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Peut-être le jeune silence - français

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PEUT-ÊTRE LE JEUNE SILENCE

 

« et l’air serein quand l’aurore apparaît,
et neige blanche qui choit sans que vent presse… »

 

Guido Cavalcanti

 

Peut-être la voix céleste ne viendra-t-elle pas aujourd’hui,

Peut-être rien ne sera-t-il comme hier !

 

Affligé, je vais errer dans les chambres vides

Au bras de la suave tristesse

Que procure la source d’un très lointain

Et délicat souvenir.

 

Peut-être, la douce intimité d’un jeune silence

Marchera-t-elle à mes côtés

Comme une consolation qui comble

La divine absence.

 

La brise qui vogue en compagnie des nuages

Entrera par les fenêtres ouvertes

Et caressera mon enfantine solitude

De ses doigts à l’odeur

De sauge et de menthe sauvage.

 

Peut-être me dictera-t-elle un poème

Comme l’ange dicte aux saints extatiques

Les translucides paroles de leur vie.

 

Ô mon Dieu, moi qui veux dire

La délirante nudité du soir !

 

Athanase Vantchev de Thracy

 

Paris, le 11 décembre 2018

 

Glose :

Guido Cavalcanti (vers 1258-1300) : poète florentin, ami de Dante avec lequel il fit partie de la confrérie initiatique des Fidèles d'Amour caractérisant le « dolce stil novo » (doux style nouveau).

Dante mentionne souvent Guido Cavalcanti comme « le premier de ses amis ». On retrouve dans leurs œuvres le même symbolisme amoureux. Ainsi la Dame (donna) y représente la sagesse.

La présence dans les poésies de Guido d'une Mandetta, dame toulousaine rencontrée par le poète dans la ville occitane lors d'un arrêt sur le chemin de Saint-Jacques, a fait établir à certains des liens entre les Fidèles d'Amour et le catharisme. Mais il faut préciser ici que la société à laquelle appartinrent Dante et Cavalcanti, de filiation templière, était parfaitement orthodoxe du point de vue catholique, contrairement aux cathares. La condamnation du catharisme par saint Bernard de Clairvaux, qui est pris pour guide par Dante au Paradis, est particulièrement significative à cet égard.

En mars 2012 paraît, aux éditions Vagabonde, une exceptionnelle traduction de l'œuvre poétique complet de Cavalcanti due à Danièle Robert, également traductrice, entre autres, des œuvres poétiques d'Ovide, de Catulle et de Dante chez Actes Sud. Elle accompagne ce travail d'un essai introductif et d'un grand appareil de notes des plus éclairants,, notamment quant aux soubassements philosophiques de cette poésie complexe. Cette édition est saluée du prix Nelly-Sachs à l'automne de 2012.