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Le célest guqin - français / anglais

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LE CÉLESTE GUQIN

Comme la fine brise de soie bleue

Fait vibrer en passant  le cœur léger des feuilles

Ainsi, ô toi, gracieuse petite princesse,

Tu pinces de tes doigts aériens

Encore humide de rosée

Les cordes délicates du guqin !

 

Certains soirs, pour distraire

Ton tendre cœur d’enfant raffinée,

Tu convoques à tes côtés

Tes généreux antiques ancêtres !

 

Respirer en cadence

La vie au-delà de la vie,

Les pensées qui se perdent

Et reviennent purifiées !

 

Ô cœur transparent de l’enfant,

Toi qui seul connais vraiment

Le sens de secrètes oraisons,

Toi qui chemines avec les chœurs des esprits célestes

À toute heure !

 

Ô sonorité douce du guqin,

Chant sublime des hauts lettrés de Chine,

Ô cithare

Avec ta subtile tessiture de quatre octaves !

 

Joue, joue avec la nuit, ma petite princesse angélique,

Fais sangloter d’admiration, dans la nuit de saphir,

Les cordes émues de ton céleste instrument !

 

Toi, devenue musique dans ta robe blanche,

Toi, toute tremblante dans  l’air qui enchante

L’immobilité extatique des anges !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 11 juin 2019

Glose :

Le guqin ; (chinois : 古琴) littéralement « instrument à cordes ancien »), ou qin, est un instrument de musique traditionnel chinois à cordes pincées de la famille des cithares (中華絃樂噐). « Le Guqin et sa musique » ont été inscrits par l’UNESCO en 2008 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Il est joué depuis les temps anciens, et fut traditionnellement apprécié et considéré par les lettrés comme un instrument raffiné, d'une grande subtilité. Mis en valeur par la citation « Un gentilhomme ne se sépare pas de son qin sans bonne raison », il est aussi associé à l'ancien philosophe chinois Confucius. Les Chinois font parfois référence au guqin comme « le père de la musique chinoise » ou « l'instrument des sages ».

Autrefois, l'instrument était simplement appelé qin, mais à partir du vingtième siècle, le terme a été appliqué à divers autres instruments tels que le Húqin et le Yangqin. Le préfixe gu- (signifiant « ancien ») a été rajouté par la suite pour lever l'ambiguïté. Il peut aussi être nommé qixianqin (littéralement « instrument à sept cordes »). Le guqin ne doit pas être confondu avec le Guzhzng, une autre cithare longue chinoise également dépourvue de frettes (petite barrette, souvent métallique, placée en travers du manche de certains instruments de musique à cordes) mais possédant un chevalet mobile sous chaque corde.

 

Le guqin est un instrument au son doux, doté d'une tessiture de quatre octaves. Ses cordes à vides sont accordées dans le registre des basses et son degré le plus bas est de deux octaves sous le do, à savoir la même plus basse note que le violoncelle. Le son est produit en pinçant les cordes, à vide, en les appuyant sur la touche ou en utilisant des harmoniques. L'instrument est capable d'un grand nombre d'harmoniques, dont 91 couramment utilisées et indiquées par des points sur la touche. Traditionnellement le guqin avait à l'origine cinq cordes, mais d'autres qin en possédant 10 ou plus ont été trouvés. Sa forme moderne a été standardisée il y a deux millénaires.

 

ENGLISH :

 

The Celestial Guqin

 

Just as the fine breeze of blue silk

makes the light hearts of the leaves shiver as it passes,

thus you, O gracious little princess,

pluck with your ethereal fingers

still damp with dew

the delicate strings of the guqin!

 

On certain evenings, to divert

your refined child’s heart,

you call to your sides

your generous ancient ancestors!

 

To breathe rhythmically

the life beyond life,

the thoughts which go astray

and return purified!

 

O transparent child’s heart,

you who alone truly know

the meaning of secret orisons,

you who walk with the choirs of celestial spirits

at every hour!

 

O sweet sounds of the guqin,

sublime song of the noble literati of China,

O cithara

with your subtle range of four octaves!

 

Play, play with the night, my little angelic princess,

make the strings of your celestial instrument, so deeply moved,

sob with admiration in the sapphire night!

 

You, in your white dress, you who have become music,

you, all atremble in the air that enchants

the ecstatic stillness of the angels!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Samedi, 15 Juin 2019 19:05 )