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La nuit, parfois - français

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LA NUIT, PARFOIS

 

« По неровной дороге

я бегу в никуда »

 

(« Par une route cahoteuse,

Je cours vers nulle part »)

 

Natalia Bidnenko

 

La nuit, parfois,

Un saint inconnu vient

Visiter mon sommeil.

 

Transi d’émotion,

J’admire la puissance

De sa simplicité

Et tremble devant

L’avalanche de feu de ses yeux.

 

Quelle force du visage

Et quelle impressionnante tension

De ses gestes !

 

Il sourit et aussitôt

La terre se soulève, gronde,

Chante et vibre !

 

Il m’expose au Seigneur

Enveloppé d’un drap de lin blanc

Faisant terre mes pensées,

Jugulant mes inquiétudes,

Me liant indéfectiblement à l’espoir !

 

Et tout autour brille d’une

Douce lumière, et tout est

Vert pistache et fuchsia.

 

Ö Natalia, ma sœur,

Nous courons toujours vers

L’étoile éternelle

De notre propre destin fixé par Dieu !

 

C’est le poète, le pur rêveur,

Qui est le vrai homme d’action !

 

Ne cours plus Natalia, arrête-toi,

Écoutons ensemble, interdits, la magique

Symphonie N°2 de Sergueï Rachmaninov !

 

Ô lune en son décroît,

Beaux oiseaux en larmes,

Une nuit, tard, la résurrection, Natalia,

Notre résurrection reviendra !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 23 mars 2019

 

 

Glose :

 

Natalia Bidnenko (en ukrainien Hаталья Бидненко) – célèbre poétesse contemporaine ukrainienne.

Sergueï Vassilievitch Rachmaninov (en russe : Сергей Васильевич Рахманинов), usuellement désigné dans les pays francophone sous le nom de Serge Rachmaninov  né le 1er avril 1873 à Semionovo, près de Novgorod, et mort le 28 mars 1943 à Beverly Hill aux Etats-Unis, est un compositeur, pianiste et chef d’orchestre russe. Son œuvre est d'un romantisme hérité de ses maîtres – Frédéric Chopin, Tchaïkovski et Rimski-Korsakov. Il est notamment connu pour ses célèbres concertos pour piano numéro 2 et 3, son poème symphonique L’île des morts et sa Rhapsodie sur un thème de Paganini. Il a laissé plusieurs enregistrements de ses propres œuvres.

Sergueï Rachmaninov est issu de la petite noblesse russe. Vassili Arkadievitch Rachmaninov (1841–1916), le père de Sergueï, officier dans l'armée, est un homme charmant et un père affectueux, mais prodigue et, paraît-il, joueur. De son père, Sergueï héritera notamment le goût des chevaux et de la musique. Lyubov (Lioubov) Petrovna Butakova (1853–1929), sa mère, est la fille d'un général. Des cinq propriétés de la dot maternelle, seule reste Oneg (située près de Novgorod) où est né Sergueï et qui est vendue aux enchères en 1882.

En 1877, Sergueï Rachmaninov a quatre ans. Pendant deux ans, Anna Ornazkaïa, diplômée du Collège russe de musique fondé par Anton Rubinstein en 1862 (le futur Conservatoire de Saint-Pétersbourg), est engagée à demeure pour donner au jeune Sergueï Rachmaninov ses premières vraies leçons de piano. Les difficultés financières des Rachmaninov font qu'ils n’ont plus désormais les moyens de faire entrer Sergueï et son frère aîné Vladimir au prestigieux Corps des Pages qui prépare les officiers de la Garde impériale à laquelle ils étaient destinés. La famille emménage dans un appartement à Saint-Pétersbourg. La mésentente conjugale persistant, Vassili et Lioubov Rachmaninov se séparent. Les enfants demeurent avec leur mère et leur grand-mère venue en renfort, Sofia Boutakova (1823-1904), la « babouchka » bien-aimée dont Sergueï est officiellement le petit-fils préféré. À cette grand-mère dévote qui l'emmène dans les églises, le jeune garçon doit une découverte capitale : le chant orthodoxe et la beauté du son des cloches de la Cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod, composantes essentielles de l'âme russe et source d'inspiration pour le futur compositeur.

En 1917, la révolution russe le force à quitter définitivement son pays natal. C'est à cette époque qu'il écrit un petit prélude opus posthume 1917, pour piano seul, empreint de nostalgie et de sombres sentiments, prélude à son départ douloureux. Parti avec ses mains pour seul capital, comme lui dira un de ses amis avant son exil, il entame, à 44 ans, une nouvelle vie et, avec son ami Nikolaï Medtner, une carrière de pianiste virtuose à temps plein. La nécessité de travailler intensément l'instrument et de se bâtir un répertoire l'éloigne de la composition. Au moment où il quitte pour toujours la Russie en 1917, il avait composé toutes ses œuvres publiées à l'exception de six d'entre elles. Il ne composera à nouveau qu'en 1926. L’inspiration ne l'a toutefois pas entièrement abandonné.. Ses tournées aux États-Unis et en Europe, qu'il lui arrive d'assimiler à des travaux forcés, lui assureront une vie matérielle très confortable.