Statistiques
Blogspot            ancien site - cliquer ici / old website - click here            Poetrypoem

Le fin petit mouchoir de lin blanc - français

PDF
Imprimer
Envoyer

LE Fin PETIT MOUCHOIR DE LIN BLANC

 

« Est in arundineis modulatio musica ripis »

(« Il y a une harmonie musicale dans les roseaux de la rive »)

Le petit mouchoir, mon ange,

Le fin petit mouchoir de lin blanc

Dans la lumière de vos mains

Et la prolixe gaieté du matin !

 

Comme j’aime la chevauchée

De ces heures fabuleuses,

Ces heures qui meuvent

Toutes les courroies bleues de l’univers,

Cette pure et véloce unité du monde !

 

Ô ce mystique voyage de soi à soi,

Toute cette intimité des songes !

 

Le très fin petit mouchoir, mon ange,

La paix armée du jour,

Dis-moi, ma clarté, ai-je assez compté

Dans le déroulement fastueux de ta vie ?

 

Ah nos irrépréhensibles solitudes

Perdues sur les sentiers

Qui mènent au cœur de nos âmes !

 

Et cette infatigable forge de la tristesse

Dans les antiques archives

De nos fluides mémoires d’enfants aimés !

 

Dis-moi, mon aube, dis-moi, ma splendeur,

M’aimes-tu, mon ange enfant,

Moi, le fils de l’imagination extatique,

L’enfant de la divine Poésie !

 

Ô mon ange, toi tableau fascinant

D’Henri Lebasque !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 16 mars 2019

 

Glose :

 

Henri Lebasque, né à Champigné (Maine-et-Loire) le 25 septembre 1865 et mort au Cannet (Alpes Maritime) le 7 août 1937, est un peintre post-impressionniste français. Marthe, sa fille aînée, est l'épouse du peintre Carlos Reymond.

Issu d'une famille modeste, son père étant tonnelier, Henri Lebasque s'inscrit à l'Académie Colarossi en 1886. Il collabore avec Ferdinand Humbert aux fresques du Panthéon à Paris pendant six ans à partir de 1888. Il expose au Salon de la Société des artistes français, au Salon des indépendants et se lie avec Maximilien Luce et Paul Signac. Il expose au Salon de la Société nationale des beaux-arts et, en 1902, rencontre Camille Pissarro qui aura une grande influence sur lui. Il voyage à Londres où il découvre les œuvres de Turner.

L'État français lui achète Goûter sur l'herbe en 1903. Il collabore avec Félix Vallotton et Georges Rouault à des essais de céramique chez André Metthey en 1906. Il réalise des décors pour les théâtres et différents lieux parisiens et, en 1917, sera engagé comme peintre aux armées avec Félix Vallotton. En 1922, il expose à la galerie Eugène Drouet. En 1924, il acquiert la villa Beau site qu'il habitera jusqu'en 1930.

Henri Lebasque est promu officier de la Légion d’honneur en 1925 et, après la dissolution de la galerie Georges Petit en 1927, il n'accepte plus de contrat avec aucun marchand d'art. Après Saint-Tropez et Sainte-Maxime c'est finalement au Cannet qu'il choisit de s'installer définitivement. Il y achète sa maison de la rue des Danys en 1930, où il fréquente Dunoyer de Segonzac et Pierre Bonnard qui s'y étaient fixés en 1925.

Henri Lebasque meurt au Cannet où il est enterré.