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Les luminaires - français

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LES LUMINAIRES

Crux decus et spes

Les gens que nous aimons

Sont les intimes luminaires de notre vie.

Leur lumière impègne l’air

Et le vol ordonné de nos pensées.

 

Ils éloignent de nos rêves

La lente marche des pénombres

Et la mémoire douloureuse

Des choses et des êtres qui ont franchi

La limite d’où nul ne revient.

 

Ils éclairent les mots lourds

Et font fondre la glace qui les emprisonne.

Ils réveillent un instant la vie des morts

Que moi-même je n’ose troubler.

 

Ils m’aident à me faire à la solitude

Et égaient la monotonie

Des lents jours d’hiver.

 

Ils sont, comme les visages des saints,

La mélodie de ma mémoire,

Les frissons lyriques des matins

Lumineux comme les façades peintes à la chaux

Des maisons heureuses.

 

Pourtant, malgré la musique éthérée

De Francis Poulenc,

Je sais que tout est

Incertitude, énigme et mystère !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 1 février 2019

Glose :

Crux decus et spes, locution latine qui signifie « Gloire de la croix et espoir ».

Francis Poulenc (1899-1963) est un compositeur et pianiste français.

Après une scolarité au lycée Condorcet, il connaît à dix-huit ans une première réussite lors d’un concert de musique « d’avant-garde » donné au théâtre du Vieux Colombier dirigé alors par la cantatrice Jane Bathori. Sa Rapsodie nègre (1917) lui ferme la porte du Conservatoire de Paris, mais attire l’attention du compositeur Igor Stravinsky, dont l'appui lui permet de faire publier ses premières œuvres aux éditions britanniques Chester. Il  fait la connaissance de poètes d’avant-garde, tels que Jean Cocteau, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Paul Éluard, dont il mettra de nombreux textes en musique.

Il compose Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée (1918), un cycle de mélodies reprenant des poèmes de l’œuvre d’Apollinaire. C'est à cette époque que se crée, sous l'impulsion de Jean Cocteau et d'Erik Satie, un collectif de jeunes compositeurs que le critique Henri Collet surnomme en 1920 le « groupe des Six », constitué, outre Francis Poulenc, de Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud et Germaine Tailleferre.

De 1921 à 1925, Poulenc étudie la composition avec Charles Koechlin, un élève de Gabriel Fauré. Il reste néanmoins une sorte d’autodidacte : « Mon canon, c’est l’instinct », dit-il un jour. La première de son ballet Les Biches est donnée par les Ballets russes de Serge de Diaghilev, dans des décors et des costumes de Marie Laurencin.

La mort de plusieurs amis et celle du compositeur et critique Pierre-Octave Ferroud, puis un pèlerinage à Rocamadour en 1935, le ramènent vers la foi catholique dont il s’était détourné depuis la mort de son père, en 1917. Même s'il continue à composer des mélodies légères, comme les Quatre chansons pour enfants (1934) sur des textes de Jean Nohain, certaines de ses œuvres se font plus sombres et austères. En 1936, il compose les Litanies à la Vierge noire de Rocamadour, pour chœur de femmes et orgue (qu’il orchestre ultérieurement), suivies de la Messe en sol majeur pour chœur mixte a cappella17 (1937) et des Quatre motets pour un temps de pénitence (1938-39).