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Licoris pleure Zoïle - français

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LICORIS PLEURE ZOÏLE

(aporie)

« J’essaie de t’avouer le souci de mon cœur
Et mon désir de toi : alors les mots s’enfuient,
Courant dessus ma peau une sueur me glace… »

 

Valerius Ædituus

 

La belle Licoris, en tunique blanche,

Les cheveux blonds cachés sous un voile mauve,

Pleure sur la tombe fraîche de Zoïle, son amant.

 

Elle pleure toutes les larmes de son corps

Et, en sanglotant, répète son nom bien aimé.

Comment pourrait-elle oublier un si doux échanson

Et sa belle simplicité sans art ?

 

Dois-je, dit-elle, mourir at reposer près de toi,

Qu’ensevelis, nos corps soient unis par la mère terre à jamais,

Ou torche vive de passion, dois-je

Trouver consolation dans l’étreinte d’un nouvel amour,

 

Ses paroles s’en vont au vent

Ou se noie dans l’onde bleue du fleuve

Et de sa tendre main de sardoine,

Elle essuie une dernière larme brûlante.

 

Ô sauterelles, ô rossignols des guérets,

Donnez une réponse juste à la belle Licoris

Car les griffes de la tristesse

Ont pénétré jusqu’à sa tendre âme !

 

Athnase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 19 mai 2019-05-19

Glose :

 

Aporie (n.f.) : du grec aporia, « embarras, difficulté ». Contradiction insoluble qui apparaît dans un raisonnement.

 

Valerius Ædituus : on ne sait rien de ce poète qu’Aulu Gelle qualifie seulement de vetus poeta (ancien poète). Il reste de lui quelques épigrammes : J’essaie de l’avouer – épigramme inspirée non pas d’un, mais de deux poèmes de Sappho ; le célèbre fragment 2, Phainetai ùoi… (Celui-là me paraît l’égal des dieux… », bientôt paraphrasé par Catulle et magnifiquement commenté par l’auteur du traité  Du Sublime, chap. 8, et aussi le fragment 160, Thetô ti eipèn… (J’ai envie de te dire quelque chose, mais la honte m’empêche… »


Pseudo-Longin (en grec ancien Λογγίνος / Loggínos) est le nom donné par les modernes à un écrivain grec anonyme du Ier ou IIIe siècle apr. J.-C., auteur du Traité du sublime, ouvrage qui a longtemps été attribué à Longin.

Son auteur est inconnu. On lit, en tête du manuscrit de référence, les mots « Dionysius ou Longinus », inscription que le copiste médiéval a lu comme étant « par Dionysius Longinus », si bien que lorsque le manuscrit a été imprimé, l'ouvrage a été initialement attribué à Longin (Cassius Dionysius Longinus, 213-273 av. J.-C.).
Comme la traduction correcte laisse ouverte la possibilité que l'auteur se soit appelé « Dionysius », l'attribution de l'ouvrage à Denys d'Halicarnasse (Ier siècle av. J.-C.) a été avancée.
Il est maintenant admis que l'auteur ne soit ni Longin, ni Denys d'Halicarnasse, mais plutôt un auteur inconnu écrivant sous l'Empire romain, probablement au Ier siècle av. J.-C. En effet, en l'absence de tout indice sur la biographie de l'auteur réel, aucun de ces deux écrivains ne peut être accepté car le Traité développe des idées en opposition totale avec les autres ouvrages de ce dernier, et que l'hypothèse Denys présente des difficultés chronologiques .

Parmi les autres noms proposés, on trouve Hermagoras (un rhéteur vivant à Rome au Ier siècle), Aelius Theon (dont les idées sont proches de celles du Traité), et Pompée Geminus (qui fut en relation épistolaire avec Denys).


Ce traité, dont le nom en grec est Περὶ ὕψους [Péri Hupsous], est l'un des plus importants traités antiques de critique littéraire, avec la Poétique d'Aristote.