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Voca me cum benedictis - français / anglais

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VOCA ME CUM BENEDICTIS

À Salah Abdel Sabour

Nous, au milieu des fritillaires impériales

Prenant un bain dans les eaux célestes de l’air,

Après la plus nocturne des nuits

Près de la margelle verdie de mousse.

 

Cette suave immobilité du monde

Avec la rumeur de la lumière

Entre les rameaux des tilleuls,

La musique rigoureuse de nos âmes

Et les oiseaux qui viennent se poser

Dans nos sourires !

 

J’aime ton nom lavé

Par l’eau claire de l’aurore,

Demeure royale des mots

De mon poème avec

Son désarroi de la mélancolie.

 

Ô ces pénombres roses

Qui s’unissent avec le calme des jardins,

Cette charnelle vérité des rouges-gorges !

 

Nous, entre le chant Magique

Et le silence souverain !

 

Glose :

Voca me cum benedictis : locutition latine qui signifie « Appelle-moi avec ceux qui sont bénis.

Salah Abdel Sabour (en arabe : صلاح عبد الصبور), est un poète, éditeur, dramaturge et essayiste égyptien (1931-1981). Après des études de littérature arabe à l’Université du Caire de 1947 à 1951, Salah Abdel Sabour enseigne l'arabe et collabore à la revue littéraire Rose al-Yusuf et au journal Al-Ahram. Il occupe plusieurs fonctions officielles. Il est notamment conseiller culturel en Inde de 1976 à 1978.

Son premier recueil de poèmes, al-Nas fi baladi (Les Gens dans mon pays), publié en 1954, marque le début de l'essor du vers libre dans la poésie égyptienne. Il s'agit alors de poésie engagée. Il adopte par la suite un style marqué par un ton méditatif et pessimiste.

L'œuvre théâtrale de Salah Abdel Sabour constitue l'un des sommets du théâtre arabe en vers et comprend cinq pièces :

  • Ma'sât al-Hallâj (La tragédie d'al-Hallaj), 1965
  • Musâfir layl (Le Voyageur de nuit), 1969
  • Layla wa l-Majnûn (Layla et le fou), 1970
  • Al-Amira tantazir (La Princesse attend), 1971
  • Ba'da an yamûta l-malik (Après la mort du roi), 1973

 

La fritillaire impériale - Fritillaria imperialis - encore appelée couronne impériale est une plante herbacée vivace de la famille des Liliacées. Le nom ancien de la couronne impériale était Larmes de Marie. Son nom persan (gole achke) signifie « la fleur qui pleure ».

 

ENGLISH :

Voca Me Cum Benedictis*


to Salah Abdel Sabour


Among the imperial fritillaries

we are bathing in the celestial waters of the air,

after the darkest of nights

near the well edge green with moss.

 

The world’s is sweetly still

with the murmur of the light

between the lime tree branches,

the rigorous music of ours souls

and the birds which come to perch

on our smiles!

 

I love your name washed clean

by the dawn’s clear waters,

royal residence of the words

of my poem with

its melancholy disarray.

 

O these rose pink half-shadows

merging with the quiet of gardens,

the fleshly truth of robins!

 

We are living between the creative trance of the blood

and sovereign silence!

 

*Call thou me with the blessed

Traduit par Norton Hodges

Mis à jour ( Vendredi, 11 Janvier 2019 18:05 )