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Watteau - Les Fêtes vénitiennes - français/ anglais

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WATTEAU – LES FÊTES VÉNITIENNES

 

Cette atmosphère éthérée,

Cette élégante légèreté des personnages

Que bagne un flou voluptueux

Et tendrement embrumé !

 

Cette danseuse sublime

Au visage de nacre,

Dans sa splendide robe de soie

À la douce couleur indécise

Dansant le menuet.

 

Elle, debout, au milieu de la scène,

La tête d’une beauté éblouissante,

D’une pâleur de fleur de lys,

Légèrement levée vers le ciel,

Entourée de toute une série

De personnages perdus

Dans leurs rêves mélodieux.

 

Ah, ces pieds menus

Dans des chaussures exquises,

Ces gestes plus aériens que l’air,

Le vase Médicis,

La statue lascive sur le muret,

Les arbres

Comme figés à jamais,

Dans leur désir de lumière.

 

En face d’elle, ce danseur étrange,

Au chapeau noir,

En amusants habits de comédien italien !

 

Et là, derrière, au fond de la scène,

Watteau lui-même,

En costume de fête,

Assis comme musicien tenant

Une cornemuse de cour.

 

Et partout, ces âmes ardentes,

Cette rumeur de mots d’amour

Et de baisers pudiques,

Ce ciel en attente de clarté !

 

Mon ange, je ferme les yeux

Et toute cette féerie

Continue de vibrer

Longtemps, très longtemps

Dans mon âme passionnée de beauté !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 28 septembre 2019

Glose :

Les Fêtes vénitiennes, tableau peint vers 1718-1719, a été nommé ainsi, a posteriori (après la mort de Watteau), en écho à l'opéra-ballet d’André Campra (1710).

 

Le vase Médicis est un cratère en cloche en marbre néo-attique généralement daté du milieu du Ier siècle av. J.-C.   Il doit son nom à la famille Médicis qui en a été le propriétaire au XVIe siècle. Il est aujourd'hui exposé à la Galerie des Offices de Florence.

 

Cornemuse : la cornemuse est un instrument de musique à vent  et plus particulièrement à anches. Elle est mentionnée dès l'époque gréco-romaine : les Grecs l'appelaient ἄσκαυλοςáskaulos et chez les Romains, elle se nommait tibia utricularis. On suppose que la cornemuse prendrait ses origines en Égypte antique, car de nombreuses représentations de chalumeaux doubles, tant chez les Grecs (aulos bicalame, de calamus = roseau en latin) que chez les Égyptiens montrent l'importance de cet instrument. Des débris de ce dernier ont été retrouvés dans des pyramides égyptiennes datant d'environ 300 ans av. J.-C. Aristophane (vers 450-386 av. J.-C.), poète comique d'Athènes, s'en moquait déjà. En théorie, il serait arrivé en Europe grâce aux Grecs, puis aux Romains et au commerce avec les Celtes tout autour du bassin méditerranéen. En effet, d'après Procope (fin ve s. – vers 562) cet instrument aurait été l'instrument de marche des légions romaines. Mais rien ne permet de conforter cette théorie au vu du peu de témoignages dont nous disposons.

Instrument pastoral à l'origine, elle a développé au cours des siècles un répertoire à part entière qui culmine avec la musique de cour et la musique militaire.

L'adjonction d'un réservoir (poche) à un hautbois à anche double ou à anche simple, constitue l'une des particularités de l'instrument qui permet alors un jeu continu (similaire au souffle continu) et puissant, une autre étant l'adjonction de tuyaux complémentaires à anche simple ou double (semi-mélodique ou bourdon) amplifiant encore la puissance sonore et l'effet polyphonique.

Le joueur de cornemuse est appelé « cornemuseux » ou « sonneur » en France et, biniaouer en Bretagne. Il est appelé piper en Irlande ou en Grande-Bretagne, gaitero en Espagne, gaiteiro au Portugal.

 

ENGLISH :

 

Watteau: Les fêtes vénitiennes

 

The ethereal atmosphere,

the elegant frivolity of these characters

bathed in a voluptuous

and tenderly misty haze!

 

This sublime dancer

with a face of mother of pearl,

dancing the minuet

in a splendid silk robe

of a soft indistinct colour.

 

She stands in the middle of the scene,

her dazzlingly beautiful head,

pale as a lily,

lightly raised towards the sky,

surrounded by a whole set

of characters lost

in their own melodious dreams.

 

Ah, the small feet

in exquisite shoes,

the gestures lighter than air,

the Medici vase,

the lascivious statue on the little wall,

the trees

as if forever frozen

in their desire for light.

 

Opposite her, the strange dancer

with the black hat,

dressed in the amusing costume of an Italian actor!

 

And there, behind, at the very back of the scene,

Watteau himself,

in festive costume,

seated dressed as a musician holding

a court bagpipe.

 

And everywhere, passionate souls,

the murmur of words of love

and modest kisses,

the sky waiting for the light!

 

My angel, I close my eyes

and all this magnificent vision

continues to resonate

for a long time, a very long time

in my soul with its passion for beauty!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

 

 

 

Mis à jour ( Dimanche, 29 Septembre 2019 18:07 )