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L'escalier qui monte au Royaume - français

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L’ESCALIER QUI MONTE AU ROYAUME

 

« Hâte-toi d’entrer dans la chambre nuptiale de ton cœur,
là tu trouveras la chambre nuptiale du ciel »

 

Saint Isaac de Ninive

 

Ange qui rend joyeux le monde,

Ange dont la beauté du cœur devient cosmique

Et l’espérance sans limite.

 

Je marche ébloui dans les champs

Couverts de lavande, de menthe poivrée, de sauge,

Embaumés par les hespéridés et les petits grains

Et je répète les paroles aériennes

De saint Isaac de Ninive :

« Je veux un cœur qui s'enflamme de charité
Pour la création entière, pour les hommes,
Pour les oiseaux, pour les bêtes,
Pour les démons, pour toutes les créatures.
Priez aussi pour les animaux et même pour les reptiles,
Dignes eux aussi d'une pitié infinie. »

 

Chambre nuptiale du cœur,

Chambre nuptiale du ciel,

Ô mon ange, on entre par une seule et même porte
Dans ces deux chambres qui ne sont qu’une !

 

Qu’il est doux de porter dans son âme

Des rêves célestes !

 

Quand le lune rouge et blanche

Monte dans le firmament,

Je sais que tu viendras

Des roses pleines les mains.

 

Car ta tendresse est partout…

Dans la divine musique de Bach,

Dans les fleurs et les arbres,

Dans le chant des cloches des églises,

Dans les hymnes des rivières et des sources !

Toi, mon amie, toi qui sais
Que l’escalier qui monte au Royaume immortel
Est caché au plus profond de mon cœur.

 

Athanase Vantchev de Thracy

Paris, le 9 septembre 2019

Glose :

Isaac de Ninive (Qatar, VIIe siècle) ou Abba Isaac ou Isaac le Syrien, monastère de Rabban Sabor, dans le Khuzestan, est un ascète, écrivain, évêque, mystique et théologien de l’Église orthodoxe. C'est un des plus grands spirituels de l’Orient chrétien où son influence reste remarquable..

Son renom de sainteté se répandit dans l'Empire perse au point que les habitants de Ninive le réclamèrent comme évêque. Il abdiqua seulement cinq mois plus tard pour se retirer comme anachorète au mont Matout.

Les raisons de son départ de l'épiscopat restent incertaines. Selon les sources, on peut soit penser à un départ volontaire (deux fidèles, qui lui avaient demandé de trancher leur différend, repoussèrent ses conseils évangéliques en lui disant : « Laisse ton Évangile en dehors de cette affaire !... » Isaac se dit alors : « Si les gens ne sont pas disposés à se soumettre aux préceptes du Christ, qu'ont-ils besoin de moi ? ») ou sous la pression (certains pensent que la doctrine spirituelle d'Isaac fut combattue par certains de ses confrères dans l'épiscopat, jaloux de son prestige).

Il y vécut dans la solitude, mangeant peu (trois pains par semaine et quelques légumes crus). Une lecture assidue des Livres Saints et d'abondantes larmes de componction lui usèrent la vue. Alors, pratiquement aveugle, il se retira au monastère de Rabban Shabbour (Saint-Sapôr), où il dicta ses œuvres à ses disciples.

Sa pensée fait la synthèse des grands courants spirituels du christianisme ancien : celui d’Évagre le Pontique, plus spéculatif, qui met l’accent sur la purification de l’intellect ; celui de Macaire, plus biblique, centré sur les thèmes du « cœur » et de la « plénitude du Saint-Esprit » ; celui d’Origène avec l’espérance du salut universel.

Pour Isaac, les voies de la connaissance de Dieu sont existentielles : la foi, la prière, l’humilité, la purification de l’esprit et son union avec le cœur. Alors le cœur s’élève jusqu’à ce qu’il atteigne les hauteurs de l’amour et que la joie demeure au fond de lui. La prière devient « spontanée » : l’homme devenant sanctifié, « qu’il mange, boive ou dorme, le parfum de la prière s’exhale spontanément de son âme ». Il réalise l’amour évangélique du prochain, devient un être d’accueil, de miséricorde, de bénédiction.