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Peter Vilhelm Ilsted - français

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PETER VILHELM ILSTED

Amator urbis

(Amoureux des villes)

Délicat ensoleillement

Et chambres silencieuses,

Couleur subtile comme la pensée,

Crépusculaire atmosphère

De villes superbement tranquilles

Atmosphère semblable à celle qui émane

Des tableaux du pensif Vermeer.

 

Ah, mon ange, j’aime tant

Cette peinture d’intérieur

Calme et débordant de mystère,

Cette intimité proche, caressante

Et si enveloppante.

 

Je frissonne à la vue

De ses mezzotintes, cette manière noir

Ou passée au brunissoir

Sublime procédé de gravure en creux

Lui permettant d’obtenir

Toute la gamme de traits sombres.

 

Pendant que je rêve et admire

Ces créations, dehors

Le ciel n’atteste que la lumière.

 

Une poésie, la vraie,

Qui transcende tous les savoirs,

Emplit l’air bleu et vert

Force irréprochable

Cet élan vital, cette force divine

Qui monte des racines à la frondaison.

 

Je sors, je m’avance dans le vide

La tête éclaboussée de mot de nuit

Et reste debout comme un cyprès

Vivant pleinement l’instant présent

Sans penser au passé et à l’avenir

Face au lac où des araignées d’eau

S’enivre de vie.

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Haskovo, le 7 mai 2019

 

Glose :

Peter Vilhelm Ilsted (1861-1936) est né à Sakskøbing à Guldborgsund, au Danemark, est une des plus grands peintres danois. Il était le fils du marchand Jens Peter Ilsted et Johanne Sophie Lund. Il était le beau-frère du peintre Vilhelm Hammershøi (1864-1916). Il épouse  Ingeborg Lovisa Petersen (1869-1945).

Il vient à l'Académie royale des beaux-arts du Danemark en 1878 et termine ses études en cinq ans. Il fait ses débuts à l'exposition de printemps de Charlottenborg en 1883. Deux ans plus tard, il participe à un voyage d'étude à travers l'Italie, visite l’Égypte, la Palestine, la Grèce et la Turquie. Plus tard, il se rend en Écosse, en Angleterre, en Hollande, en Belgique, en Espagne, au Maroc et en France.

Peter Ilsted et Vilhelm Hammershøi, ainsi que Carl Holsøe (1863-1935), étaient des artistes de renom au Danemark, au début du XXe siècle. Les trois artistes étaient membres de Free Expositions (Den Frie Udstilling), une association d'artistes progressistes fondée en 1891. Ils sont célèbres pour la peinture d'images "Sunshine and Silent Rooms", le tout dans des couleurs subtiles. Leurs œuvres reflètent le caractère ordonné d’une vie tranquille. Leur art a ensuite été qualifié d’école de l’intérieur de Copenhague

Bien que leurs travaux semblent à première vue similaires, Ilsted et Hammershøi étaient en fait très différents. Le travail de Hammershøi a une austérité distante, contrairement aux scènes de la vie commune d’Ilsted. Bien que les premières images colorées de Hammershøi rappellent parfois James Tissot (1836-1902), son travail est essentiellement danois. Cependant, Ilsted était davantage un technicien et apporta une contribution considérable dans le domaine des arts graphiques.

Ilsted a été un grand succès de son vivant et a remporté de nombreux prix et distinctions pour son travail. Il était le seul membre du groupe à se consacrer également à la gravure. Les exploits d’Ilsted dans les mezzotintes étaient révolutionnaires. Certaines de ses mezzotintes, dont la plupart ont été créées en noir et en couleurs, sont considérées parmi les plus grandes jamais réalisées.

Le mezzotinte (autrefois écrit mezzotinto), ou manière noire, est un procédé de gravure en creux. La planche de cuivre est dépolie à l'aide d'un berceau ; la surface légèrement rugueuse retient l'encre ; l'épreuve est alors entièrement noire. Le graveur polit ensuite plus ou moins certaines parties au brunissoir, ce qui lui permet d'obtenir toute la gamme des valeurs du noir au blanc. Parfois, le trait est gravé à l'eau-forte ou au burin avant l'application du mezzotinte, ou même après.

Ce procédé fut inventé vers 1642 par l'Allemand Ludwig von Siegen, mais ni lui ni le prince Rupert ne semblent s'être servis du berceau. Ceux-ci travaillaient avec une roulette allant du blanc au noir et utilisaient peu le brunissoir. C'est à Abraham Blootling qu'on attribue l'invention de la méthode définitive, que sans doute le Français Wallerant Vaillant pratiquait à la même époque. Blootling se rend en Angleterre en 1672-73 et y introduit la technique nouvelle. C'est là que celle-ci connut son développement le plus brillant, d'où son nom en France de manière anglaise. Tous les portraits célèbres en Angleterre à partir de Peter Lely furent abondamment gravés par les mezzotintistes. Sous l'influence de Reynolds, James McArdell puis d'autres graveurs produisirent un grand nombre de planches admirables. Richard Earlom reproduisit le célèbre Liber veritatis de Claude Lorrain, en mezzotinte sur une préparation à l'eau-forte (1777).