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Kûkai - français / anglais

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KÛKAI

 

Toi, Kûkai, source de larmes et de repentir,

Face aux rayons du midi et des montagnes vernales,

Toi qui sais comment le corps rompu de fatigue

Peut résorber les vieilles plaies de l’âme

Par le regard rempli de lumière

Et la douceur rayonnante et solaire des prières !

 

Toi, le moine reclus, le jeûneur,

Le sonneur des cloches,

Maître  de la pénétration intérieure

Terriblement clair, pur et léger !

 

Toi, la parole divine, étincelle de l’âme,

Spontanéité totale

Et porteur de la vie dans la grâce

Imperceptiblement respirant l’éternité !

 

Toi qui sais que la grâce de Dieu

Demeure à jamais immaculée.

 

Discrètement, humblement,

Timidement,

Je viens déposer à tes pieds

La pesante angoisse de mon cœur !

 

Toi qui restes plus haut

Que la confusion de ce monde

Dans l’innocence anxieuse

Et l’épopée nue de ton être !

 

Que fleurissent autour de ta tombe sacrée

Les fleurs de nigelle bleues et blanches,

Ô Kûkai, dans la fraîcheur embaumée

D’un soir d’été  lumineux !

 

Ô rudes chemins des montagnes,

Denses futaies et rocs durs

Qui mènent à la demeure éternelle

Du fils aimé du soleil et des nuages pérennes,

Là, sur l’autre rive du ruisseau clair !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 2 juin 2019

 

Glose :

Kūkai (空海?,  31 juillet 774 – 22 avril 835) plus connu sous le nom de Kōbō-Daishi (弘法大師?), est le saint fondateur de l'école bouddhiste Shingon. Il est aussi une figure marquante de l'histoire du Japon : son esprit universel a fortement influencé la culture et la civilisation japonaise. Il était non seulement un grand religieux, mais aussi un éminent homme de lettres, un philosophe, poète et calligraphe. Toute sa vie il manifesta une grande bienveillance pour tous les êtres, et c'est pour cette raison qu'il est encore, de nos jours, si populaire au Japon.

 

Il naquit en 774, au village de Byōbuga-ura, dans l'île de Shikoku. Sa famille était prospère, son père avait exercé le rôle de gouverneur de province. Il était le troisième enfant et reçut le prénom de Mao, qui signifie « Poisson de vérité ». Manifestant très tôt une remarquable intelligence, il fut appelé Tōtomono, le « précieux ». Déjà dans ses jeux, il montrait une profonde attirance pour la religion car il avait l'habitude de façonner des Bouddhas en argile pour ensuite les prier sur des petits autels. À l'âge de 15 ans, il se rendit à la capitale, Nara, auprès de son oncle, savant renommé, précepteur à la cour, pour étudier les belles lettres chinoises et les textes du confucianisme. Inscrit au collège gouvernemental à 18 ans, il étudia assidûment durant deux ans ; devant ses brillants résultats la famille espérait qu'il deviendrait haut fonctionnaire à la capitale, mais le jeune Kūkai s'intéressait plus au bouddhisme qu'à sa carrière. Il étudiait également les textes anciens du bouddhisme traditionnel de Nara. Comprenant la vanité de ses études laïques, il quitta le collège malgré la forte opposition de son entourage.

 

Vernal, vernale (adj.) : du bas latin vernalis, « printanier ». Qui appartient au printemps, qui a lieu au printemps.

La nigelle est une plantes annuelle de la famille des Renonculacées originaire du sud-ouest de l’Asie. Les graines sont utilisées comme remède traditionnel ou comme épice dans de nombreux pays. Potentiellement toxiques en raison de la présence de terpénoïdes et d'alcaloïdes, elles peuvent toutefois être consommées sans danger en petites quantités.

Synonymes : Herbe aux épices, Cheveux de Vénus, Barbe des Capucins, Patte d'Araignée, Barbiche, Cheveux d'Ange.

 

ENGLISH :

 

Kūkai

 

You, Kūkai, source of tears and repentance,

facing the rays of the midday sun and the spring mountains,

you who know how a body broken by fatigue

can lessen the soul’s old wounds

through eyes filled with light

and the shining sunlit sweetness of prayers!

 

You, the reclusive monk, the one who fasts,

the sounder of bells,

master of inner penetration,

utterly clear, pure and light!

 

You, the divine word, spark of the soul,

total spontaneity

and bearer of life into grace

imperceptibly breathing eternity!

 

You who know that the grace of God

remains for ever untainted.

 

Discreetly, humbly,

timidly,

I come to lay at your feet

the heavy anguish of my heart!

 

You who remain above

the confusion of the world

in the anxious innocence

and the naked epic of your being!

 

May there bloom around your sacred tomb

blue and white flowers of Love-in-a-Mist,

O Kūkai, in the balmy freshness

of a luminous summer’s evening!

 

O rough mountain roads,

dense forests and hard rocks

leading to the eternal dwelling place

of the beloved son of the sun and the perennial clouds,

there, on the other side of the clear stream!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Lundi, 03 Juin 2019 17:51 )