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Nil desperandum - français / anglais

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NIL DESPERANDUM

(Ne jamais désespérer)

Ample mélodie de la nuit, somptueuse musique

Tissée de milliers de suaves chuchotements,

De myriades de voix, de rires, de soupirs et des sanglots,

Du foisonnement luxuriant des mousses et des lichens,

Du bruissement des buissons tremblants et des pierres éveillées,

De l’ondulation harmonieuse des herbes grasses,

Du chant délicat des fleurs

Et du doux balancement de l’air toujours inquiet !

 

Voix paisibles des esprits célestes,

Battements ardents du cœur brûlant de la terre,

Pure balancement des arbres évanescents

Du maître du mouvement Alexandre Hollan !

 

Tempêtes de neige et de sable, fiévreux vents vagabonds,
Éclats des foudres qui clivent les rocs,

Frissons, stupeur et épaisseur des poèmes,

Cantiques de la mer inaltérée

Sous mes paupières enflammées,

En proie ébahie de l’immense solitude !

 

Des voix, des voix, des voix !

 

Toutes ces énigmes de saphir,

Ces oiseaux ménestrels

Des hautes frondaisons qui serrent

Leurs corps fragiles les uns contre les autres

Pour se tenir chaud.

 

Et cette façon inattendue de vivre des grands poètes,

La lenteur intense des œuvres de leur génie

Savamment, distinctement couchées

Sur la blancheur solennelle des pages

Qui révèlent les accidents harmonieux

De leurs paroles de diamant !

 

Et puis, il y a toi mon ange irisé

Par l’exaltation de l’instant

Qui sait t’exprimer si gracieusement !

 

Il y a le royaume taciturne de ma riche bibliothèque

Et la respiration substantiellement vraie des livres !

 

Des voix, des voix, des voix !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 25 mai 2019

 

Glose :

Alexandre Hollan , le peintre des arbres, est né à Budapest en 1933.
Il vit en France depuis 1956 et a suivi à Paris l’enseignement des écoles des Beaux-arts et des arts décoratifs. Il partage son temps entre les garrigues du Languedoc et ses ateliers de Paris et Ivry. 


Hollan interroge le mystère du regard et de la couleur à travers deux grands thèmes: les arbres et les “vies silencieuses”. Dans cette recherche, ses notes sur la peinture accompagnent son travail (Je suis ce que je vois, tomes 1 et 2, éditions Le Temps qu’il fait).


Yves Bonnefoy lui a consacré plusieurs textes, L’arbre au-delà des images, éditions William Blake & Cie et une monographie, La journée d’Alexandre Hollan, éditions Le temps qu’il fait.


Le dialogue du peintre avec des poètes tels Jacques Ancet, Philippe Jaccottet, Claude Louis-Combet, Luis Mizon, Salah Stétié, Pierre-Alain Tâche, Jong N.Woo, Louise Warren, etc. a donné lieu à plus de quarante publications de livres d’art et livres d’artistes.

 

Ménestrel (n.m.) : musicien ambulant ou engagé par un seigneur, qui, au Moyen Âge, accompagnait un chanteur ou qui récitait et chantait des pièces de vers, le plus souvent de sa composition, en s'accompagnant d'un instrument.

Ménestrandie (n.f.) : art, musique du ménestrel; troupe de ménestrels ou corporation des ménestrels.

 

ENGLISH :

 

Nil Desperandum

 

Rich melody of the night, sumptuous music

woven from thousands of sweet whispers,

myriads of voices, laughter, sighs and sobs,

from the lush profusion of mosses and lichens,

the rustling of trembling bushes and awakened stones,

the harmonious undulation of the thick grasses,

the delicate song of flowers

and the gentle swaying of the ever unquiet air!

 

Serene voices of celestial spirits,

fervent beating of the burning heart of the earth,

pure swaying of the evanescent trees

of the master of movement, Alexandre Hollan!

 

Tempests of snow and sand, feverish vagabond winds,

lightning bolts that cleave the rocks,

the thrill, astonishment and depth of poems,

canticles of the changeless sea

beneath my burning eyes,

in the astounded grip of immense solitude!

 

Voices, voices, voices!

 

All these sapphire enigmas,

these minstrel birds

in the tall foliage pressing

their fragile bodies one against the other

to keep warm.

 

And this unexpected way of living of great poets,

the intense slowness of their works of genius,

cleverly, clearly laid

upon the solemn whiteness of the pages

which reveal the harmonious accidents

of their diamond words!

 

And then there is you, my angel,

iridescent from the exaltation of the moment

you who know how to express herself so gracefully!

 

There is the taciturn kingdom of my rich library

and the substantially true breath of books!

 

Voices, voices, voices!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton nHodges

Mis à jour ( Lundi, 27 Mai 2019 18:48 )