Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

La profondeur des ombres - français

PDF
Imprimer
Envoyer

LA PROFONDEUR DES OMBRES

« L’Indien s’est assis accroupi
comme un tas de cendres
et il n’a rien fait d’autre que penser…
»

Ernesto Cardenal

 

Ernesto Cardenal, bonjour, Ernesto Cardenal,

Bonjour au poète et au prêtre, serviteur de Dieu,

Bonjour à l’Homme au cœur de soleil !

Moine, chevalier rural et terrien !

 

J’aime ta langue, Ernesto Cardenal,

Ta langue traversée de bruit et de fureur,

Ta pensée toujours plus juste,

Toujours plus vaste !

 

Toi, l’ami de Dieu,

Bien engoncé dans la tristesse,

L’Homme au cœur aussi miséricordieux

Que les eaux paisibles de l’océan,

L’Homme qui a toujours haï,

Dans des gestes larges et débordant d’amour,

Le sens mesquin et infâme de la vilenie

Et l’inexpressivité des mouvements du cœur humain !

 

Ton sang taraudé par la nostalgie

Coule dans les champs de coquelicots

De ta patrie bien-aimée,

Dans les pivoines rouges des veines

De tant de vies ordinaires

Manquées, ratées et gâtées !

 

J’aime, Ernesto Cardenal, j’aime

Tes poèmes simples, lumineux, impeccables,

Sobres et pugnaces,

Tes mots plus clairs et plus directs

Que la lumière de l’aube !

 

Ce soir, je lis tes vers –

Interdit, je regarde l’azur,

J’entends le frémissement d’une aile d’oiseau

Et je sais que tant qu’il y aura des Hommes

De lumière comme toi

La vie ici bas, dans ce monde de soupirs et de terreur,

Sera encore possible !

 

Oui, possible ! Possible, Ernesto Cardenal !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 7 juin 2019

 

Glose :

Ernesto Cardenal (né à Granada, Nicaragua le 20 janvier 1925) est un prêtre catholique nicaraguayen, théologien, poète, sculpteur et homme politique. Pour quelque temps moine trappiste, il devient une figure importante du Nicaragua, dont il est ministre de la Culture de 1979 à 1987, tout en continuant à promouvoir la théologie de la libération.


Au début des années 1940, sous l’influence de Pablo Neruda, il écrit des poèmes au rythme élégiaque d’une grande prolixité dans la métaphore. Vers 1950, il s’enthousiasme pour l’histoire centraméricaine et écrits sur des sujets épiques ou historiques. Autour de 1960, sa poésie s’emplit d’un réalisme mystique. Dans les années 1970, il est le représentant principale du courant poétique extérioriste.