat du prix Nobel de littérature en 1963. Il est né le 13 mars 1900 à Smyrne, l'actuelle Izmir (Turquie), et mort le 20 septembre 1971 à Athènes. Son enfance sur les rivages de l'antique Ionie,  à Smyrne et Clazomènes,   dans cette patrie perdue après la Grande Catastrophe de 1922, a marqué la poésie de Georges Séféris qui se définissait lui-même comme « non pas Grec, mais hellénique » : il affirmait par là son appartenance à « ce qui n'est pas seulement l'humble petit pays balkanique », mais l'immense espace spirituel du Grand Hellénisme dans sa continuité ininterrompue de plus de vingt-cinq siècles.

 

Clepsydre (n.f.) : à l'origine, la clepsydre est un instrument à eau qui permet de définir la durée d'un évènement, la durée d'un discours par exemple. On contraint la durée de l’évènement au temps de vidage d'une cuve contenant de l'eau qui s'écoule par un petit orifice. Dans l'exemple du discours, l'orateur doit s'arrêter quand le récipient est vide. La durée visualisée par ce moyen est indépendante d'un débit régulier du liquide ; le récipient peut avoir n'importe quelle forme. L'instrument n'est donc pas une horloge hydraulique.

Le mot clepsydre provient du grec κλεψύδρα / klepsydra, repris par le latin clepsydra. Ce nom est formé des éléments grecs κλέπτειν / kleptein, « voler », et ὕδωρ / hudor, « eau ».

Il est associé à deux sources grecques2:

  • à Messène, la source de Clepsydre, dont l'eau alimentait la fontaine Arsinoé.
  • à Athènes, sous l’Acropole, l'eau de la fontaine Clepsydre alimentait la clepsydre monumentale de l’agora d’Athènes.

Yeuse (n.f.) ou Chêne vert (Quercus ilex) est une espèce d'arbres à feuillage persistant de la famille des Fagacées, présent sous forme de bois clairs dans les garrigues. Il est parfois appelé Chêne faux houx, allusion au fait que ses feuilles ressemblent à celles du houx.