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Niu Lang et Zhi Nu - français

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NIU LANG ET ZHI NU

(Le Bouvier et la Tisserande)

(Altair et Véga)

Ô divine Zhi Nu, étoile céleste,

Toi adorée par tes sept sœurs,

Toi, l’habile Tisserande

Qui a appris aux femmes de la terre

L’art délicieux du tissage et de la fine broderie,

Pourquoi des larmes

Coulent-ils si abondamment

De tes yeux splendides ?

 

Ô Zhi Nu, est-il vrai que tu es l’étoile Véga

De la constellation de la Lyre ?

 

Apprends-moi, tristesse,

Mince comme l’ombre des cyprès,

Les noms des fleurs !

Ah tout ce que j’ai aimé a disparu

Avec la vieille maison de mes jeunes années.

Je sais, abandonné de tous,

Je mourrai seul, d’une mort ordinaire !

 

Je sais, Zhi Nu,

Tu pleures le beau bouvier Niu Lang,

L’amour flamboyant de ta vie,

Niu Lang, l’étoile Altair

De la constellation de l’Aigle.

 

L’Empereur Céleste vous a séparés,

Toi, sa fille, la divine Zhi Nu

Et l’humble bouvier Niu Lang,

Le père heureux de vos enfants :

Une petite fille et un adorable fils.

 

Mais tu as tant pleuré, Zhi Nu,

Que ton père a permis

De vous rencontrer une fois par an !

 

Depuis, chaque année,

Le septième jour

Du septième

Mois du calendrier lunaire,

Guidés par la magique étoile fée

Deneb, de la constellation du Cygne,

Vous franchissez le pont aérien

Que les pies célestes dressent.

 

Ô fille divine, unis

Dans une étreinte de feu,

Comment pouvez-vous

Dissocier vos âmes,

Comment exister clairement l’un sans l’autre ?

 

Ah, il est si naturel d’être malheureux !

Ah, les cœurs des hommes

Qui remplissent l’univers

De leur tendre musique !

 

Tout cela est-il pure littérature

Et invention de poètes

Qui savent construire des envoûtantes légendes

En contemplant la beauté du monde,

Avec des mots transparents

Comme l’âme du vent.

 

Ô fleurs, ô herbes des prairies

Et vous, étoiles de l’abbaye de la voûte céleste,

Dites à tous les hommes du monde

Cette histoire tissée d’un amour de pur cristal,

Et que, libre, la rivière de mes mots

Coule, au-delà du temps, vers l’infini !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 11 mars 2019

 

Glose :

La légende de Niu Lang et Zhi Nu (de Bouvier et de la Tisserande, les deux étoiles : Véga et Altair)

 

 

Dans la mythologie chinoise, le jeune bouvier est représenté par l'étoile Niu Lang, notre Altair, de la constellation de l'Aigle. Quant à la jolie Tisserande, son nom Zhi Nŭ correspond à l'étoile la plus brillante de la constellation de la Lyre, Véga.

La plus jeune des filles de l'Empereur Céleste était experte en tissage, d'où son nom de Tisserande. Chaque matin à l'aube, le spectacle du ciel illuminé de rayons brillants et multicolores du soleil n'était qu'un nouveau chef-d'oeuvre de la Tisserande.


Un jour, accompagnée de ses sœurs divines, elle descendit sur terre pour se baigner dans les eaux transparentes d’une rivière. Près de là, vivait un jeune homme de vingt ans qui, du matin au soir, accompagnait ses boeufs dans la vallée pour les y faire paître, d'où son appellation de bouvier. Un de ses vieux buffles connaissait la langue des hommes.

 

Ce jour-là, le jeune homme menait ses bêtes à la rivière pour les faire boire. 
C'est alors qu'il vit les sept soeurs et qu’il remarqua plus particulièrement la plus jeune, la Tisserande. Conseillé par son buffle, le bouvier alla prendre les habits de la fille dont il était tombé amoureux. Surprise par l'apparition de cet homme, les filles de l'Empereur se rhabillèrent à la hâte et s'envolèrent au Ciel.


Seule resta la Tisserande qui n'avait pas de vêtement pour s’habiller. Le bouvier ne lui rendit ses vêtements que lorsqu'elle accepta de devenir sa femme. La Tisserande, qui désirait depuis longtemps vivre un ardent amour terrestre, se laissa convaincre. Le couple devint très vite inséparable et de cet amour naquirent une fille et un garçon.

 

Cependant, furieux, l'Empereur Céleste, le père de la Tisserande, envoya un génie pour séparer l’heureuse famille. La Tisserande, sanglotant de douleur, fut ramenée au Ciel, alors que le bouvier, inconsolable, resta vivre sur terre avec ses deux enfants. Il partit à la recherche de la Tisserande. Alors qu'il allait la rejoindre, la femme de l'Empereur Céleste fit apparaître entre eux une profonde rivière, la Voie lactée. Séparés par ces eaux de lumière, les deux amoureux ne pouvaient que se regarder. Et, malgré les injonctions de son père, la Tisserande cessa de tisser et de broder.

Enfin, l'Empereur Céleste finit par leur permettre de se retrouver une fois par an. Depuis, chaque année, le septième jour du septième mois du calendrier lunaire, les pies célestes forment une passerelle provisoire, guidées par l’étoile Deneb, Alpha de la constellation du Cygne. On raconte qu'à l'aube de ce jour, la bruine qui recouvre le sol est en réalité les tristes pleurs de la Tisserande serrant sa famille contre son cœur.

Ce jour-là, dans certaines régions, les habitants offrent des fleurs et des fruits pour la Tisserande. Ils commémorent le souvenir de la Tisserande qui enseigna aux humains l'art du tissage. Cette fête remonte à la dynastie des Han (206 av. J.-C.- 220 apr. J.-C).

Le Japon commémore également cette fête sous le nom de Tanabata, célébrant la rencontre de Orihime (Véga) et Hikoboshi (Altaïr). À cette occasion, les Japonais portent le yukata (kimono d'été) et écrivent leurs vœux le plus chers sur un tanzaku (petite carte verticale utilisée à l'origine pour écrire des poèmes). Orihime et Hikoboshi veillent à ce que les voeux se réalisent.