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Les quarante martyrs de Sébaste - français

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LES QUARANTE MARTYRS DE SÉBASTE

Donat omnia virtus

(« La vertu acquiert tout »)

 

Ils meurent la lumière dans l’âme

Alors que le vent glacial

Grave des courbes mélodieuses

Sur les congères !

 

Se faire violence pour être immortel,

Être l’élégance, l’ampleur, la générosité !

 

Vies irradiantes, vies violement poétiques –

Quarante souffles – une seule âme urgente !

 

Des fleurs célestes qui s’épanouissent

Sans se soucier d’elles-mêmes !

 

Ah ces voix blanches

Qui n’ont plus rien à prouver,

Ces corps de clarté arrachés

Aux hurle vent du néant !

 

Grammaire absolue

De l’art divin de mourir

À jamais pour la mort,

De vivre pour toujours

Dans le présent de l’éternel !

 

Ô martyrs, ô mission sacrée

D’éveiller les homme, de les ennoblir,

De les rendre intègres

Dans la Beauté et la Vérité !

 

Ô Poésie de la sainteté,

Poésie lyrique, étourdissante,

Hallucinatoire,

Être cela même qui est !

 

Tremblement et silence

Comme dans les poignants tableaux

De Vilhelm Hammershøi !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 31 mars 2019

 

Glose :

 

Les Quarante martyrs de Sébaste étaient des soldats de la Douzième Légion  en garnison à Mélitène en Arménie romaine (Turquie actuelle). En 320, ils refusèrent, malgré la torture, de renier leur foi chrétienne.

Arrêtés en mars 320, ils furent obligés de passer la nuit, nus, sur un étang gelé, en plein hiver à Sébaste (aujourd'hui Sivas en Turquie). On leur promit des bains chauds s'ils reniaient. Mais ils se soutenaient les uns les autres pour qu'aucun ne perde sa foi. Le seul qui la renia mourut aussitôt dans le bain à cause du changement trop violent de température. Un des gardiens, converti devant tant de piété, alla le remplacer sur le lac, de manière à maintenir le nombre sacré de quarante. Ils étaient tous morts le lendemain matin.

La mémoire de leurs quarante noms a été conservée :

Acace, Aétius, Alexandre, Angias, Athanase, Candide (parfois dit Claude), Cyrille, Dométien, Domnus, Ecdikios, Élie, Eunoïque, Eutychius, Flavius, Gaïus, Gorgonius, et un second Gorgonius, Hélien, Héraclius, Hésychius, Jean, Khoudion, (Léonce), Lysimaque, Mélèce, Méliton, Nicolas, Philoctimon, Priscus, Quirion, Sacerdon, Sévérien, Sisinius, Smaragde, Théodule, Théophile, Valens, Valère, Vivien, Xanthias et le gardien Aglaïos.

Cette persécution avait été ordonnée par Licinius, empereur en Orient, alors qu'il était convenu avec Constantin Ier, empereur en Occident, de laisser aux chrétiens leur liberté de conscience (Édit de Milan). Pour faire respecter la fin des persécutions, Constantin prit les armes contre Licinius, le vainquit et devint seul empereur romain.

Le plus ancien témoignage écrit de leur martyre est un sermon attribué à saint Basile.

Une ville d'Albanie porte le nom de ces martyrs, très vénérés dans tout le monde chrétien, Sarandë en Épire albanaise, du mot grec « Σαράντα » (Saranda) qui signifie « Quarante ».

 

Vilhelm Hammershøi né à Copenhague le 15 mai 1864  et mort dans la même ville le  13 février 1916, est un peintre danois.

Il était considéré comme un phénomène à part dans l'art danois et européen parce que, au beau milieu de la modernité, il s'en tenait à un conservatisme apparent qui faisait de son art une sorte de mutation difficile à contourner. Selon Poul Vad : « Admiré et célébré de son vivant, on se mit très vite à lui dénier toute importance réelle, ne lui attribuant tout au plus que quelques lignes dans les ouvrages d'histoire de l'art et ne le nommant qu'avec une sorte de respect détaché. Jusque dans les années 1920, le peintre était encore nommé avec déférence, la presse allemande, française et danoise lui avait accordé d'importants articles. Mais 1916 était aussi la naissance du mouvement dada et de la révolte contre l'académisme. »

On redécouvre depuis les années 1990 ses tableaux d'intérieur énigmatiques représentant des pièces souvent vides, parfois habitées par des personnages féminins perdus dans une profonde réflexion, souvent vus de dos, tournés vers des murs clairs et nus, réalisés dans une gamme de tons de gris, de brun très restreinte ou de blanc, ses paysages, ses portraits, qui, tous, baignent dans une atmosphère étrange, irréelle, dénuée de toute action ou d'anecdote.

Personnalité effacée, Hammershøi a été très jeune une figure connue et controversée de l'art danois à une époque où l'on privilégiait les reproductions fidèles à la nature. Son style original, qu'aucune influence extérieure n'avait marqué, malgré un séjour à Paris, puis en Italie, a été remarqué par le critique français Théodore Duret. Au Danemark, il a surtout été apprécié par les jeunes symbolistes. Sa carrière a été alternativement jalonnée d'éloges et de scandales.

Il a eu une influence sur le cinéaste Carl Theodor Dreyer, qui aimait beaucoup ses œuvres et, dès l'automne 1904, Rainer Maria Rilke, qui vint le rencontrer à Copenhague, a écrit un essai sur l'artiste qu'il considérait comme un maître.

Vilhelm Hammershøi est mort à l'âge de cinquante deux ans d'un cancer à la gorge. Il est enterré au cimetière Vestre à Copenhague.