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SENSATION NOCTURNE - français

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SENSATION NOCTURNE

« Quand je me lève

Il titube –

Le ciel étoilé »

Sumitaku Kenshin

 

La ville au bout de la nuit,

Le sommeil blanc comme

Les fleurs du jasmin,

Un oiseau matinal appelle

De son chant clair l’aurore.

 

Tes yeux de myosotis

Brillent dans la pénombre

Et illuminent l’immense solitude !

 

Ma voix qui colle à la gorge,

Des mots qui hantent

Les vieilles meurtrières d’une lassitude

Exacte, précise, active !

 

Exorcisme et péroraison,

Saison avancée des semailles !

 

Et vous, mes morts aimés

Qui ne parlent plus

Que la langage des racines et des fleurs !

 

Ange, j’ai tellement enjolivé ton visage

Qu’il est devenu plus pur que l’azur !

 

Déjà les chaudes persiennes

Laissent pénétrer

Les premières lueurs du jour !

 

Il faut vivre, il faut vivre encore !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 6 juin 2019

Glose :

Sumitaku Kenshin (1961-1987) : poète japonais de la seconde moitié du xxe siècle (fin de l'Ère Shōwa). Né Harumi Sumitaku, il est plus connu sous son seul prénom de plume Kenshin (顕信?, signifiant « dévotion »).

Prêtre bouddhiste diagnostiqué avec une leucémie aiguë à 23 ans, il a consacré au poème court les vingt derniers mois de sa vie. Météore du haïku, au destin littéraire plus bref encore que ceux des mélancoliques tuberculeux Takuboku (1886-1912) et Kajii (1901-1932), Kenshin a laissé 281 haïkus qui ont marqué une génération. Les Japonais l'appellent « le poète du haïku de l'âme ».