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O fleurs de l'anastatique - français / anglais

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Ô FLEURS DE L’ANASTATIQUE

 

Les délicate fleurs blanches

Des anastatiques,

Les flamboyances hermétiques des poèmes

Et le petit chat malicieux

Sous les lauriers roses.

 

C’est mon monde quotidien, en été,

La sphère de cristal où se meuvent

Le cœur, l’âme et l’esprit.

Et là, en un instant, vigoureuse,

Dans l’essentielle intériorité de l’être,

Naît la beauté d’un chant nouveau.

 

 

Les barques ténues et subtiles des mots

Glissent sur les pourpres eaux

Du frémissant fleuve de l’inspiration –

Candélabres élégants des consonnes,

Cloches exaltées des voyelles

Et la rosace lumineuse du jour.

 

Ô chant,  peux-tu épuiser

L’inépuisable ferveur du sang

Et l’incessante lumière de la Foi,

Ma juste et unique manière de me tenir

Dans la vérité,

Au centre de la grande et grave place

Que j’occupe  dans l’univers ?

 

Dehors, quelque part, des enfants heureux,

Des couronnes de fleurs blanches sur la tête,

Rient, chantent et dansent le malambo.

 

De l’autre côté du mur,

Une jeune femme triste écoute

Le poignant Requiem de Cherubini !

 

Ne sait-elle pas

Que

Vocatus atque non vocatus deus aderit !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 23 janvier 2019

Glose :

Anastatique – Anastatica hierochuntica – est une petite plante connue sous le nom de Rose de Jéricho. C'est une crucifère annuelle, quelquefois bisannuelle et, selon la légende de la Tétradynamie siliculeuse, que les vents de l’Afrique arrachent au sol sablonneux et aride de l’Égypte, de la Syrie et de la Palestine pour en rouler les débris à l’embouchure des fleuves qui se perdent dans la Méditerranée.

 

Sa tige rameuse, garnie de feuilles oblongues, est terminée par des épis de fleurs blanches. Dès que les graines qu'elle porte ont atteint leur maturité, cette plante se pelotonne et se dessèche ; mais dès qu'elle se trouve transportée sur une terre humide ou est arrêtée aux bords des eaux, elle reprend sa forme première. Les racines s'accrochant au sol, les rameaux s'étendant, de nouvelles feuilles naissant, de nouvelles fleurs s'épanouissant, une seconde végétation s'accomplit entièrement.

 

On place l'anastatique au nombre des plantes hydrométriques : même lorsqu'elle est vieille et sèche, elle a la propriété de se dilater et de s'étendre, ou de se resserrer, suivant que l'air ambiant est humide ou sec. Ses graines arrondies s'attachent à la terre aussitôt qu'elles s'échappent de la silicule globuleuse qui les contient, et y germent  bientôt.

 

En mettant à tremper la tige de l'anastatique dans un verre d'eau, l'on obtient le même phénomène que lorsque la plante se fixe sur un sol humide, avec la seule différence que la sorte d'épanouissement de ses rameaux desséchés n'est autre chose que l'expansion des rameaux devenus souples, qui rappellent le calice frangé de la nigelle cultivée ou de la rose mousseuse.

Anastique (adj.) : du latin anastica, lui-même du grec ancien ἀνάστασις, anástasis, de  aná, « en haut » et de stásis, « action de dresser».

Marie-Louis-Charles-Zénobi-Salvador Cherubini – 1760  - 1842 : compositeur italien, moine franciscain. Une grande partie de sa carrière se déroule en France à partir de 1787.

Fin 1787, il s'installe à Paris et il est nommé codirecteur du Théâtre de Monsieur en 1789, fonction qu'il abandonne en 1792. Se sentant financièrement à l'aise, il se marie le 12 avril 1794 à Anne Cécile Tourette, fille d'un contre-ténor, qui lui donnera trois enfants. En 1796, il est nommé inspecteur de l'enseignement au tout nouveau Conservatoire.

En 1816, il devient surintendant de la chapelle de Louis XVIII.

Il retrouve le Conservatoire où il exerce comme professeur de composition avant d'en devenir le directeur en 1822, fonction qu'il n'abandonnera que quelques semaines avant sa mort.

Son décès donne lieu à des funérailles nationales, durant lesquelles est joué son Requiem en ré mineur. Il repose au cimetière du Père-Lachaise.

Vocatus atque non vocatus deus aderit, locution latine qui signifie « Appelé ou non appelé, le dieu sera là ». Que tu appelles Dieu ou que tu ne l’appelles pas, Dieu sera toujours près de toi.

 

Le malambo est une danse folklorique  traditionnelle argentine  originaire de la Pampa et créée au xviie siècle. La musique est jouée sur un tambour appelé bombo, accompagné par des guitares. La province de La Pampa est une province du centre de l'Argentine. Sa capitale est Santa Rosa.

ENGLISH :

 

O Rose of Jericho

The delicate white flowers

of the rose of Jericho,

the hermetic blaze of poems

and the mischievous  little white cat

beneath the oleanders.

 

This is my everyday world, in summer,

the crystal sphere, where the heart,

the soul and the spirit move.

And there, in an instant, in the essential

interiority of being,  the vigorous beauty

of a new song is born.

 

The fine and subtle vessels of words

glide across the purple waters

of the trembling river of inspiration –

elegant candelabras of consonants,

exalted bells of vowels

and the luminous rose window of the day.

 

O song, can you extinguish

the inexhaustible fervour of the blood

and the incessant light of Faith,

my just and unique way to stand

in truth,

at the centre of the great and grave place

which I occupy in the universe?

 

Outside, somewhere, happy children,

crowned with white flowers,

are laughing, singing and dancing the Malambo.

 

On the other side of the wall,

a sad young woman is listening

to Cherubini’s poignant Requiem.

Doe she not know

that

Vocatus atque non vocatus deus aderit !*

 

*Called and uncalled, God will be present.

Translated from the French of Athanase Vantchev de Thracy by Norton Hodges

Mis à jour ( Dimanche, 27 Janvier 2019 17:57 )