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Impressions hivernales - français

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IMPRESSIONS HIVERNALES

Le blanc ennui des arbres,

La fatigue muette de la terre,

La douce circulation des rêves,

Des gestes ralentis, des mots calmement égrenés

Et cette vie passionnée,

Sublimement mienne !

 

Une fenêtre brille au loin

Dans la nuit anthracite !

Une fenêtre, petit fanal

Dans l’immense univers.

 

Des êtres unis vivent derrière cette fenêtre,

Des êtres calmement accordés à la vie,

Des êtres qui acceptent

Purement et simplement leurs existences

Et la sublime fatalité qu’elle apporte.

 

Je pense à la paix de leur intime bonheur

La paix de la paix à laquelle ils aspirent,

À la vérité de la joie,

À l’amour des âmes solitaires qui se tait,

Aux désirs que seul le soleil du midi

Fait vibrer et mûrir !

 

Ah, cette petite vie,

Simple et heureuse qui les contente.

 

Je ferme les yeux pour écouter

Les récits du vent froid qui sait tout.

Une subite chaleur se saisit de mon âme,

Fait fondre le givre sur mon visage,

Et je me mets à pleurer.

 

Ô temps ménestrel, temps musicien,

Viens bercer les navires de mes rêves,

Fais sonner les cordes tendues

De ma vie suppliciée par l’aveugle insomnie !

 

Ah, mon cœur, qu’y a-t-il d’autre à dire ?

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 7 mars 2019

 

Glose :

Anthracite (n.m.) : l'anthracite (du grec anthrax, Άνθραξ, charbon) est une roche sédimentaire d'origine organique. C'est une variété de charbon noirâtre et brillante extraite des mines.

L'anthracite, ou le gris anthracite, est un nom de couleur en usage dans le domaine de la mode pour désigner une nuance de noir ou de gris très foncé,

Ménestrel (n.m.) : les ménestrels ou ménétriers étaient des musiciens du Moyen Âge européen : ils jouaient le plus souvent du psaltérion, de la trompette, du chalumeau  et de l’organon.

Le ménestrel faisait partie des domestiques des cours seigneuriales (littéralement, leur nom, qui vient du bas latin ministralis, « serviteur », signifie justement petit domestique) et sa tâche était de distraire le seigneur et son entourage avec des chansons de geste (histoires qui parlaient de pays éloignés ou qui racontaient des événements, réels ou imaginaires) ou leur équivalent local. Les cours seigneuriales devenant plus raffinées et plus exigeantes, les ménestrels y furent finalement remplacés par des troubadours et beaucoup se firent ménestrels errants, s’adressant au public des villes. Sous cette forme, l’art des ménestrels a continué à être exercé jusqu'au milieu de la Renaissance, bien qu’il n’ait cessé de décliner dès la fin du XVe siècle. À partir du XIVe siècle, il fait partie d'une corporation, la ménestrandise.

En Angleterre, avant la Conquête normande, on connaissait les poètes professionnels sous le nom de scôp (« shaper » c’est-à-dire « fabricant »), ils composaient eux-mêmes leurs poésies et les chantaient en s’accompagnant d’une harpe rudimentaire. Bien au-dessous du scôp, on connaissait aussi les gleemen, qui n’étaient fixés nulle part, mais erraient d'un endroit à l'autre, gagnant ce qu’ils pouvaient. À la fin du XIIIe siècle, le terme ménestrel a commencé à s’employer pour désigner un interprète qui distrayait son seigneur avec de la musique et des chansons.

Mis à jour ( Mardi, 05 Mars 2019 14:39 )