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La chaîne de causalités- français / anglais

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LA CHAÎNE DE CAUSALITÉS

 

« Les petites choses n’ont l’air de rien,

Mais elles donnent la paix »

 

Georges Bernanos,

Journal d’un curé de campagne

 

Comment rendre claire à l’esprit

La chaîne de causalités indémêlables,

Comment, quand un arôme ensorcelant de café

Nous appelle à la maison ?

 

Ce que nous savons,

C’est que la tristesse est au fond

De toute chose

Et qu’aucune introspection magistrale

Ne rendra plus lumineuse

La compréhension du monde !

 

Oui,

Que faire de cette énorme aspiration

Du vide et du néant

Qui demeure, d’une façon si intempestive,

Au cœur de chacun de nous ?

 

Mais pourquoi toute cette inquiétude

Pourquoi ce besoin fiévreux

De définitions fulgurantes.

 

L’abécédaire des saisons ne suffit-il pas

À entretenir la douce joie de respirer, de vivre

Sous le suave musique

Du thérémine des vents inconstants ?

 

Aimer, toujours, sans trêve,

Aimer, clarifier l’eau de l’esprit,

Afin de percevoir de façon tactile

L’essence lumineuse

Des forces intangibles !

 

Serrer contre sa poitrine

L’amour qui transforme tout

En certitude !

 

Oui, tout doit être ainsi !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 25 février 2019

Glose :

Georges Bernanos (1888-1948) est l’un des plus grands écrivains français. Il passe sa jeunesse à Fressin, en Artois, et cette région du Nord constituera le décor de la plupart de ses romans. Il participe à la Première Guerre mondiale et y est plusieurs fois blessé, puis mène une vie matérielle difficile et instable en s'essayant à la littérature. Il obtient le succès avec ses romans Sous le soleil de Satan (1926) et Journal d’un curé de campagne (1936).

Dans ses œuvres, Georges Bernanos explore le combat spirituel du Bien et du Mal, en particulier à travers le personnage de son prêtre catholique tendu vers le salut de l'âme de ses paroissiens perdus, ou encore par des personnages au destin tragique comme dans Nouvelle histoire de Mouchette.

Georges Bernanos est né au 26, rue Joubert (9ème arrondissement de Paris) bien qu'une plaque commémorative soit placée au no 28. Son père, Émile Bernanos (1854-1927), est un tapissier décorateur d'origine espagnole et lorraine. Sa mère, Clémence Moreau (1855-1930), est issue d'une famille de paysans berrichons. Il garde de son éducation la foi catholique et les convictions monarchistes de ses parents. Il passe sa jeunesse à Fressin et fréquente le collège Sainte-Marie d'Aire-sur-la-Lys. Cette région du Nord marque profondément son enfance et son adolescence, et constituera le décor de la plupart de ses romans.

Le Thérémine (ou theremin en anglais) est un des plus anciens instruments de musique électronique, inventé en 1920 par le Russe Lev Sergueïevitch Termen (connu sous le nom de « Léon Theremin »). Composé d’un boîtier électronique équipé de deux antennes, l'instrument a la particularité de produire de la musique sans être touché par l’instrumentiste. Dans sa version la plus répandue, la main droite commande la hauteur de la note, en faisant varier sa distance à l’antenne verticale. L’antenne horizontale, en forme de boucle, est utilisée pour faire varier le volume selon sa distance à la main gauche.

Le son est produit à partir d'un signal électrique engendré par un oscillateur hétérodyne  à tubes électroniques. Deux signaux de fréquences élevées (l’un fixe à 170 kHz, l’autre variable entre 168 et 170 kHz) se combinent pour former un battement et fournir un signal audible, entre 20 et 20 000 Hz.

L’effet de capacité apporté par le corps de l’instrumentiste, à proximité des antennes, affecte la fréquence produite, tout comme une personne se déplaçant dans une pièce peut altérer la qualité d’une réception de radio ou de télévision. Cette caractéristique est mise à profit dans le thérémine, et la combinaison des deux mains, l’une commandant le volume et l’autre la hauteur de la note, permet d’obtenir des effets sonores insolites.


ENGLISH :

 

The Chain of Causalities


‘Little things seem insignificant

But they give us peace’

Georges Bernanos, Diary of a Country Priest

 

How to make clear to the spirit

the inextricable chain of causalities,

how, when a captivating aroma of coffee

calls us home?

 

What we know

is that sadness is at the root

of everything

and that no brilliant introspection

can make the understanding of the world

any clearer!

 

Yes,

what can be done with this enormous yearning

for the void, for nothingness

which remains, in such an untimely fashion,

at the heart of each one of us?

 

But why all this disquiet,

why this feverish need

for lightning definitions?

 

Isn’t the ABC book of the seasons enough

to keep alive the gentle joy of breathing, of living

beneath the sweet music

of the theremin of restless winds?

 

To love, always, unceasingly,

to love, to purify the waters of the spirit

and perceive in tactile fashion

the luminous essence

of intangible forces!

 

To grasp to one’s breast

the love which transforms all things

with utter certainty!

 

Yes, all should be so!

 

 

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Mardi, 26 Février 2019 22:20 )